‹ Les Récentes Théories Monétaires en France: Idée Quantitative et Conflit des MéthodesChapitre 15 sur 59 · PUS · texte numérisé non relu

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diminution du nombre des paiements en monnaie, c’est-àdire du facteur A. (24).

D’après ce qui précède, il serait bien difficile de déterminer quelle part M. Divisia entend faire aux variations de la quantité de monnaie dans l’explication du mouvement des prix. Mais voici qu'il en vient à l'interprétation de phénomènes plus généraux : les crises cycliques, l’action du change sur les prix.

Les crises.

En quelques pages (25) M. Divisia esquisse une « théorie des crises monétaires » à quoi se ramènent, selon lui, toutes les crises périodiques. La période de prospérité, dit-il, est « une période d'inflation caractérisée » (26). Mais la possibilité d'émettre des billets de banque est limitée, de même que l'accroissement de la rapidité de circulation et le développement du crédit bancaire. Au moment où la circulation atteint son plafond, la raréfaction du crédit provoque une concentration des paiements, donc une hausse du facteur A de la loi circulatoire. Pour la compenser, seule est possible une hausse de V, la valeur de la monnaie, donc une baisse des prix : c'est la crise.

Faut-il croire que M. Divisia attribue l’ensemble des mouvements cycliques des prix aux variations de la quantité de monnaie ? Non sans doute, car il conçoit les crises moné- {aires « comme le mécanisme stabilisateur par lequel le niveau général des prix se trouve ramené à une valeur en rapport avec la situation monétaire, lorsque, pour une

(26) Idem, p. 1144.

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cause quelconque il en avait été écarté » (27). L'idée quantitative n’expliquerait donc qu'une des phases du cycle économique : la phase de crise et de dépression. Le rôle attribué au facteur monétaire n’en est pas moins très important.

Le change.

Mais notre auteur en vient enfin à l'étude des phénomènes de change. Le change d'une monnaie sur un pays étranger est, dit-il, « le prix de vente en cette monnaie, sur le marché intérieur, -des lettres de change tirées sur le pays étranger ». « Ces lettres de change, poursuit-il, donnant lieu à des transactions et à des paiements en monnaie, doivent figurer dans l'indice monétaire au même titre que n'importe quel autre article » (28). Il s'ensuit que le change n’a pas sur la valeur de la monnaie l'influence prépondérante que certains pensent : « La place que tient le change en matière monétaire dépend, au premier chef de l’importance que le commerce extérieur tient dans l’économie nationale » (29). Il est évident que les prix intérieurs des marchandises importées ou exportées suivent les variations du change, mais nous ne pouvons connaître directement les répercussions de cette influence sur les prix des autres marchandises (30). C’est encore la loi circulatoire qui va permettre à M. Divisia de donner une solution à ce problème de « l’action mutuelle des variations du change et de la valeur de la monnaie » (31).

Les variations de la valeur de la monnaie entraînent, dit M. Divisia, une variation du change comme de tel ou tel

) Idem, p. 1146.

) Revue d'Economie Politique, 1926, p. 50.

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prix particulier. Cependant cette action peut toujours être altérée par les « circonstances spéciales » au marché considéré. Dans le cas du marché des changes, ces circonstances sont la situation de la balance des comptes et la spéculation. « Si en particulier, écrit M. Divisia, les spéculateurs croient. à la loi quantitative, on pourra voir le change suivre exactement les émissions ef même, dans certains cas, précéder une émission de billets jugée inévitable, ce qui pourra porter à croire que la variation du change a élé la cause de l’émission alors qu'elle n’en aura été que la conséquence anticipée » (32).

Ne voyons-nous pas ici, en quelque sorte, une défense de l’idée quantitative contre ceux qui veulent faire des émissions monétaires non pas une cause des mouvements du change mais un effet de ceux-ci. Mais du point de vue qui nous occupe, l'étude de l’influence du change sur la valeur de la monnaie est encore plus intéressante. Selon M. Divisia, celte influence ne peut être directe, puisque nous possédons dans la fonction circulatoire tous les facteurs de la détermination de la valeur de la monnaie. Ce n’est donc que par l’intermédiaire de l’un de ces facteurs que le change peut agir. Or l'esprit ne voit pas de relation nécessaire entre le niveau du change et la rapidité de la circulation de la monnaie, ni l’activité des paiements. « Nous sommes ainsi amenés à penser, écrit M. Divisia, qu’en règle générale le change n'a aucune action importante et durable. sur la valeur de la monnaie que par l'intermédiaire du facteur Q » (33) c'està-dire de la quantité de monnaie.

Cette action du change se produit différemment suivant que l’on se trouve en régime de cours forcé ou bien de mon-

naie d'or : Tout d’abord, en régime de cours forcé, le change ne peut avoir d'influence sur Q que si la puissance publique se laisse aller à des émissions nouvelles. Si au contraire la situation du budget et de la dette flottante lui permet de résister à celte sollicitation, il se produira un phénomène de crise monétaire. Les demandes de monnaie en vue de régler les achats effectués à l'étranger n'étant pas satisfaites, il devra se produire une baisse des prix et une diminution de Pactivité des affaires. « Ce phénomène tendra à arrêter la hausse des devises tant par la solidarité de tous les prix que par la répercussion qu'il aura sur la balance commerciale du pays » (34).

Il est possible cependant que le change se maintienne audessus du pair en raison de mouvements de capitaux consécutifs au paiement de dettes politiques, ou encore d'ordre spéculatif. Mais alors il se produira une dénivellation entre les prix du commerce extérieur, qui en monnaie intérieure s'élèvent avec le cours du change, et les prix intérieurs qui baissent légèrement. D'où une rente pour les exportateurs et la sollicitation à des exportations nouvelles. Tout cela tendra à « augmenter l'excédent de la balance commerciale jusqu'au niveau nécessaire pour alimenter le prélèvement des devises » (35). Ainsi sera assuré le retour du change à sa valeur d'équilibre.

Dans le cas de pays à monnaie d’or, les mouvements du change auront un effet direct sur la quantité de monnaie en circulation. Ils provoqueront des mouvements de prix, puis de marchandises, ramenant le change à son point d'équilibre (36).

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(34) Idem, D. :

(S5)dem, D:

(36) {dem, p.

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