‹ Les Récentes Théories Monétaires en France: Idée Quantitative et Conflit des MéthodesChapitre 26 sur 59 · HO · texte numérisé non relu

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lui-même M. Aftalion, que les classiques « invoquent une tendance à l'entière uniformité du niveau des prix dans les divers pays. Ils reconnaissent l'existence d’inégalités dues à nombre de facteurs, en particulier à la proximité plus ou moins grande des lieux d’où l'or est extrait. Par prix en équilibre dans le monde, il faut sans doute entendre des prix tels qu'il n’y ait entre eux que ces inégalités dues à des facteurs quasi-permanents. » (23).

Quoi-qu'il en soit, s’il y a un équilibre des prix, il y à un équilibre des échanges internationaux, déterminé par les avantages trouvés par les particuliers à l'achat de certaines marchandises dans les pays étrangers plutôt que dans leur propre pays. Il y a donc équilibre de la balance des comptes et des échanges. Comme les classiques soutiennent, d’autre part, que les prix nationaux dépendent de la quantité de monnaie existant dans le pays, c’est-à-dire principalement de la, quantité d’or, l'équilibre des prix implique donc aussi un équilibre dans la distribution mondiale de l’or.

La théorie psychologique du change.

M. Aftalion va détruire cet échafaudage. Tout d'abord dans la seconde partie de son livre « Monnaie, prix et change », s’opposant aux « théories dominantes du change », théorie de la balance des comptes et théorie de la parité des pouvoirs d'achat, 11 construit sa théorie psychologique du change : le change, dit-il, dépend de l’appréciation que nous portons à l'égard de l’unité de monnaie nationale et de l’unité de monnaie étrangère, c’est-à-dire de ce que nous « attendons » (24) de chacune, de ce que nous espérons en obtenir.

(23) L'or et sa distribution mondiale, n. 9.

(24) Monnaïe, prix et change, p. 291.

Nous désirons la monnaie étrangère soit pour faire l'acquisition d’une marchandise, soit pour régler des dettes, soit parce que nous prévoyons une modification de sa valeur. La courbe de la demande de chaque individu se détermine done, en définitive, d’après « ce qu'il attend de la dernière unité qu'il acquiert » (25).

Les courbes d'offre et demande de monnaies étrangères se lotalisent sur le marché des changes en deux grandes courbes collectives et le prix unique du marché se fixe au point où elles se croisent. Ainsi le cours du change sera fondé non seulement sur la balance des comptes, les mouvements de capitaux, facteurs quantitatifs déterminant des nécessités de règlements, mais sur des facteurs qualitatifs, modifiant directement les appréciations relatives portées sur l’unité de monnaie nationale et l'unité de monnaie étrangère.

Les variations de la circulation monétaire nationale peuvent modifier la valeur attribuée à l'unité de monnaie nationale, soit en faisant varier les prix intérieurs, soit directement dans l'esprit des étrangers ou des nationaux (qui font alors sortir ou rentrer leurs capitaux). Plus encore, ce sont les simples prévisions quant aux mouvements de la circulation qui font varier le change. En régime de papier monnaie, le change est donc indéterminé (26). « Il n'est point pour le papiermonnaie de niveau normal du change » (27). C'est d’ailleurs ce que permet de vérifier l'expérience française d’après guerre (28).

On ne peut en dire autant pour les régimes monnaieor, car les facteurs qualitatifs du change sont étroitement

Idem, p. 295.

Idem, p. 334-338.

idem, p. 388.

Idem, p. 326-329.

liés dans ce cas à un élément stable: le poids d’or contenu dans les monnaies échangées. « Ce qu'on attend d’une unité de monnaie étrangère, écrit M. Aftalion, ne peut pas dépasser ce qu’on attendrait d'une monnaie d’or nationale de même poids transportée à l'étranger » (29). La détermination du cours précis du change relève bien toujours de la théorie psychologique, mais les variations des cours sont étroitement limitées par les gold-points (30).

La distribution de l'or.

Suffirait-il donc que les régimes de convertibilité des monnaies en or fonctionnent dans l’ensemble des pays pour que toute la conception classique de l’équilibre soit exacte ? Non, pense M. Afitalion, car lä conception de l’égale répartition de l'or n’est pas acceptable; c’est ce qu’il démontre dans son ouvrage L'or et sa distribution mondiale.

Dans la conception classique, c’est la quantité d’or existant dans un pays qui détermine la quantité de monnaie en circulation. D'autre part, la circulation détermine les prix. Comme ceux-ci doivent réaliser un certain niveau d’équilibre entre les pays, en raison des possibilités d'échanges de marchandises, l’or doit se répartir suivant des proportions déterminées.

Contre cette conception, M. Aftalion met en évidence que c’est le cours du change qui détermine les entrées ou les sorties d’or d’un pays. L'or se dirige vers les pays où il a sa plus haute valeur dans les opérations de change (31).

(29) Idem, p. 329.

(30) Idem, p. 332.

