LATE
en 1931 et publiée depuis : « La mauvaise répartition de l'or dans le monde » (22).
Il n’a d’abord aucune peine à démontrer combien il est absurde d'attribuer aux banques d'émission des pays riches en or le dessein délibéré de restreindre le crédit : ni les banques d'émission, ni les grandes sociétés de crédit, dit-il, ne sont maîtresses de « créer » du crédit à volonté (23).
Mais certaines banques d'émission n’auraient-elles pas du moins empêché les autres de créer normalement le crédit qui leur était demandé, en accaparant les réserves d’or ? Une telle accusation serait injustifiée, répond M. Rist, car « la répartition des réserves d'or dans le monde, telle qu’elle s'effectue sous nos yeux aujourd'hui (en 1930) n'est pas l'effet d'une politique des gouverneurs des banques d’émission mais d’un ensemble de circonstances qu'il n’était pas en leurs pouvoirs de contrôler » (24). M. Rist croit que les mouvements de l'or entre les nations sont des phénomènes « spontanés ». Il reste fidèle en cela à la théorie classique de Ricarde dont « l'exactitude, dit-il, ne semble pas avoir été affectée par les faits récents » (25).
Mais il faut alors expliquer comment le mécanisme de l’étalon-or, sans être « faussé » en aucune manière, a pu aboutir à une répartition de l’or aussi inégale. M. Rist a recours ici à deux idées que nous croyons pouvoir dégager des développements plus fragmentés apportés au cours des articles que nous avons cités
En premier lieu, l’étalon-or a dû fonctionner, à la suite de la guerre, dans des circonstances extraordinaires. Les