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parfois de la tête, surtout la nuit, Tout cela, ce sont de petites choses, mais comme il est intelligent, il s'aperçoit bien que toutes ces petites choses sont nouvelles pour lui, et il va consulter.
L'examen du spécialiste, appuyé par le laboratoire, découvre :
1° Que cet homme a eu la syphilis il y a une'dizaine d'années ; il ne s’en est pas aperçu, chose courante, ou s’est mal soigné, où méme s'est cru guéri après un traitement paraissant convenable, tout cela revient au mème résultat, c'est un syphilitique. me
2° Que ce syphilitique présente des réactions nerveuses particulières (réflexes exagérés, pupilles réagissant anormalement à ja lumière, etc...) signes encore bien légers et douteux, — que d'ailleurs le médecin peut seul apprécier — mais qui ne peuvent être plus accentués sans révéler un état incu-
räable et fatal.
3° Que la vie active, intense même de ce malade est le dernier des trois facteurs nécessaires pour transformer un homme sain en paralytique générale .,
Conclusions : ou ce malade va soigner sa vieille syphilis — s’il en est temps encore — puis mettre ses nerfs au repos, modifier profondément son milieu. IL lui en coûtera tout d'abord de renoncer à ses habitudes, à sa vie lucrative, mais il retrouvera dans une vie plus calme, mieux adaptée, des joies nouvelles ; il gardera en tous cas l'essentiel : sa raison. Ou bien faute de consentir ce sacrifice, il gardera, pendant quelques mois, son genre d'existence, auquel d'ailleurs il sera de plus en plus mal adapté, bien qu'il s'aperçoive de moins en moins de sa déchéance à mesure qu'elle progresse (c'est un fait que le fou se croit d’autant moins fou qu'il l'est davantage) et ce sera l'entrée à l'asile d’aliénés en attendant la mort. .
La paralysie générale progressive des aliénés — que rien ne peutarrêter, nimême retarder, quand elle est confirmée — apparaît chez certains syphilitiques, même traités, paraissant guéris, dix, quinze, vingt ans après le début des acci-
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dents. Il semble que pour la produire, il faille, en plus de la syphilis, un terrain nerveux, surtout la prédisposition, puis les ébranlements d’une vie active. De là les trois stades de la prophylaxie :
1” Empêcher les gens sains de deverir en re par la prophylaxie vénérienne ;
2° Empêcher les bu de … des séquelles nerveuses, par un traitement éclairé, bien conduit de la syphilis, et par l'hygiène mentale sous la surveillance du spécialiste ; :
3° Empêcher les candidats à la paralysie générale de voir éclore ce mal, en renonçant à tout genre de vie favorable au déclanchement de cette affection.
4° Démence précoce. — Voilà un adolescent dont l’intelligence a toujours été jusqu'ici normale, peut-être même supérieure. Au moment de Ja puberté apparaissent des bizarreries de caractère, des troubles de l'attention, quelques petites anomalies, qui peuvent même échapper à l'entourage, mais que le spécialiste averti recueille soigneusement.
Le danger est grand ; les facultés intellectuelles au lieu de se développer, vont régresser de plus en plus, et rien ne pourra jamais faire renaître l'intelligence perdue partieliement, et pas davantage dissiper la démence totale quand elle sera réalisée.
Et cependant si cet enfant est soustrait en temps voulu à toutes les causes nocives pour son système nerveux, il peu encore échapper. Mieux vaut done qu'il soit moins instruit mais normal que « petit prodige à 12 ans et dément pour le réste deses jours ».
Les causes sont : l’hérédité (parents nerveux ou tuberculeux) la tuberculose, la fatigue, le surmenage, et peut-être d’autres facteurs encore inconnus.
Remède préventif : Hygiène générale contre la tuberculose, hygiène mentale contre le surmenage et les autres
ppoints.
5° Démence sénile. — C'est le cas du vieillard dont le
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cerveau s'est «usé ». Ce n'est pas l’état civil qui est au premier plan dans cet affaiblissement des facultés : pourquoi des octogénaires, nonagénaires ou centenaires gardent-ils intactes ces facultés qui défaillent chez de, sujets à peine au delà de la cinquantaine ?
Chez ces vieillards prématurés, il y a bien, quelquefois,de l'hérédité, au moins de la fragilité cérébrale, qui prédispose à cette débilité ; äl y a surtout de l’artério-sclérose, de la syphilis, dela néphrite chronique. des attaques, etc.
Qui oserait soutenir que le manque d'hygiène générale est étranger à ces affections, et qui, dès lors, s'il ne se soumet à cette hygiène, peut se flatter de garder ses facultés ?
On a alors, le type de ces vieilles gens qui se rappellent mal, ne se rappellent plus, qui ont des « absences » de plus en plus fréquentes, et finissent par radoter. par « tomber en enfance ».
