L'ARTÈRE SYLVIENNE ET SES BRANCHES
Etudiant dans une de ses remarquables leçons la circulation artérielle du cerveau, Charcot écrit {1).« Comment comprendre la raison de la localisation de ces foyers de ramollissement qui constituent un des principaux chapitres de l’anatomie pathologique du cerveau, si l’on n’est parfaitement éclairé sur le mode de distribution des vaisseaux artériels dont l’altération est le point de départ, la condition première des lésions diverses ? » IlLest en effet frappant de voir en ce qui concerne l'interprétation des lésions du territoire sylvien, combien, lumineuse de simplicité dès qu’on l’envisage à la lumière de la topographie artérielle, elle devient obscure dès qu’on ne s’en sert pas.
C’est dans ce seul but que nous avons entrepris nos recherches, principalement sur le mode de distribution de l'artère sylvienne, car au point de vue des ramollissements, ce sont les branches qui importent surtout. Nous n’entrerons pas ici dans yes discussions qui ont trait au mode de terminaison des vaisseaux dans la substance cérébrale, les nombreux travaux qui lui ont été consacrés en ayant d’ailleurs épuisé tout l'intérêt.
Nous pouvons dire déjà que l'aspect réalisé par l'artère sylvienne et ses branches se rapproche plus ou moins de la conception classique : la sylvienne constitue un tronc unique se terminant par l'artère du pli courbe. Tout près de son origine
1. Charcot. Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau, Paris 1896-1880.
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se détachent les artères centrales ou perforantes qui s'éloignent du tronc perpendiculairement à lui. Quant aux branches corticales, les unes naissent de son bord inférieur, presque à l’origine la temporale antérieure, non loin de sa terminaison la temporale postérieure, les autres naissent de son bord supérieur, le plus souvent par un tronc commun : le tronc des artères ascendantes qui donne :
L’artère orbito-frontale externe et inférieure.
L’artère du sillon pré-rolandique ou artère pré-rolandique.
L'artère du sillon rolandique ou artère rolandique.
L'artère du sillon interpariétal ou artère pariétale antérieure.
Enfin la pariétale postérieure, la dernière des branches collatérales, a une origine isolée.
C’est cette disposition déjà signalée par M. Foix qui nous a paru non seulement la plus fréquente, mais encore d’une stylisation commode. Nous reviendrons plus loin sur sa description détaillée et sur les variations qu’elle peut présenter.