LE TROISIÈME CENTENAIRE DE QUÉBEC
Trois siècles sont passés depuis l’heure bénie Où l’immortel Champlain, guidé par son génie, Vint apporter la croix aux incivilisés.
Trois siècles sont passés, et l’étendard sublime Qu'il arbora, grisé d'espoir, sur une cime,
Ne gonfle plus au vent ses plis fleurdelisés.
DIEU ET PATRIE
L'emblème glorieux de ia France royale
À fait place aux couleurs de sa vieille rivale;
Mais l’œuvre que rêva le noble ambitieux S'accomplit sur le sol qui vit notre défaite ;
L'arbre fécond planté par ses mains de prophète Berce, chargé de fruits, ses rameaux dans les cieux.
Oui, trois siècles fameux ont plané sur nos têtes. Nous avons traversé bien des jours de tempêtes ; Mais maintenant l’azur ruisselle de clarté,
Et notre peuple croît fier comme notre érable, Ferme comme le roc où Québec imprenable
Se dresse dans sa force et dans sa majesté.
Ce Québec est jaloux d’incarner notre race.
Du passé merveilleux il a gardé la trace.
Sur le sentier qui mène aux radieux sommets, Des chevaux de la Gloire il a tenu les rênes :
Et comme les vieux Grecs ont su chérir Athènes, Nous l'aimons d’un amour qui vivra pour jamais.
C'est de ses fiers remparts que, l’arme sur l'épaule, Partaient ceux qui rêvaient de porter jusqu’au Pôle Le labarum du Christ et le drapeau des rois ;