GO LES RAVAGEURS DES FORÊTS
quantité de Papillons de nuit, qu'ils saisissent au vol très-adroitement. On a eu un exemple remarquable d'une forêt qui était restée parsemée d'arbres creux, surtout de vieux chênes dépérissants; on exploita ces vieux arbres pour en débarrasser la forêt et que de meilleur bois vînt les remplacer. Les Chauves- Souris disparurent, chassées de leurs retraites habituelles. Jusque-là la forêt avait été tout à fait à l'abri de l'invasion des Chenilles ; mais, dès l'année suivante, celles-ci se multiplièrent et firent de grands ravages.
Fig. 9. — CHAUVE-SOUJIIS.
Nous ne devons pas oublier non plus les animaux sauvages, tels que les Renards, les Martres, les Putois, les Blaireaux et autres Carnassiers carnivores qui sont très-utiles, non-seulement parce qu'ils dévorent une assez grande quantité de Hannetons, mais encore parce qu'ils déclarent la guerre à de petits Mammifères rongeurs appelés MidotSy qui, dans certaines années, font un tort énorme en rongeant les jeunes pousses des bois plantés dans
les parties sèches et rocailleuses. Ajoutons-leur les Hérissons, la Taupe, même le Sanglier, qui est grand amateur de Hannetons à Tétat de larve.
Pour terminer enfin la liste des auxiliaires de l'Homme contre les Ravageurs, nous ne devons pas omettre de mentionner, parmi les insectes, les chasseurs: Carahiques, Brachelytres , Coccinelles, Fourmis, Araignées, Pentatomes ou Punaises de bois, etc.
Arrivons maintenant à l'étude des effets favorables ou nuisibles de la température sur les Ravageurs de la forêt (3o). Si l'on compare lé^ observations météorologiques des années saines et des années meurtrières, on acquiert facilement la preuve que, à la suite d'un hiver sec, les élés secs et chauds sont plus favorables à la reproduction des insectes que les étés pluvieux et froids. On a cependant des exemples d'invasions d'insectes pendant des années froides et pluvieuses ; mais ce fait peut s'expliquer en ce sens que, pourvu que la x température soit à peu près constante, les insectes peuvent supporter des températures variant entre elles d'une quantité considérable. Ainsi on a pu congeler à — 50^ des œufs de Chenilles sans tuer l'animal. A côté de cette rusticité, la nature a heureusement placé des circonstances où, chez ces animaux, la vie ne tient qu'à un fil.