‹ Les rayons du Nord [microforme]Chapitre 42 sur 56 · LA BEAUCE · texte numérisé non relu

LA BEAUCE

J'entends sous ses bosquets dont la faîcheur m'enchante La brise qui murmure et le bouvreuil qui chante; Au bord de ses Chemins je Contemple des croix.

Je contemple ses monts, ses lacs et ses rivières ; Je regarde fumer ses Sources, ses guérets ;

Je hume la subtile Odeur de ses forêts ;

Je toise les hauts fûts de ses érablières

D'où le vol caressant des brises Printanières M'apporte le Parfum exquis du sucre frais.

tère,

Devant moi ,S Dont les écho

J'aperçois sur les bords es b

crânement intrépides, ins de bois sur des rapides is et des râles d'enfer.

A mes yeux apparaît, inondé de lumière,

Le logis paternel plein de confuses voix,

Qui me font soupirer et sourire à la fois ;

A mes yeux apparaît, tout près de la Chaudière, La crypte de l'église où repose ma mère,

Bercée aux mêmes chants si naïfs d'autrefois.

Je redeviens enfant. Dans les champs, sur les grèves,

Au sommet des coteaux, au fond des grands bois sourds, Avec des compagnons, échevelé, je cours ;

Dans mes veines je sens tous les frissons des sèves ;

Je me laisse emporter aux bras de tous les rêves ;

Je sonde avec espoir le mystère des jours.

Et ma jeunesse en moi palpite, rit et jase ; Lur ma tête je vois le ciel bleu s'iriser ;

Je bois l’enchantement, sans peur de l'épuiser ; Un doux fantôme ailé de son vol parfois rase Le seuil où je connus la tendresse et l'extase De la première amante et du premier baiser.

Mais, hélas ! tout cela n’est qu'un songe éphémère. Je suis vieux, mes cheveux sont blancs,mes pas sont lourds. Plus d'ébats ! plus d'élans! plus d’espoirs! plus d'amours!

ves, is sourds,

ves ;

ière.

ont lourds.

d'amours!

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