‹ Les rayons X et la photographie de l'invisibleChapitre 23 sur 36 · LES RAYONS K · texte numérisé non relu

LES RAYONS K

devait enÛammer lorsque l'on tenterait de soulever le couvercle du volume.

Un hasard providentiel suggéra quelque défiance aux destinataires de ces dangereux cadeaux qui,

FiG. 23. — Livre explosible ouvert et photographié à la façon ordinaire.

(Epreuve de MM. Girard el Bordas).

envoyés au laboratoire municipal, furent en effet reconnus pour de très redoutables engins.

Cependant, l'examen de semblables livres truqués étant particulièrement dangereux, MM. Ch. Gi-

LES APPLlCATrONS DliS RAYONS .V 14/

rarcl et F. Bordas, à qui revient par profession le

FiG. 24. — Livre explosible fermé cl photographié par les rayons X.

(Epreuve de MM , Girard cl Bordas).

soin d'y procéder, songèrent immédiatement, la découverte de Rœntgen une fois connue, à recher-

LliS HAYONS X

cher si l'on ne pourrait en tirer parti pour déceler dans un colis suspect un système explosible.

Sans retard, ils procédèrent à des expériences de photographie par les rayons X, de livres machinés suivant la formule des anarchistes.

Ces recherches furent couronnées d'un plein succès, comme l'on en peut juger par les deux très curieuses photographies (/?^. 23 et 24) que nous reproduisons et dont nous devons la communication à la gracieuse obligeance de M M. Ch. Girard et Bordas qui faisaient part l'autre semaine à l'Académie des Sciences du résultat de leurs expériences, dans la très instructive note suivante :

« La première photographie représente un livre dans l'intérieur duquel on a encastré une boîte en fer-blanc; cette boite contenait 300 gr. de fulminate de mercure; l'amorce consistait en un cosaque en parchemin qui se trouvait fixé, d'une part, au couvercle du livre, et, d'autre part, au fond de la boite en métal, par l'entremise d'un orifice pratiqué sur la paroi supérieure de la boite.

« Toutes les pages étaient collées, et l'on ne pouvait guère soulever le couvercle du livre.

« La deuxième représente ce livre photographié, à travers lequel on reconnaît très facilement la présence d'une boite en métal suspecte.

« La troisième photographie (fig. ;i3) est un livre analogue au précédent, mais dont la partie centrale évidée contenait une boite en bois remplie de

LKS Al'l'LICATIU.NS DES HAVO.NS X IV.)

poudre de chasse, de clous, de débris de fer, écrou, cartouche de revolver, etc.

«1 La quatrième protographie (fig. 24)), obtenue à la lumière cathodique, permet de se rendre compte de la composition de l'engin.

« Enfin, la cinquième épreuve représente quelques produits chimiques qui entrent dans la composition de certaines poudres, dites pow£fres vertes, etc. On remarque, par exemple, que quelques unes i^ont transparentes aux ladiations émises par le tube de Crookes (acide picrique), tandis que d'autres, le ferrocyanure, le chlorate de potasse, le soufre, présentent une opacité relative à ces ravons (lig. 25) (1). .

Voilà, assurément, une utilisation de la photographie au travers des corps opaques dont il ne viendra à l'idée de personne de contester l'utilité en même temps qne Toriginalité complète.

Moins avantageuse, en revanche, apparaîtra sûrement l'invention de MM. Henry Jarzuel et Henry Lapauze, rédacteurs au Gaulois, pour déchiffrer sans l'ouvrir le contenu d'une missive.

La note suivante que nous découpons dans le Gaulois du 13 février, et qui est justement signée de MM, Jarzuel et Lapauze, nous édifie si admira-

(1) Ch. Girard et F. Bordas. — Applications de la méthode de Rœntgen, dans les Comptes rendus hebdomadaires des Séances de l'Acadifmie des Sciences, séanre du 2 mars 189G p. :y2H.

Li:S HAYONS X

blement sur la dite invention, que nous ne saurions mieux faire que de la reproduire intégralement :

FiG. 2o. — Eléments des poudres vcr(es photographiés par les rayons X.

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