L'\ORTE
del'anévrysme aorlîque & ses débuts. Les changeméats de pûsition de l'ampoule et les variations imprimées à l'atLilude du malade pendant l'examen radioscopique servent à déterminer le siège exact de la lésion sur l'une ou l'autre des deux portions ascendante et descendante du vaisseau. L'examen latéral gauche peut aider aussi Èi la découverte des anévrysmes aortiques à leur début. La persistance, sans changement, de l'espace ciair rétro-slernalest en effet incompatible avec l'existence d'une dilatât ion anévrysmale de l'aorte à son origine. De même, ia persistance, sans changement, de l'espace clair rétro-cardiaque est incompatible avec l'Ëxistedce d'une dilatation anévrysmale de l'aorte Ihoracique à sa terminaison. Telle est, aU point de vue du diagnostic des anévrysmes, la particulière utilité de l'examen latéral gauche (iig. 5).
D'ailleurs, rien ne montre mieux, à ce point de Tne, la nécessité de combiner, dans l'exploration radioscopique de l'aorte, les divers modes d'examen qiifilea deux faits suivants. D'une part, un anévrysme àaea débuts peut se dérober à l'examen antérieur ou postérieur, en se dissimulant entièrement dans l'ombre confondue de la colonne vertébrale et du sternum. D'autre part, ce mfime cxameu antérieur oupostérieur révèle des saillies putsatî les débordant l'ombre médiane, aussi bien dans les cas d'allongemeiit et de dilatation générale du vaisseau, ou même de pulsations aortiques simplement exagérées, que dans les cas plus rares d'anévrysme véritable.
En résumé, si la radioscopie pour l'exploration physique du cœur complète souvent avec avantage la percussion, elle constitue , pour l'exploration de l'aorle thoracique et particulièrement pour l'exploration de la crosse, le procédé de choix, celui qui donne les renseignements les plus évidents, les plus précis, les plus complets. L'examen radioscopique permet de reconnaître k son début la maladie dont Laënnec
LE MÉDUSTIX,
proclamail, dans les termes suivanis, le dia si difficile : " Il est peu de maladies aussi iosidieuses que l'anévrysme de l'aorle; on ne le reconnaît que lorsqu'il se prononce â l'extérieur; on peut à peine le soupçonner lorsqu'il comprime quelque organe essentiel et en gène les fonctions d'une manière
grave, et lorsqu'il ne produit ni l'un ni l'autre de CBS effets, souvent le premier indice de son fxisleace est une mort aussi subite que celle qui est donnée par un coup de feu. » Aujourd'hui on peut dire que les rayons de Ilunlgen sont capables de déceler des auévrysmes inaccessibles aux autres modes d'examen el que ne révèle encore aucun signe d'auscultation, de percussion ou de palpalion, non plus qu'aucun trouble fonctionnel.
La radioscopie, si précieuse pour le diagnostic
L'(ESOPii.\GE.
ÏFécoce des anëvrysmo» tout à fait lalenls, n'est pas moins utile pour reconoaîLre sûrement l'existence de ceux que quelque trouble fonclioonel fait seulement soupçonner, pour fixer leur siège, leurs dimensions, et pour suivre leurs progrès, même à la période où le diagnostic, k laide des méthodes habituelles, ne fait plus aucun doute.
L'examen radioscopique fait voir combien, dans la symptomatologie des anévrysmes, on a abusé des ioterprétalions purement mécaniques en attribuant Âla compression des organes voisins ce qui souvent est le résultat de l'irritation inllammatoire de ces organes. Il montre, en effet, chez certains malades, que des troubles fonctionnels très accentués, dépendant par exemple de l'irritation du nerf récurrent, coïncident avec une très légère ectasie de l'aorte, tandis qu'inversement, chez d'autres malades, une ectasie énorme ne s'accompagne pour ainsi dire d'aucun trouble fonctionnel. 11 montre que l'atténuation ou la disparition des troubles fonctionnels est loin de toujours coïncider avec une diminution de volume de l'anévrysme.
C'est ainsi que l'examen radioscopique ne facilite pas seulement le diagnostic précoce des anévrysmes de l'aorte, il aide au pronostic en mesurant leurs progrès et permet de mieux apprécier la valeur des moyens thérapeutiques dirigés contre cette redoutable affection.