CHAPITRE XV
NATURE DE LA MATIEIîE UADIANTE
Unité de la matière radiante. — Quelle que soit la manière dont ils ont été préparés, quel que soit le métal des électrodes, tous les tubes à rayons cathodiques donnent les mêmes phénomènes. Ainsi que le fait justement remarquer ^I. Crookes, (( que le gaz soumis primitivement à Texpérience soit l'hydrogène, Tacide carbonique, ou l'air atmosphérique, les phénomènes de phosphorescence, d'ombre, dé déviation magnétique, etc., sont identiques ». Les expériences de M. J.-J. Thomson, de MM. Kaufmann et Aschkinass, sont plus concluantes encore : la déviation magnétique ou électrique est absolument indépendante de la nature du gaz ; le rapport de la charge à la masse des particules cathodiques est une constante ; M. J.-J. Thomson est ainsi conduit à cette conclusion que les rayons cathodiques sont constitués par une matière unique, à un état de division beaucoup plus grand que dans les gaz, et dans lequel elle est la même, qu'elle provienne de l'hydrogène ou d'un autre corps.
C'est l'hypothèse de la matière universelle; sans aller aussi loin on peut se demander si la substance unique en question n'est pas l'un des corps simples connus.
L'emploi du spectroscope fournit une première indication sur la nature de la matière cathodique. L'instrument est dirigé vers la partie capillaire d'une sorte de tube à anal3'^se spectrale dont l'une des ampoules est très petite, c'est celle qui contient Tanode que nous désignerons par A : l'autre ampoule, beaucoup plus grande, contient une cathode ordinaire C, plane ou concave. On fait le vide sur l'air ou sur un gaz tel que l'oxygène, par exemple, qu'il est facile de préparer pur et sec, en chauffant un peu d'oxyde de mercure dans un petit tube