‹ Les rayons X et la photographie de l'invisibleChapitre 11 sur 36 · LES PRÉCLRSELRS DE M. RŒNTGEN · texte numérisé non relu

LES PRÉCLRSELRS DE M. RŒNTGEN

royale de Londres, le résumé des observations de Lenard sur la uiarche des rayons cathodiques dans les milieux pondérables.

« Lenard trouva, comme gaz le plus transparent, l'hydrogène ; mais ce gaz, amené par compression à la densité de l'oxygène, se comportait comme ce dernier. Les métaux et les .substances non métalliques d'égale densité étaient opaques approximativement au même degré. De plus, aucune substance n'était complètement transparente ou opaque, toutes étaient troubles comme le lait. Elles n'arrêtaient pas les rayons par réflexion, mais par diffusion. Après avoir traversé un milieu d'une certaine épaisseur, le fai.sceau primitivement nettement découpé par un diaphragme, s'étalait et se bordait d'une sorte d'auréole visible sur l'image reçue sur un écran fluorescent. Mais l'état trouble du milieu, fait remarquer Lenard, n'est pas accentué par la présence de poussières oU de particules en suspension. C'est une opacité d'ordre moléculaire.

(' L'aluminium était plus transparent à ces rayons que le quartz, et, pour le démontrer, la silhouette d'un morctau de quartz fut photographiée sur une plaque sensible enfermée dans une boîte à paroi d'alumini\it7i, les rayons étant partiellement interceptés par des lames de quartz et d'aluminium en partie superposées. Au développement, la plaque présenta quatre régions d'aspects différents; la plus foncée A' correspondait à la partie non interceptée du faisceau; moins foncée K' était la partie embrassée par l'ombre de l'écran d'akimi-

LKS RAYONS X

nium; plus claire encore était l'ombre Ae l'écran de quartz B', et à peu près intacte celle des écrans superposés {fig. 3) (1). »

Comme il est facile de le voir d'après cette note, il s'en est fallu de bien peu que, dès 189 i, époque où eurent lieu ces dernières expériences de Lenard, celui-ci n'ait réalisé dans toute son étendue la découverte de la photographie au travers des corps opaques.

En somme dans l'afTaire, ainsi que le déclarait fort nettement au premier jour M. F. Bonfante, Ingénieur des arts et manufactures, en rendant compte dans un remarquable article du Génie. Moderne., des expériences si saisissantes de M. Rœntgen, « le seul tort de Lenard a été de vouloir se mettre trop à l'abri des influences électriques extérieures en enveloppant tout son appareil d'un écran métallique continu. N'observant les rayons cathodiques qu'à leur sortie de la fenêtre en aluminium, il n'a pu observer les phénomènes de transmission à travers les corps opaques, comme a pu le faire Rœntgen (2). »

(1) D'Olivier Lodge. — Sur les rayons de Lenard et de Rœntgen, dans l'Eclairage électrique, n» 7 du 15 février 1896, p. 303.

(2) F. Bonfante. — La découverte de Rœntgen et les rayons cathodiques, dans Ic Génie moderne, n" 8, du 13 ?u 31 janvier 1895, p. 117, col. 1.

LES PRÉCURSEURS DE M. RœNTGEN

M. Rœntgen lui-nnême, du reste, — et la chose est entièrement à son honneur, — avec une haute probité scientifique, en rendant compte le 25 janvier dernier, à Wurtzbourg, devant un auditoire d'élite, des circonstances de sa découverte, a tenu h déclarer hautement que sou véritable précurseur avait été le savant hongrois Lcnard.

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