EMISSION DE RAYONS RŒNTGEN 'H
mis à l'action de ces rayons noircit à sa surface. M. Moissan (*) a montré qu'il y a dans ce cas production de graphite : la température a dû s'élever par suite à 36oo^ environ. Ce n'est certainement qu'une limite inférieure du maximum possible.
Émission de rayons Rœntgen. — Un corps frappé par les rayons cathodiques émet non seulement de la chaleur et de la lumière (incandescence ou fluorescence), mais il devient en même temps la source de radiations nouvelles découvertes par M. Rœntgen (2) (décembre 1895), sur la nature desquelles on n'a pu faire jusqu'à présent aucune hypothèse sérieuse. M. Rœntgen (i), et M. J. Perrin (^), ont démontré dès le début, et tout à fait indépendamment, que les nouveaux rayons émanent toujours des obstacles qui reçoivent les rayons cathodiques. D'après M. Roiti ('*) l'intensité de cette émission nouvelle ne dépend (toutes choses égales d'ailleurs) que du poids atomique de la matière constituant l'obstacle si celui-ci est un corps simple. D'autre part, suivant que les rayons cathodiques sont produits par une différence de potentiel plus ou moins grande, les rayons Rœntgen obtenus traversent plus ou moins facilement les corps placés sur leur trajet.
Ces radiations nouvelles se propagent rigoureusement en ligne droite, traversent sans réfraction ni réflexion tous les corps, ne se polarisent pas. Elles excitent la fluorescence, à un degré moindre que les rayons cathodiques, et impressionnent les plaques photographiques. Les rayons Rœntgen possèdent également la propriété remarquable de décharger les corps électrisés placés dans les gaz, ou plus exactement de rendre les gaz conducteurs.
Le champ magnétique ou électrique est sans action sur ces rayons.
Propagation rectiligne des rayons cathodiques. — L'examen direct du faisceau cathodique dans 1 air ou mieux dans l'oxy-
(i) Comptes rendus des séances de r Académie des sciences ^ t. CXXIV, p. 053 (1897).
(2) SitzungsbericJite der Wilrtzburger physic. medic. Gesell. Décembre 1895. — Journal de physique, 3* série, t. V, p. 106 (1696). (Traduction par M. Raveau.)
(3) Comptes rendus^ t. GXXII, p. 71(3 (189G).
(4) Lincei^ 5^ s. vol. YI, fasc. 5, p. i23.
PHOPIUETES DES HAYONS CATHODIQUES
gène rarélié suffit déjà pour se convaincre que les rayons cathodiques se comportent, au moins approximativement, comme des rayons lumineux dans un milieu homogène. Le gaz résiduel contenu dans le tube joue alors le rôle d'une substance fluorescente qui n'apporte pas d'obstacle sensible à la propagation des rayons. Mais ce procédé ne convient plus quand la raréfaction est très avancée, toute luminosité du gaz disparaissant. C'est alors la phosphorescence des parois de l ampoule, ou d'un écran fluorescent quelconque, qu'il convient d'utiliser comme le faisait M. Grookes. Voici quelquesunes des expériences classiques imaginées à ce sujet par le physicien anglais ;
i^ Un tube, en forme de V, porte une électrode à l'extrémité de chaque branche : l'une d elles étant prise comme cathode, toute la branche correspondante du tube s'illumine par phosphorescence, la seconde branche restant obscure (^).
'1^ Un tube cylindrique est muni de deux électrodes dont l'une, destinée à servir de cathode, a la forme d'un demicylindre. Quand l'appareil est en activité, la plage fluorés-
Figr. 8.
cente (fig. 7) est nettement limitée par deux plans qui se coupent.
(i) Dans cette seconde branche on observe cependant une faible phosphorescence, produite par les rayons de diffusion découverts par M. Goldstein.