MALADIES SIMULANT LA TUBERCULOSE
rémaciatiou rapide pour entraîner, presque sans réserves, le diagnostic de tuberculose. Nous citerons aussi ces cas de neurasthénie profonde, d'anémie et de dyspepsie graves où les troubles de la nutrition prédominent et font admettre à tort l'existence d'une tuberculose latente.
Chez tous les malades de cette sorte, si l'examen radioscopique montre une bonne clarté de l'image des poumons dans leur entière étendue, surtout aux deux sommets, s'il ne décèle aucune ombre révélatrice des ganglions trachéo-bronchiques hypertrophiés, s'il fait voir le contour du diaphragme intact et ses mouvements normaux des deux côtés, il y a, sinon des preuves certaines, au moins de bonnes raisons pour laisser de côté le diagnostic de tuberculose.
Pour écarter complètement le soupçon de cette maladie, il y a des raisons meilleures quand l'examen radioscopique fait constater les signes de l'emphysème pulmonaire généralisé, c'està-dire une clarté de toute l'image pulmonaire plus brillante qu'à l'état normal, une étendue . plus grande de cette image, enfin le diaphragme s'abaissant à la fin de l'inspiration au-dessous de ses limites habituelles, mais remontant moins haut que de coutume pendant l'expiration* en somme ayant perdu supérieurement de l'amplitude de ses excursions.
Comme exemples de faits d'un autre ordre* nous citerons les collections purulentes interlo-
baires inaccessibles aux modes usuels d'examen et simulant la tuberculose. Nous rappellerons, dans les termes où nous l'avons brièvement rapportée à la Société médicale des hôpitaux, l'observation de cet « enfant de cinq ans, présentant tous les symptômes d'une affection consomptive des poumons, abondante expectoration purulente, fièvre hectique, amaigrissement, doigts hippocratiques, et qui, véritable phtisique dans le sens étymologique du mot, était depuis huit mois traité par plusieurs médecins comme un tuberculeux vulgaire. Chez cet enfant, l'examen radioscopique a contribué avec d'autres signes à rectifier le diagnostic, à montrer l'intégrité du poumon et à faire reconnaître l'existence d'une pleurésie interlobaire suppurée (d'origine pneurnococcique) en communication avec les bronches*; une intervention chirurgicale, malheureusement trop tardive, amis hors de doute l'existence de cetle collection purulente ». Nous ajouterons que, chez cet enfant, l'image du poumon gauche était entièrement claire du sommet à la base; celle du poumon droit, parfaitement claire au sommet, présentait entre cette zone supérieure très brillante et la base moinsbrillante mais encore claire, une zone intermédiaire tout à fait sombre, nettement limitée en haut par une ligne oblique qui correspondait assez exactement au siège et à la direction de la grande scissure interlobaire; cette zone sombre était moins bien limitée à sa