Causes de la folie. Comment l'eviter. — La folie est ainsi
le résultat tout naturel de causes précises dans des circonstances déterminées. Comment éviter ces causes et circonstances ? Il est entendu qu'un certain nembre d'entre elles échappent encore soit à notre connaissance, soit à notre appréciation, soit à notre action; mais le champ de ces obscurités se restreint de plus en plus sous l’eflort scientifique actuel. et nous avons d'ores et déjà assez de prise sur les sources principales de maladies mentales pour espérer les atteindre et même les tarir.
L'un des plus graves dangers de la folie, c’est son caractère sournois, insidieux; les causes, d’abord inaperçues, se développent, s’enracinent, généralement favorisées par la persistance des circonstances, du genre de vie, qui leur ont permis de s'implanter. Le malheureux qui. dédaignant les faibles avertissements de la phase psychopathique s'est laissé surprendre par leur apparence bénigne, ne peut même plus s’apercevoir du mal lorsqu'il est devenu patent, puisque le propre des maladies mentales est précisément d'être d'autant moins perçues par le malade qu’elles sont plus profondes et plus graves. C’est donc dès le début, dès
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le stade des impressions bizarres, alors que le sujet peut encore se rendre compte des petites anomalies du caractère, qu’il faut éventer le danger et le faire préciser sans fausse honte par le spécialiste, afin de prévenir cette maladie. comme toutes les autres maladies du corps.
On voit, à ce propos, combien sont puérils et dangereux les préjugés vulgaires sur ces défaillances mentales si communes, — nous allions dire si naturélles, — qui, prises à temps et bien prises, restent des faits sans conséquences, alors que, si le patient se dérobe, sous l'effet de ces préjugés, par crainte, par amour propre mal compris, il devient réellement ce qu'il craignait de paraître un instant.
Tout aussi malfaisante est cette croyance populaire qu'il n'y a rien à faire contre la folie. L'hygiène mentale, le repos suffisent à guérir chaque mois nombre d’aliénés, à plus forte raison ces moyens peuvent-ils prévenir le mal qu'ils arrivent à guérir, ce qui vaut toujours incomparablement mieux.
Les prédisposés, les psychopathes, qui n'ont, en somme, contre les désordres mentaux que des moyens de défense si fragiles, doivent être tout particulièrement en garde pour ne pas exposer ces moyens à être brisés par des forces auxquelles ils ne résisteraient pas.
Mais, à côté de ces fragiles, les personnes normales, du moins en apparence, peuvent elles braver impunément les lois de l'hygiène mentale ? Très certainement non! Qui donc en effet, même sans hérédité, sans prédisposition, oserait se flatier de conserver toujours et malgré tout son tube digestifintact ? Dès lors; pourquoi le système cérébral, le plus, délicat de tous les organes, donnerait-il une sécurité que n'offre pas le plus simple, le plus grossier ?
Si donc les personnes normales résistent mieux aux différentes causes d'ébranlement cérébral, cette résistance, quelque grande soit elle, n’est pas illimitée.
Chez l’homme jeune, sain, l'os du bras pris entre deux forces, se courbera bien d’abord un peu sans se rompre, et, l'action violente passée, n'en gardera aucune trace ; mais, si cette action violente dépasse la limite de l'élasticité de
l'os, une fracture sera inévitable. Si, au lieu de courber simplement l'os, la force le tord, si interviennent les complications mécaniques du levier, du « porte à faux », une violence relativement bénigne suftira à causer des dégâts énormes ; le sens dans lequel agit cette violence comptera alors plus que-cette violence elle-même.
ll en est de mème pour le cerveau ; âu delà de certaines limites, son mécanisme se-trouve- « forcé », et des troubles en résultent ; d'autre part, même en deçà de ces limites, certaines condilions de travail, d'efforts, deviennent bien: plis néfastes que la somme des efforts elle-mème.
IL faut donc : 1° ne pas dépasser les limites de la résistance cérébrale, et pour ce, bien les connaître ; 5° même en deçà deces limites, éviter les conditions qui rendraïent dangereuses une somme normale d'efforts.
1° Limites de la résistance mentale: — Les plus graves maladies du cœur ne se révèlent, au débat, qu’en soumettant le patient à un effort (marche rapide, course au besoin), qui trouble le rythme de cet organe. Suivant ses lésions le cœur montre alors des désordres plus ou moins persistants, au lieu de recouvrer rapidement après l'effort son fonctionnementnormal, une fois l'effort passé. Des méthodes analogues décèlent les premiers tronbles d’autres organes, du foie notamment.
