‹ Les Récentes Échelles Mobiles de Salaires Systèmes d'ajustement automatique des salaires au coût de la vieChapitre 25 sur 76 · ME NE · texte numérisé non relu

ME NE

La plupart des Services de Statistique répartissent les articles de consommation sur lesquels portent leurs calculs en cinq catégories principales, alimentation, logement, habillement, chauffage et éclairage, articles divers. Mais ce classement n’a pas été adopté par tous les pays, et quelques-uns d’entre eux font abstraction de l’une ou l’autre de ces catégories.

Comme les nombres-indices ont un caractère relatif, c’est-àdire qu'ils n’ont pas la prétention d'exprimer le coût total des articles nécessaires à un niveau de vie minimum ou à un minimum de confort à un moment donné, mais simplement les modifications du coût de la vie, il est inutile de faire entrer dans leur calcul tous les articles de consommation de la collectivité ou d’une classe particulière de la collectivité. Le voudrait-on que cela serait impossible. Quant à la question de savoir s’il y a intérêt à utiliser une liste d'articles très nombreux ou à ne comprendre dans les calculs qu’un petit nombre d’articles choisis avec soin, elle dépend de la « mesure dans laquelle les modifications subies par les prix d’un nombre restreint d’articles appartenant à un groupe déterminé peuvent être considérées comme représentatives des modifications de prix des articles de même ordre, de variété et de qualité différentes non compris dans la liste » (1). C’est là un problème de statistique dont nous nous écarterons.

Sans aller jusqu’à inclure dans le calcul de l'indice des éléments aussi nombreux que ceux des budgets de confort minimum des Etats-Unis, certains pays ont tenu compte de la fraction du budget d’une famille type exprimée par le coût des articles choisis. Ainsi le coût des 47 articles d'alimentation, épicerie, blanchissage, et le loyer qui entrent dans le calcul de l'indice australien représente 60 % environ du budget total d’une famille normale. Aux Etats-Unis, la liste des denrées alimentaires de l’indice du Bureau of Labor Statistics représente plus des 2/3 du budget alimentaire d’une famille ouvrière moyenne. En Grande-Bretagne le coût des

(1) Bit. Méthodes d'établissement des nombres-indices du coût de la vie.

DS Hal 22

articles d'alimentation représente les 3/4 de la dépense alimentaire totale et 45 % du budget total.

Le nombre des articles d'alimentation, de chauffage et éclairage et d’habillement entrant en ligne de compte dans le calcul des index officiels varie considérablement d’un pays à l’autre, comme le montre le tableau suivant :

Chauffage

Pays Alimentation et éclairage Habillement Afrique du Sud 20 * 8 — Allemagne 17 4 13 Australie 41 8 (1) — Autriche 16 4 3 Belgique 33 7 25 Bulgarie 36 6 5 Canada 7, 5 — Egypte (Caire) 20 2 F Espagne (Madrid) 19 8 (2) Etat Libre d'Irlande 36 6 23 Etats-Unis 43 6 77-91 Finlande 14 — 2 Grande-Bretagne 20 5 8 Hongrie 10 2 5 Inde (Bombay) :

Nombre indice de la classe ouvrière 17 3 3 Nombre indice de la cl. européenne 30 4 23 Italie 18 — 16 Luxembourg 13 4 8 Massachusetts 37 4 dr Norvège 55 — Nouvelle-Zélande 55 7 ks Pays-Bas (Amsterdam) 13 —— — Pologne (Varsovie) 16 2-3 7 Suisse 50 9 25 Tchécoslovaquie 42 10 * (3)

Chiffre inconnu.

Pas compris dans le nombre-indice.

(1) Eclairage.

(2) Y compris les articles divers.

(3) La République Tchécoslovaque calcule une série spéciale de nombres-

indices d’après une liste de 14 articles c

chaussures et les chapeaux d'hommes.

omportant les tissus,

les

Les articles divers ne sont pas portés dans ce tableau car les informations sur ce groupe de dépenses manquent pour beaucoup de pays.

