‹ Les Réactions intellectuelles élémentairesChapitre 8 sur 23 · Cf. Beroson, Evolution cicatrice · texte numérisé non relu

Cf. Beroson, Evolution cicatrice

ressemblances ni les dissemblances, qui existent entre ces vivants et nous, ne sont suffisantes pour nous permettre de conclure, par analogie, à leur propos, soit dans un sens positif, soit dans un sens négatif(l). Ainsi, qu'il s'agisse de l'interprétation instinctive ou de l'interprétation scientifique, par laquelle nous attribuons ou nous refusons des représentations conscientes aux vivants qui nous entourent, d'après leur organisation, leurs allures et leurs actes, notre procédé d'appréciation est toujours le même. C'est un raisonnement analogique fondé, d'une part, sur la connaissance que nous avons de notre propre structure et de la nature des représentations qui correspondent, chez nous, à certaines actions; d'autre part, sur l'expérience que nous avons, et de la constitution organique, et des actions des êtres auxquels nous avons affaire. De là, suivant le degré des ressemblances et des différences, nos affirmations, nos négations, nos hésitations. De là aussi, probablement, bien des erreurs fort peu vérifiables.

L'analyse que nous venons de faire pourrait être répétée, presque mot pour mot, à propos du procédé par lequel nous croyons savoir, avec quelque exactitude, ce qui se passe, à un moment donné, dans l'esprit d'un autre être perceptible. Ce qui nous guide, ici, c'est moins l'observation de la structure générale des êtres vivants, que celle de leurs actes, des attitudes de leurs corps, des expressions de leur physionomie, de leurs gestes, de leurs cris, de leurs paroles articulées.

L'étude de la manière dont nous interprétons les

Page 1