‹ Les rayons du Nord, poésies canadiennesChapitre 21 sur 38 · ID M · texte numérisé non relu

ID M

C'est un après-midi du Nord.

Le ciel est blanc et morne, il neige ; Et l'arbre du chemin se tord Sous la rafale qui l'assiège.

Depuis l'aurore, il neige à flots ; Tout s'efface sous la tourmente.

A travers ses rauques sanglots Une cloche au loin se lamente.

Le glas râle dans le brouillard, Qu'aucune lueur n'illumine...

Voici venir un corbillard, Qui sort de la combe voisine.

Un groupe, vêtu de noir, suit, Muet, le lourd traîneau funèbre.

Déjà du ciel descend la nuit, Déjà la route s'enténèbre.

Et toujours du bronze éploré Tombe la lugubre prière ; Et j'entends dans mon cœur navré Tinter comme un glas funéraire.

Je me souviens... Je me revois, Sur le blanc linceul de la terre.

Dans la bise, en pleurs, aux abois, Suivant le cercueil de mon père.

Je ne puis détacher mon œil, Voilé d'une larme dernière, Du silencieux groupe en deuil Qui marche vers le cimetière.

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