LE DIAPHRAGME
forcée, la courbure s acceotue et se régularise à la fois, 1 échancrure médiane ayant une tendance à disparaître sous Tinfluence de la pression intra-abdominale notablement accrue. Même à Tétat normal, les deux moitiés de la courbe diaphragmatîque paraissent rarement superposables. L'arc de la moitié gauche semble appartenir, surtout pendant rinspiration, à une circonférence de plus grand rayon que celui de la moitié droite. Cette différence est duo à la masse solide du foie dont le diaphragme droit ne peut, en se contractant, faire varier la courbure, tandis que le diaphragme gauche modifie plus facilement celle de Testomac rempli de gaz. L'amplitude des excursions du diaphragme varie d'un sujf^t à l'autre et suivant que la respiration est tranquille ou volontairement profonde. On le voit sur l'écran remonter dans Texpiration jusqu'à la sixième c6te et s'abaisser dans l'inspiration jusqu'à la huitième ou la neuvième. Ce spectacle, suivant la comparaison du professeur Kelsch, donne l'impression du jeu d'une puissante pompe aspirante et foulante adaptée à la base du thorax.
L'examen radioscopique de Tombre du diaphragme étudiée pendant les mouvements respiratoires, fournit des renseignements soit sur l'état du muscle lui-même, soit sur les altérations des organes voisins.
Kn l'absence de toute altération des poumons, des plèvres, du foie et de l'estomac, la diminution ou r inégalité des excursions des deux diaphragmes peut aider à reconnaître soit l'atrophie partielle de ces muscles, dans les amyotrophies progressives, soit 1(3 ur parésie dans les cas de lésions du nerf phrènique compatibles avec la vie. Inversement, l'amplitude exagérée des excursions diaphragmatiques peut suppléer à l'atrophie des autres muscles inspirateurs, comme l'ont observé MM. Guilloz et Ilenriot, dans un cas d'atrophie musculaire progressive myopalhique.
LE DIAPIIHAGME.
^Beaucoup plus souvent, les changements survenus
iàns la forme et la mobililé de l'un des diaphragmes
ISennent aux altérations indammatoires des mem-
praneB séreuses qui le recouvrent. Ces altérations,
îelles de la séreuse pleurale on particulier, entraînent,
"loi de Slokes, la paralysie plus ou moins
lomplëte du diaphragme sous-jacent. C'est ainsi que
s les pleurésies, comme l'ont montré MM. Ber-
lié et Carrière, la moitié de la voûte diaphrag-
tique correspondant à l'épanchemenl n'effectue
1 des mouvements peu étendus alors que la
JËconde moitié s'etTorce d'y suppléer en exagérant
plitude de ses déplacements. Le professeur Bard
L observé, à, Genève, celle paralysie inflammatoire
diaphragme chez tous les pleuréliques, au
lombre d'une quinzaine, dont il a fait l'e\amen
iioscopique. On comprend, suivant sa juste
Éemarque, qu'elle fasse défaut dans les hydrothorax
t même dans les pleurésies cancéreuses. Au con-
I, l'immobilité paralytique du diaphragme était
complète d'emblée dans un cas de pneumothorax
tberculeux qu'il a pu radioscoper vingt-quatre
a après son début, sang qu'il y eût encore de
.edans la cavité pleurale. L'un des diaphragmes
leut perdre non seulement sa contractililé, mais sa
bnicité. Son inertie devient alors si complète qu'il
< laisse soulever pendant l'inspiration par la
(cession intra-abdominale accrue pour retomber
jendant l'expiration, à l'inverse de l'état normal.
iBS mouvements de balance observés dans certains
Bde pyopneumothorax ou même d'épanchements
iqQides.etprécédemment décrite, témoignent nette-
itde celte inertie absolue.
. L'inDammatîoii de la séreuse pleurale n'est pas
t capable d'amener, & sa période aigile, la
irésie de l'un des diaphragmes; elle peut troubler
a jeu mécaniquement d'une façon durable quand
provoque la formation d'adhérences. Après
Si
LE DlAPIinAGME.
la résorption d'un épanchement pleurétique, àlore que le contour du diaphragme correspondant est redevenu \isibte sur l'écran, la transformation de sa courbure normale en une ligne à peu près droite et horizontale, la brièveté de ses excursions ei la disparition plus ou moins complète du sinus costodiaphragmatique.tels sont les signes radioscopiques qui permettent de reconnaître l'établissement d'adhérences entre le reuilletdiaphragmatique et le feuillet costal de la plèvre.
Dans bien des cas, le point de départ d'une inégalité d'action entre les deux moitiés du diaphragme ne réaide ni dans le muscle lui-même ni dans la séreuse qui le recouvre; il doit être cherché basset grande distance, fréquemment à la partie la plus élevée du thorax. En effet, si les deux moitiés du diaphragme se contractent avec la même force, elles doivent s'abaisser également, à la condition d'éprouver de la part des deux poumons la même résistance. Quand le diaphragme est sain et que de ses deux moitiés situées au même niveau, k la Bn de l'expiration, l'une descend plus bas que l'autre pendant l'inspiration, c'est la preuve que le poumon correspondant a perdu de son élasticité, qu'il est devenu moins extensible dans une portion quelconque de son étendue et oppose une plus grande résistance à l'action qui tend à l'allonger. Comme on l'a vu précédemment, c'est au cours et pendant la convalescence de la pneumonie que cette inHuence de la diminution de l'élasticité pulmonaire sur la brièveté des excursions diaphragmatiques est Iq plus évidente et peut être le mieux étudiée. Comme, on l'a vu aussi, au début de la tuberculose, la diminution des excursions de l'un des diaphragmes pen-i dant l'inspiration est parfois un signe radioscopiquC' de la plus haute importance qui peut devancer toUfi' les autres et précéder l'apparition d'une 7.one d'opacité au sommet pulmonaire. D'une manière
LES COTES. 8;i
. raie, toutes les lésions capables de diminuer i'élas- [ (icité de l'un des poumons se traduisent par un abaissement moindre du diaphragme correspondant. Tandis que la diminution de l'élasticité pulmonaire met obstacle à rabaissement du diaphragme, une obstruction passagère des canaux bronchiques peut au contraire mettre obstacle àson ascension, comme l'a fait VOIP au docteur L^vy-Oorn l'examen radioscopique pratiqué au cours d'un accès d'asthme. Une des deuK moitiés du diaphragme s'abaissait rapidement à chaque inspiration pour ne remonter ensuite que lentement et par saccades; l'autre moitié, d'abord absolument immobilisée dans la position de l'inspiration maxima, ne commença à se mouvoir que pendant un violent accès de loux terminé par l'expectoration de mucosités visqueuses: ce fut latinde l'accès, A dessein je passe sous silence les renseignements - fournis par la hauteur et la forme du diaphragme I droit sur les altérations du foie sous-jacent. Quelque I saillie que fasse dans le thorax le foie sain ou r malade, il ne peut être compté au nombre des Eorgaoes thoraciques.