Indiquons brièvement les trois méthodes auxquelles on a eu recours pour procéder au choix des articles et à la détermination de leur importance relative.

La première est celle de {a consommation globale. Elle consiste à calculer les quantités de marchandises consommées en ajoutant les importations aux chiffres de lu production indigène et en retranchant les exportations. On détermine ainsi les quantités consommées dans l’année de base. Les pondérations obtenues sont multipliées pour chaque article par son prix unitaire à une date donnée. On fait de même pour tous les autres et on établit le rapport entre la somme trouvée à cette date et celle de la période de base. Sans entrer dans le détail de cette méthode, encore appliquée en Australie, en Afrique du Sud, en Nouvelle Zélande, nous pouvons dire qu'elle nécessite des statistiques complètes de la production, de l'exportation et de l'importation qu'il semble difficile d'obtenir pour les articles d’habillement et même pour le loyer.

Quant aux dépenses diverses, il ne paraît pas possible de les déterminer de cette façon. En outre pour l’adaptation des salaires au coût de la vie, la méthode de la consommation globale a un très grave défaut : elle permet de rechercher les modifications du coût de la vie pour l’ensemble de la collectivité, mais les pondérations trouvées ne sont pas nécessairement représentatives de la consommation des classes de travailleurs visées par l'ajustement au nombre-indice.

La méthode la plus courante est celle du budget type ou budget familial : on recherche, au moyen d'enquêtes, les quantités d’articles consommés pendant une période donnée par certaines familles représentatives de l’ensemble de la collectivité, ou d’une région ou d’une localité, ou d’une classe ou profession déterminée.

Etant donné les différences de consommation, tant dans les quantités que dans les qualités, qui existent d’une catégorie sociale à l’autre, il paraît préférable de ne pas faire porter l'enquête sur

toutes les classes de la communauté, mais d'examiner séparément chacune d'elles. Mais la plupart des nombres-indices ont été calculés non d’après les pondérations obtenues au moyen d’enquêtes spécialement effectuées en vue de leur établissement, mais d’après le résultat d'enquêtes d’avant-guerre, dont le but était de fournir des indications sur le niveau de vie de la population ouvrière en général. Quelques-unes d’entre elles avaient cependant adopté pour critère le chiffre du revenu, considérant que des familles de même revenu ou d’un revenu compris entre certaines limites, avaient des niveaux de vie semblables. D’autres enquêtes avaient pris pour critère la nature de la profession ou le type du contrat de travail, mais la plupart d’entre elles n'avaient porté que sur les budgets des familles des travailleurs manuels et spécialement sur les budgets des travailleurs industriels des centres urbains.

Une des plus grandes difficultés de la méthode du budget type est qu'il faut trouver un nombre suffisant de familles capables et désireuses de noter avec soin pour une longue période leurs revenus ou leurs dépenses ou même simplement ces dernières, quand l'enquête est destinée à l'élaboration d’un nombre-indice. Pour remédier à cette difficulté, on a préféré procéder à des enquêtes de courte durée. Mais si l’on peut ainsi relever de facon satisfaisante les dépenses qui sont faites à des intervalles rapprochés, telles que celles de la nourriture, il n’en est pas de même pour celles d’un caractère durable, dont on ne fait l’achat qu'irrégulièrement et à des intervalles éloignés. Telles sont les dépenses d’habillement qu'une enquête d’un mois ne peut révéler que dans un très petit nombre de familles. Lorsqu'on a pu obtenir des données d’un grand nombre de familles, on peut estimer que les résultats sont très satisfaisants, qu’une compensation s'effectue. Cependant, comme certains articles revêtent un caractère saisonnier, les budgets accuseront une dépense trop forte ou trop faible si l'enquête a lieu ou n’a pas lieu à l’époque de l’achat. Cet inconvénient n’est pas d'ordre capital, car on peut effectuer des enquêtes en différentes saisons et prendre la moyenne des résultats ou plus simplement demander aux ménages ouvriers eux-mêmes d'évaluer la dépense

Page 1