RAMOLLISSEMENTS DU TERRITOIRE DES ARTÈRES ASCENDANTES
-Nos recherches anatomiques nous ont montré la fréquence de l'origine des artères ascendantes par un tronc commun. Nous rappelons que celui-ci se divise dans la profondeur même de la fosse insulaire en 4 branches :
Orbito-frontale externe ;
Artère du sillon pré-rolandique ;
Artère du sillon rolandique ;
Artère du sillon interpariétal ou pariétale antérieure.
Une telle disposition explique qu'une lésion artérielle frappant la sylvienne immédiatement avant la naissance de ce tronc ou frappant le tronc commun lui-même, puisse entraîner un ramollissement étendu à tout l’ensemble de ce territoire artériel. Il ne faudrait pas croire cependant que ce soit chose fréquente. C'est le contraire qui est exact, la raison en est très simple. Le tronc commun est,en effet,très court, alors que les artères qui s'en détachent sont, de par leurs flexuosités, cinq à six fois plus longues qu'il ne semblerait nécessaire. On ne saurait donc s'étonner de voir des lésions importantes prédominer sur le trajet de l’une ou l’autre de ces branches et entraîner par conséquent des ramollissements partiels du territoire correspondant. A plus forte raison en est-il ainsi lorsque le tronc commun est incomplet, l’orbito-frontale externe ou la pariétale antérieure naissant assez souvent isolément. Ces ramollissements partiels sont de beaucoup les plus fréquents ; nous allons bientôt y revenir.
Nous avons pu recueillir trois observations de ramollisse-
AUOR
ment étendu à tout l'ensemble du territoire des artères ascendantes. L'un, dont nous donnons la photographie (fig. 43), était un beau ramollissement hémorragipare du cerveau droit qui ne laissait indemne que le territoire des artères pariétales postérieures et du pli courbe, et des artères temporales.
Fig. 43. — Ramollissement hémorragipare du territoire des artères ascendantes.
Dans les deux autres cas, le ramollissement blanc s’étendait beaucoup plus en profondeur que corticalement, respectant relativement la pariétale ascendante. Dans ces trois observations, la lésion artérielle était importante sur le tronc commun des artères ascendantes.
Cliniquement, un tel ramollissement avait entraîné pour des lésions du cerveau droit une hémiplégie proportionnelle (obs. XXVIII et XXIX). Dans la lésion du cerveau gauche, à
l'hémiplégie s'ajoutaient des troubles de la parole de type Broca (obs. XXX). Malheureusement la faible survie des ma-
lades n’a guère permis de préciser avec soin les caractères du syndrome clinique.