‹ Les rayons du Nord [microforme]Chapitre 48 sur 56 · LES PLONGEURS · texte numérisé non relu

LES PLONGEURS

Dpèrés dont € et notre amais,

Georces Mazs-Sencigr,

Les hommes de Ceylan, à l'œil

Plongent, Sans Sourciller, dans

l'onde qui déferle, Violant les Secrets farouches de la mer

Pour y chercher Ja perle.

Perçant et fier,

Hélas ! quel sort atend ces pêeheurs entêtés! Quels périls l'océan leur cache en ses abîmes! Combien de malheureux n’en sont pas remontés! Chaque jour va croissant le nombre des victimes.

La mort guette sans fin les plongeurs sous les eaux. La fièvre les saisit au lit du madrépore; L'algue les enveloppe en ses traîtres réseaux;

Le requin les dévore.

Et les bijoux nacrés que le déshérité

Tire du sombre gouffre étreignant sa poitrine, Resplendissent, un soir, au col d’une beauté, Comme les pleurs de l'aube aux plisde l’églantine.

Mais celle que ce don royal doit ennoblir

Songe-t-elle jamais, dans son insouciance,

Au courageux chercheur qui va s’ensevelir Sous la houle en démence?

Qu'importe un paria, dont le grand flot brutal Etouffe pour toujours l'audace opiniâtre, Si des perles, aux feux étincelants du bal, Rehaussent la fraîcheur d’une gorge d’albâtre?

urt Dans l'ultime plongée,

Sourdsauxbruits des courants dé

Chaînésautour d'eux, étranges,

bas-fonds hideux,

Ces sondeurs d'infini Auxquels la jalousie, S’obstinent à cherche € plus pur des joyau

, Savants, Penseurs, voyants, algue infâme, S’atiache,

r dans des flots tournoyants X : la vérité sans tache.

Sublimes inspirés, d’un œil audacieux Perçant l'immensité des rayons, des ténèbres, Ils livrent leur esprit à l’abime des cieux,

Au gouffre des algèbres.

Et Pascal et Franklin, Newton, Dante et Schiller, Si grands par leur génie et leur persévérance,

A travers les remous d’une insondable mer

Ont puisé pour leur race une richesse immense.

Mais l'or ne brille pas pour ces ambitieux

Grisés du seul espoir des soldats, des apôtres ;

Et les perles qu'ils vont ravir aux flots fangeux Rayonnent pour les autres.

Du fruit de leurs obscurs et pénibles travaux

Ils font jouir la foule et luttent sans relâche,

Sans entendre jamais éclater les bravos

Qui devraient par moïnents applaudir à leur tâche.

Plus d'un meurt dans la nuit de son humilité,

Sans laisser le pompeux éclat d'un nom sonore ;

Mais des trésors qu'il a trouvés l'humanité S’enrichit et s’honore.

Page 1