‹ Les Réactions intellectuelles élémentairesChapitre 11 sur 23 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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pied, un coussin qu'il traînait partout avec lui (1), et cette personne, observée par Pierre Janet, qui, privée de la sensibilité des membres du côté gauche, répète « qu'elle est convaincue de n'avoir qu'une jambe, que lorsqu'elle est couchée sur le dos, ellene repose que, sur une fesse » et qui ne peut dormir sur le côté gauche, « car elle est effrayée par le sentiment d'être dans le vide, de ne reposer sur rien (2) ». Certains rêves normaux ont pour cause occasionnelle des troubles organiques, physiologiques ou pathologiques. Combien de délires morbides se développent de même, en fonction de sensations cénesthésiques mélangées d'états affectifs et en rapport direct avec des états déterminés des viscères 1 On en trouve d'excellents exemples dans l'étude de ces maladies qu'on pourrait appeler les maladies de l'idée du moi. M. Ribot (3) en a signalé et excellemment analysé deux formes particulièrement intéressantes pour nous : la « folie orgueilleuse » et la « lypémanie ». Le fou orgueilleux déclare qu'il n'est plus lui-même, qu'il est un autre, et il finit par se croire devenu un grand personnage, Napoléon, Jésus-Christ, le pape. Le lypémaniaque fait des déclarations analogues ; mais, par un mouvement contraire, il affirme qu'il n'est plus qu'une planche, un cadavre, une mauvaise machine, voire même un objet malpropre et rebutant. Or l'examen des circonstances déterminantes de ces deux formes de délire ramène toujours à la même conclusion. Le fou orgueilleux ne forge son rêve imaginatif que parce qu'en raison d'un état morbide, il sent, en lui, une sorte de surabondance vitale : accroissement de ses forces physiques, de la lucidité, de la fermeté,

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