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des articles saisonniers. Notons d'ailleurs que certains pays ont pu recueillir un nombre suffisant de budgets portant sur une année. (1)
Signalons enfin qu'un autre inconvénient des enquêtes sur les budgets familiaux est le défaut de comparabilité des données obtenues provenant de la grandeur variable des familles. On a essayé de l’écarter, non pas en s’en tenant à des familles d’une grandeur donnée, — car on éprouve déjà assez de difficultés pour rassembler les budgets de familles de grandeur différente — mais on a, dans plusieurs enquêtes, adopté une unité de consommation à laquelle on a réduit la consommation des familles de composition diverse. Le système le plus connu est celui du « quêt » établi par Engel en souvenir du statisticien belge Quêtelet. (2).
D'autres échelles ont été utilisées, qui à l’inverse de celle d’Engel, prennent pour unité la consommation d’un adulte.
Au moyen de ces systèmes, on arrive bien à ramener à une unité commune les dépenses d'alimentation, mais le rapport obtenu ne vaut pas nécessairement pour les dépenses des autres groupes. Etablir une échelle particulière à chaque groupe de dépenses compliquerait extraordinairement la compilation des données. On connaît deux échelles qui ne tiennent pas seulement compte des dépenses de nourriture, les échelles allemande et australinne.
I1 est possible d'évaluer la dépense d’habillement incombant à chaque membre de la famille, il est beaucoup plus difficile de répartir entre eux celles du logement, de l’ameublement, du chauffage, de l'éclairage. Heureusement, il n’est pas indispensable
(1) Voir à ce sujet le tableau donné par «Les méthodes d'enquête sur les budgets familiaux ».
Bit. Etudes et documents — Série N.
(2) « Chaque enfant, jusqu’à un an accompli, compte pour une unité. « Pour chaque année (y compris la première), on ajoute à l'unité «0,1 jusqu’à 25 ans pour les hommes, jusqu’à 20 ans pour les fem- «mes ; en sorte qu’un ménage seul, où la femme a au moins 20 «ans et l’homme 25, représente en quêts 6,50. Un tel calcul n’est «pas artificiel : l'accroissement du ombre des unités correspond «de façon réellement approchée à l’accroissement des hommes en «grandeur et en poids ».
(Maurice Halbwachs — La classe ouvrière et les niveaux de vie, Paris — Alcan 1913, p. 180).
d’avoir rcours à une unité commune lorsque l'enquête n’a d’autre but que de fournir des pondérations pour le calcul d’un nombreindice Et dans bien des cas, on s’est contenté de calculer des moyennes par famille ou par tête.
La troisième méthode d'établissement du nombre-indice du coût de la vie est celle du budget théorique. On fixe l’importance relative des denrées alimentaires selon leur valeur nutritive et selon les quantités minima nécessaires à la vie. Les données de la science médicule permettent de connaître les quantités d’albumine, de graisse et d’hydrates de carbone nécessaires aux adultes des deux sexes, aux vieillards et aux enfants, ces quantités devant leur fournir un nombre de calories déterminé. Une analyse chimique donne la valeur calorifique des aliments, mais la répartition des calories nécessaires entre les trois groupes de substances alimentaires ne peut se faire que si l’on étudie la consommation réelle d’un certain nombre d'individus, de sorte que la méthode du budget théorique se rapproche de celle du budget type.
L'intérêt du budget théorique est qu’il peut fournir une valeur nutritive équivalente à un prix moindre par le remplacement de certains articles d'alimentation saisonniers ou qu’il est impossible de se procurer sur le marché pour une raison quelconque. Aussi, cette méthode a-t-elle été introduite dans les pays de l’Europe centrale lorsque les habitudes de consommation subirent d’incessantes modifications, par suite des difficultés d’approvisionnement et de l’appauvrissement de ces pays.
L'emploi du budget théorique est limité à la détermination des dépenses d’alimentation. Encore est-il nécessaire d’avoir recours aux données du budget-type. Du reste la base sur laquelle il repose, la valeur calorifique des aliments est critiquée : on lui reproche de ne pas tenir compte des goûts du consommateur. Cette méthode n’est qu’un moyen de fortune justifié peut-être en Autriche où elle a été appliquée par l'Office fédéral de statistique avant l'introduction du nombre-indice de la commission paritaire, et en Allemagne. La désorganisation économique était telle que certains articles faisaient défaut ou ne pouvaient être obtenus qu’à