‹ Les rayons et les ombresChapitre 47 sur 54 · OCEANO NOX · texte numérisé non relu

OCEANO NOX

flaint-Valery-aur-^mme.

Oh ! combien de marins, combien de «npUaine»

Qui sont partis joyeux pour des courses lontaines. Dans ce4norne horizon se sont évanouis!

Combien ont disparu, dure et triste fortune!

Dans une mer sans fond par une nuit sans lune, Sous Taveugle océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leurs équipages! L*ouragan de leur vie a pris toutes les pages. Et d*un souffle il a tout dispersé sur les flots ! Nul ne saura leur fin dans Tablme plongée.

Chaque vague en passant d'un butin s*est chargée; L'une a saisi Tesquif, l'autre les matelots !

QU/kRAnTE-DElJXIÈMK. 165

Nul ne sait votre sort, pauvres tètes perdues? Vous voulez à travers les sombres étendues, Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus. Oh I que de vieux parents, qui n^avaf ent plus qu*un rêve, Sont morts en attendant tous les jours sur la grève Ceux qui ne sont pas revenus !

On s*entretient de vous parfois dans les veillées. Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées. Mêle eneor quelque temps vos noms d'ombre couverts Aux rires, aux refrains, aux récils d'aventures, Aux baisers qu*on dérobe à vos belles futures Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

[Ile?

On demande : — Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile? — Puis votre souvenir même est enseveli.

Le corps se perd dans Teau, le nom dans la mémoire. Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noite. Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue. L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue? Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur. Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre. Parlent encor de vous en remuant la cendre De leur foyer et de leur cœur!

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière. Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond, Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne.

IdQ LES BàTONS ST LBS OKBBBS.

Pas même la chanson naïve et monotone

Que chante un mendiant à Tangle d*un vieux pont!

Où sont-ils les marins sombres dans les nuits noires? flots, que vous savez de lugubres histoires ! Flots profonds, redoutés des mères à genoux ! Vous vous les racoptez en montant les marées, Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées Que vous avez le soir quand vous venez vers nous !

juaiet isaft.

OSHuarante-^rotatème.

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