LE DERNIER LIVRE
Je voudrais, sous les yeux de tous ceux que j'aimais, L'étreindre à mon côté comme on étreint une arme, Ou couvrir de baisers pieux l'un des feuillets Que cet ange mouilla tant de fois d'une larme.
Il me semble qu'avec cette relique en main, Je verrais sans frayeur et sans désespérance Tomber sur mon chevet la nuit sans lendemain. Me sentant regardé par l'œil de la Clémence.
Il me semble que Dieu, qui se laisse toujours Toucher par les soupirs d'une mère qui prie. Permettrait que sa main indulgente et chérie Effaçât les erreurs du livre de mes jours.