‹ Les Récentes Échelles Mobiles de Salaires Systèmes d'ajustement automatique des salaires au coût de la vieChapitre 24 sur 76 · HOT · texte numérisé non relu

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De teis systèmes d'ajustement des salaires des travailleurs agricoles aux prix des produits de la terre ne sont pas autre chose qu'une application de la selling price sliding scale, quoique leur institution tende aux mêmes fins que les nouvelles échelles mobiles.

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La hausse du coût de la vie, avons-nous dit, atteint le salarié sur le marché détail. C’est donc là mesure des variations des prix de détail qu’il s’agit de rechercher. La plupart des pays possèdent actuellement des nombres-indices improprement appelés nombresindices des prix de détail, car ils ne cherchent à mesurer que les variations des prix de certaines denrées alimentaires et quelques autres articles d’épicerie, et quelquefois celles du loyer. D’autres pays étendent leurs calculs aux autres groupes de dépenses (loyer, éclairage, chauffage, habillement, etc...) et les nombres-indices obtenus sont appelés des nombres-indices du coût de la vie. En réalité les indices des prix de détail sont des indices incomplets du coût de la vie.

Les indices de l’une et l’autre sorte sont de création récente et doivent leur développement à la guerre. Avant 1914, on ne connaissait que quelques séries portant sur les denrées alimentaires, auxquelles dans certains cas étaient ajoutés quelques articles de blanchissage et de chauffage. L'indice canadien tenait cependant compte du loyer. Les indices du coût de la vie apparurent beaucoup plus tard.

Etant donné qu'il est bien plus aisé de construire des nombres indices des prix de détail, on serait tenté de les utiliser comme mesure des variations du coût total et de renoncer à en élaborer de plus complets. On pourrait agir ainsi s’il était reconnu que le mouvement des prix des denrées sur lesquelles ils portent était identique à celui des autres groupes de dépenses exclus de ces indices. Il n’en est rien. Depuis 1914, le mouvement des prix des denrées alimentaires a pris une allure différente de celui des prix des autres articles. Cependant l'Enquête sur la Production en présentant le résultat de ses recherches sur le mouvement du coût de la vie de

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1914 à 1922, indique que « … le plus souvent, il y à une correspondance très nette entre le mouvement de la courbe de l’alimentation et celle du coût total de la vie ».

Mais cette correspondance n’est pas absolue ; pendant la guerre, la hausse des prix des denrées alimentaires est plus forte que celle du coût de la-vie, dont l'ascension est ralentie par l'absence d'augmentation ou la faible augmentation des loyers. En effet, la hausse totale n'apparaît pas aussi forte qu'elle l’aurait été si les loyers avaient augmenté dans une aussi forte proportion que les autres dépenses, et en particulier que celles d’habillement, de chauffage et d'éclairage. Par contre depuis la fin de la guerre la dépense d’alimentation diminue très fortement, de même que celles de l'habillement et du groupe chauffage-éclairage, tandis que progressent vivement le loyer et les dépenses diverses. « Il arrive alors assez souvent que les courbes de l'alimentation et du coût de la vie chevauchent l’une sur l’autre, dit l'Enquête sur la Production, et que même celle de l’alimentation tombe au-dessous du coût de la vie » (1).

Ainsi, si on avait ajusté pendant la guerre la totalité des salaires aux nombres-indices des prix de détail des denrées alimentaires, dans les pays où ils existaient, on aurait procédé à une véritable augmentation des salaires réels. En outre, il faut noter que l’enquête s'arrête à la fin de l’année 1921 (pour quelques pays elle porte sur une partie de l’année 1922). À ce moment, les restrictions à la hausse des loyers étaient encore en vigueur dans la plupart des pays. Elles devaient s’atténuer par la suite et diminuer les chances de rapprochement des deux courbes.

Dès la fin de la guerre, les nombres-indices du coût de la vie se multiplièrent, calculés soit par les Services des Statistiques des Etats et des communes, soit par des Commissions paritaires. Dans les discussions sur l’échelle mobile, ces indices furent si souvent critiqués, à la fois par les patrons et les ouvriers, qu’il nous paraît nécessaire d’insister sur la facon dont ils ont été élaborés.

(1) Enquête sur la Production — 1° volume — p. 427,

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