‹ Les Récentes Échelles Mobiles de Salaires Systèmes d'ajustement automatique des salaires au coût de la vieChapitre 41 sur 76 · SON · texte numérisé non relu

SON

pale des arrêts du travail, surtout depuis la fin de la guerre. Déjà en 1917 et en 1918, le nombre des grèves ou suspensions de travail, des grévistes et de l’ensemble des ouvriers atteints par des suspensions de travail avait été plus élevé qu'au cours de la dernière période quinquennale d’avant-guerre, prise comme moyenne. Les quelques chiffres suivants donnent une idée de l’ampleur de ce mouvement.

Nombre de grèvistes dans quelques pays européens

Moyenne

1909-1913 1919 - 1920 1921 1922 Allemagne 226.187 1.906.210 1.338.410 1.287.523 France 233.528 1.150.718 673.906 363.075 Italie 221.097: 1.078.809 11267953 644.564 422.773 Belgique 38.958 158.258 289.190 122.185 85.002 Royaume-Uni (1) 786.034 2.575.000 2.024.000 Suède (1) 69.114 81.041 139.039 Pays-Bas 14.714 99.857 47.027 43.604

On voit que le nombre des grévistes était en 1919 huit fois plus élevé en Allemagne qu'au cours de la période 1909-1913 prise pour base, quatre fois plus élevé en Belgique, cinq fois plus en Italie et en France, près de quatre fois plus en Suisse. Il était en 1920 six fois plus élevé qu'avant guerre en Allemagne, sept fois et demie en Belgique, trois fois en France. Ï

Pour le Royaume-Uni, pour lequel n’existent que des données globales réunissant grévistes et lock-outés, le nombre de ceux-ci est trois fois plus élevé en 1919 et deux fois et demie plus élevé en 1920 qu’au cours de la période de base.

Dans certains pays, cette explosion de grèves survenant au lendemain de la guerre est due — nous avons déjà eu l’occasion de le signaler — à la fois à des mouvements révolutionnaires et au retard dans l’adaptation des salaires. Ailleurs, la part de l’efferves-

(1\ Pour ces deux pays, les chiffres indiqués sont les données globales relatives aux grèves et lock-outs,

Page 1