L’effort est, de même, une pierre de touche de la résis. tance cérébrale. Le cerveau sain, soumis à des excès, doit retrouver rapidement son équilibre. Le cerveau fragile, au contraire, garde longtemps après l'épreuve une impression anormale de fatigue et même de désarroi ; il réagit violem- ‘uent aux émotions ; le sommeil n’est pas régulier. pas réparateur. En somme, le plus ou moins dé difficultés qu’a ie cerveau à retrouver son équilibre à la suite d'un excès donne à l'intéressé un aperçu de sa résistance mentale. Le laboratoire d’un dispensaire spécial — tenu d'ailleurs à la plus urande discrétion — peut évaluér directement cette r'ésistance ’au moyen d'appareils précisant le degré d'effort nécés-
saireé pour franchir les bornes au-delà desquelles les réac
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tions normales du cerveau deviennent pathologiques. C'est ce degré qui limitera l'effort permis.
20 Qualités et conditions de l'effort permis. — Le travail productif, la somme d'efforts utiles peuvent être considérés, dans le bilan des dépenses mentales d’une journée, comme une partie active de ces dépenses. Les éléments de dépression, les émotions surtout, en forment la somme passive.
Le mélange de ces deux sortes de dépenses n’est inoffensif que suivant certaines données, qui réalisent les bonnes conditions de l'équilibre mental. L'altération de ces conditions constitue les mauvaises méthodes de travail, la mauvaise adaptation. Le rôle de ces conditions est tel que, peuton dire, c'est bien moins la quantité de travail effectué que sa qualité, Les circonstances dans lesquelles il est produit qui déterminent la fatigue mentale.
1e dispensaire pourra, pour ces questions d'adaptation, donner des conseils précieux. IL est clair qu'un vieillard capable de fournir une certaine somme de travail utile. ne peut être assujetti aux mêmes rythmes de production qu'un jeune homme.
L'adulie émotif, «nerveux », qu’ «un rien bouleverse », pourra être un très bon teneur de livres, rendre d’excellents services dans un bureau, où son côté faible, l'élément émotionnel, ne sera pas mis à contribution ; ce travail, auquel il sera parfaitement adaptable, deviendra chez lui l'exercice quotidien nécessaire ; il en tirera une source de joie, sera un être content, rendra heureuse sa famille. Mais si, pour augmenter son gain, il veut se transformer en vendeur, et se livrer, lui si impressionnable, aux émotions exaspérantes suscitées d'une part par les exigences des clients, d'autre part par la sévérité du chef de rayon, ce malheureux n’ac-
complira ses fonctions qu’au prix d'efforts continuels sur lui-même ; chaque épisode de sa journée sera une lutte déprimante, un ébranlement continuel et néfaste de son système cérébral, qui le mènera peut-être à l’asile, qui lui coûtera, en tout cas, en soins, repos forcé, restrictions ultérieures de travail, infiniment plus que ce que lui aura
= 49 —— gagné pendant quelque temps son changement de métier.
Que de gens au lieu de s’exposer à lâcher ainsi la proie pour l'ombre, à tout perdre en voulant trop gagner, auraient pu bénéficier des conseils donnés par les dispensaires !
Que de malheureux grossissent chaque jour la masse des mécontents, des revendicants sociaux, sans se douter que leur amertume. leur découragement, leur révolte provient simplement d'une erreur : ils ne sont pas à leur place ; ils sont soumis à un genre de vie pour lequel ils ne sont pas faits, où leurs occupations comportent des conditions mauvaises pour eux, tel l'élément émotionnel dans le cas ci-dessus ; il leur suffirait de corriger cette erreur matérielle pour recouvrer l'équilibre, la santé, le honbeur.
Devant la menace du danger il faut savoir sacrifier résolument tout ce qui est contraire à l'hygiène, c’est-à-dire à une vie calme, bien réglée, notamment l'irrégularité des repas et du repos, les veilles, les fatigues de toutes sortes, physiques, intellectuelles, sensorielles (bruits continuels, lumière fatigante), émotives(spectacles, théâtre, cinéma, etc..), les intoxi-
‘ cations de tous genres alcool, stupéfiants,constipation ; etc…\ la hâte, les mauvaises méthodes de travail, les exitations de toutes sortes (passions, abus du café, etc...) Il faut, de plus, réagir par une sage discipline de l'esprit, contre les tendances normales qui, par leur exagération, deviendraient. maladives, telles la fixation de l'attention sur des faits insignifiants, la concentration prolongée de l'esprit sur des sujets de rêverie, la laisser aller à une émotivité incon-
sidérée, etc...
Les conséquences de l’hérédité peuvent ainsi, au moins jusqu'à un certain point, être tenues en échec. Les causes peuventêtre supprimées par un peu de bon sens
et de prudence.
Doivent s’interdire de procréer tous les êtres humains en
état d’infériorité temporaire ou définitive.
P, Morin