PREFACE
Eh bien I on peut dire de l'appareil cérébromental, tel qu'il existe chez certaines espèces vivantes, quelque chose d'exactement analogue. 11 n'y a en lui rien de passif. Des excitations se produisent sur les extrémités des organes sensoriels. A l'occasion de ces excitations, naissent, dans les consciences, par un mécanisme que nous ne comprenons pas, à l'heure actuelle, des sensations correspondai, Interviennent alors ce qu'on pourrait appeler u s forces de réaction et d'assimilation de l'esprit. Chaque type d'esprit est, comme l'araignée au centre de sa toile, ou comme l'appareil digestif de chaque espèce, un groupe de forces tendues et orientées dans un certain sens. De même que chaque sorte d'araignée a ses rites pour dévorer sa proie, de même que chaque type d'appareil digestif a ses lois pour digérer la nourriture, il a une manière plus ou moins perfectionnée et qui lui est propre de retenir les états de conscience, de les reconnaître, de les combiner entre eux, de découvrir leurs rapports particuliers, de dégager leurs relations générales, de les classer, de les systématiser. Tout cela constitue ce qu'on pourrait appeler la digestion mentale. L'efïet de cette digestion, c'est le développement et le classement plus ou moins parfait, suivant les espèces, des connaissances acquises avec leurs différents degrés.
Or, si l'on envisage les opérations mentales qu'exécute, dans la digestion des idées, la petite élite cultivée de l'humanité, on est frappé de leur caractère rationnel. C'est méthodiquement, c'est en procédant à de perpétuels contrôles, c'est avee toutes les précautions de la défiance, qu'un esprit formé et averti établit ses classiliea lions et ses définitions de typés d'objets, dégage les lois générales des événements qu'il constate, les relie les unes aux autres d'après leurs rapports logiques, en tire les conséquences et