‹ Les rayons du Nord [microforme]Chapitre 32 sur 56 · IL NEIGE · texte numérisé non relu

IL NEIGE

Je sens, saisi d'un vague effroi, - Qu me retient à la fenêtre,

Qu'en Ja marche du mir convoi Fuit quelque chose de don étre.

Soudain duss le champ de la mort Disparait le Sombre cortège.

C'ést un après-midi du Nord.

Le ciel est blanc et morne. 11 neige.

Un noyer ombrageait la maison paternelle,

Il fut cent fois témoin de mes ébats d'enfant. Il me vit rêver seul, à vingt ans, sous son aile, Il me vit tour à tour morose et triomphant.

Un jour, je le quittai, des pleurs à la prunelle,

Plein d'unémoi sans nem dont nul ne se défend. Loin de l'arbre à la cime ombreuse et solennelle, le souffris comme on souffre au désert étouffant.

Je voulus le revoir après bien des années.

Mais ses feuilles, hélas ! étaient toutes fanées, Son tronc mort se couvrait le neige et de verglas ;

Et dans son froid branchage, où la rafale tinte, Tout attristé, je crus ouir sonner le glas De mes espoirs défunts, de ma jeunesse éteinte.

Page 1