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d'acide osmique au 1/100. Le ganglion, après un séjour d'une” demi-heure dans l’eau distillée, a été divisé en deux parties et placé dans l’alcool fort. Il fit des coupes minces des deux préparations.
Sur les premières coupes, dues à l’action de l’alcool absolu et colorées au picro-carmin étendu, voici quelles sont les lésions que Denucé à pu décrire :
1° Le tissu conjonctif périganglionnaire présentait des altérations analogues à celles des couches superficielles du tissu sous-cutané. Il était le siège d’une infiltration abondante d'éléments cellulaires dissociant pour ainsi dire les fibrilles par leur présence. Denucé pense que ces lésions sont dues à la propagation de l’érysipèle au tissu cellulaire sous-cutané et de ce dernier à la gaine connective des ganglions.
2° La capsule, très épaissie, présentait des phénomènes analogues à ceux dont la gainé connective était le siège.
3° La distinction entre les systèmes caverneux et folliculaire était impossible. Toute la préparation disparaissait sous un nombre considérable de cellules lymphatiques.
4° Quelques travées du réticulum, que l’on pouvait apercévoir à la partie centrale du ganglion, étaient notablement tuméfiées «et présentaient un aspect granuleux inusité.
Sur les ganglions injectés à l’acide osmique, les lésions des travées du réticulum étaient plus nettes et il a paru à Denucé que les lésions étaient plus marquées dans les sinus et le système caverneux, c’est-à-dire dans les parties où aboutissent les vaisseaux afférents que dans le système folliculaire.
Tout en se gardant de tirer des conclusions trop lhâtives, puisqu'il n’a fait qu’un seul examen de ganglions, Denucé se demande s’il n'existe pas entre le système caverneux et le système folliculaire une barrière s’opposant à l'extension du processus érysipélateux.
Après avoir vu ce que pouvaient être les lésions ganglionnaires ou plutôt quelles étaient les modifications histopathologiques que l’érysipèle pouvait produire dans les ganglions, nous avons essayé de Savoir si le streptocoque pouvait arri-
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ver jusque dans ces ganglions. Seul Achalme semble avoir voulu s'en rendre compte. Et voici ce qu'il dit à ce sujet : « C'est à, l’intérieur des vaisseaux lymphatiques que se décide la victoire des cellules de l’organisme sur le parasite. Souvent même cette lutte est fort brève, car sur les coupes de ganglions les plus proches de la plaque nous n'avons : jamais pu colorer de streptocoques dans l’intérieur des cellules qui encombraient le réseau interfolliculaire. La pénétration du streptocoque en cas d’érysipèle simple est donc rarèment profonde dans le, système lymphatique, et il faut voir dans l’engorgement ganglionnaire plutôt un trouble mécanique qu'une véritable lésion inflammatoire. » Nous pensons qué le fait de ne pouvoir colorer de germes sur des coupes, même nombreuses, de ganglions, n’est pas suffisant pour affirmer qu'il n’y a pas de germes dans ces ganglions. D'’ailleurs, Achalme admet bien la possibilité pour le streptocoque d'arriver jusque dans le ganglion : une moindre activité de la défense ou une virulence exagérée du streptocoque rendront cette pénétration possible.
On pourrait à la rigueur donner un autre argument en faveur de cette hypothèse, mais sa valeur ne nous paraît pas très grande : on a toujours constaté l’absence de streptocoques dans les vaisseaux sanguins au niveau de la plaque érysipèle, Or, la septicémie n’est pas rare au cours de cette maladie; c'est ainsi que Lesné et Françon, en semant 5 à 10 cm3 de sang dans 500 cm? de bouillon, ont obtenu 21 résultats positifs sur 70 observations. Si l’on admet que le streptocoque, pour arriver dans le sang, doit passer par les voies lymphatiques, 11 faut admettre aussi que, dans 30 p. 100 des cas, il à atteint et même dépassé les relais ganglionnaires. Mais il n’est pas prouvé que la septicémie se produise selon le mécanisme que nous avons indiqué. L’absence de streptocoques dans les vaisseaux sanguins au niveau de la plaque d’érysipèle n’est pas plus probante que l’absence de streptocoques sur les coupes de ganglions.
Toujours en faveur de l'hypothèse de la pénétration du
streptocoque jusque dans les ganglions, on pourrait donner l’avis de Lordereau, qui préténd que la lymphangite profonde existe dans un quart des cas. Mais les travaux de Lordereau étaient antérieurs à la découverte du streptocoque, et nous craignons qu’on les juge un peu périmés.
Il est donc très difficile de dire si la pénétration du streptocoque dans les ganglions est fréquente ou rare. Peut-être des recherches expérimentales qu’on pourrait faire sur le lapin, cultures de ganglions érysipélateux par exémple, pour- . raient-elles apporter la lumière sur ce point.
Ce bref exposé histopathologique et physiopathologique n’approche peut-être que d’assez loin la vérité. Cependant, il nous conduit à penser que, dans l’érysipèle, il faut envisager deux sortes de réactions ganglionnaires : un engorgement simple, qui serait mécanique, ou plutôt physiologique, et qui serait dû à l'apport inaccoutumé des leucocytes, et un engorgement auquel viendraient se surajouter des lésions inflammatoires vraies, lésions qui pourraient aller jusqu à la suppuration. Il n’y a évidemment pas de barrière entre ces deux stades, mais une continuité où l’on peut supposer tous les états intermédiaires.