(31) L’or et sa distribution mondiale, p. 42-50. Dans son dernier ouvrage « /?Or et la Monnaie » (Domat-Montchrestien, 1938),

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Pour les classiques, cette remarque n’avail pas une importance considérable, le change étant un aspect passif des relations internationales, commandé par le niveau des prix dans les différents pays, et normalement en équilibre. Mais la théorie psychologique nie cette tendance à l'équilibre des prix et cette dépendance du change à l'égard des prix intérieurs. Elle fait du change un facteur autonome, l’un des plus actifs dans la détermination des échanges inlernationaux. Les mouvements de l'or vont donc obéir aux mêmes facteurs qui déterminent le change : la balance des comptes, les mouvements de capitaux et le taux de l’escompte en tant qu'il agit sur ces derniers, enfin les facteurs psychologiques du change (32). Même dans un régime de monnaie convertible, le change obéit à ces facteurs psychologiques; ses variaions sont limitées par les gold points, mais elles sont suffisantes pour entraîner des mouvements d’or considérables. Cest ce qui s'est produit en Allemagne notamment, à plusieurs reprises, dans les années 1929-1930-1931.

Cette théorie, déclare M. Aftalion (35), donne la véritable explication de la distribution inégale de l’or dans l'après guerre , particulièrement de son accumulation aux Etats- Unis entre 1920 et 1927, en France de 1927 à 1929. Toutes les autres explicalions, notamment par la « strilisation » de

l'or, sont insuffisantes.

M. Aftalion estime « plus élégant » d'énoncer que l'or va dans le pays où il ableint son plus haut prix. Mais il s’agit de son prix en raonnaie que M. Aftalion distingue soigneusement de son pouvoir d'achat.

(32) L'or et sa distribution mondiale, p. 49.

(33) 1dem, p. ONG

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Les relations économiques

internationales.

Mais le problème de la distribution de l'or n’est qu'un aspect du problème plus vaste des relations économiques internationales, auquel M. Aftalion vient de donner des solutions d'ensemble de la plus haute portée dans son livre L'équilibre dans les relations économiques internationales (34)

Dans cet ouvrage capital, que nous regrettons de ne pouvoir analyser longuement. M. Aftalion s'attache tout d'abord à critiquer loules les théories de l'équilibre automatique de la balance des comptes entre les nations : théorie du troc de J.-B. Say, puis action des mouvements de l'or, des mouvements de capitaux, jeu du taux de l’escompte, mouvement du change.

Le nœud de cette critique c'est toujours le rejet de la conception passive des prix, de la théorie quantitative. Chemin faisant, M. Aftalion ne manque jamais de mettre en avant de nombreux faits contemporains qui lui paraissent incompatibles avec les théories de l'équilibre automatique de la balance des comptes.

Cependant il en vient bientôt à la partie constructive de son ouvrage : la « Théorie positive en rééquilibre de la balance des comptes ». Pour lui, il y a bien un stimulant naturel à cet équilibre : c’est l'inégalité entre le revenu national et la valeur de la production nalionale, se réalisant en cas de balance des comptes déficitaire ou excédentaire; car s'il y a un excès d’exportations, c’est-à-dire de ventes à l’étranger, une part du revenu national, se trouvant inemployée, tend à entraîner de gros achats à l'étranger qui peuvent contribuer à une résorption de l'excédent. Mais cela

{34) Domat-Montehrestien, 1937.

n’est qu'un stimulant. De nombreux obstacles arrêtent très souvent son action : inflation monétaire, emprunts et placements extérieurs, rapatriement de capitaux, paiement du déficit de la balance par des réserves de valeurs mobilières étrangères, de devises et d’or, ou encore par des emprunts extérieurs, l’action de tous ces facteurs étant elle-même dominée par les conditions psychologiques, politiques, les changements de structure dans l'économie des peuples et les variations de la conjoncture. Le jeu des prix, enfin, n’est pas l'intermédiaire indispensable à l’action des facteurs d'équilibre ou de déséquilibre dans la balance des comptes. Les échanges de marchandises peuvent grandement varier sans grand changement dans les prix.

L'histoire de la balance des comptes de la France et de l'Allemagne depuis la guerre confirme pleinement, selon notre auteur, cette théorie de la balance des comptes, cette absence d'équilibre automatique, qui d’ailleurs se constate également pour la balance des paiements (35). Certes les cas de déséquilibre dans cette dernière sont plus rares, et constituent de graves crises. Mais la Russie en a donné un exemple retentissant et, dans l’après guerre, cerlains pays balkaniques et sud-américains n'y ont pas échappé. Enfin, de ce point de vue, l'Allemagne s’est trouvé dans une situation très dangereuse après 1927.

(35) M. Aftalion a donné une précision nouvelle, dans le langage économique, à ces notions de balance des comptes et de balance des paiements.

Voici ses définitions : Balance des comptes : « Balance des créances et des dettes nés des échanges et marchandises et de services dans l’année considérée et résultant d'opérations ou de faits antérieurs qui ont donné ‘ieu à réglement dans ladite année ».

Balance des paiements : « Balance de toutes créances et dettes qui donnent lieu à réglement entre un pays et l'étranger ».

Dans la dernière partie de son ouvrage, M. Aftalion examine la question des relations économiques internationales sous l’angle de l'équilibre mondial des prix. Certes, il constate bien un certain parallélisme dans l’évolution des prix (36) des différentes nations. Mais « cette tendance, dit-il, n’exclut pas des modifications profondes dans les niveaux relatifs des prix des divers pays, impliquant constitution de nouveaux équilibres des prix mondiaux ». Les équilibres se constituent sous l’action de quatre facteurs (37) :

1) L'influence psychologique des prix extérieurs;

2) L'influence psychoiogique des revenus;

3) Les déplacements internationaux des marchandises;

4) L’interdépendance des prix intérieurs.

Ainsi, sans négliger l'influence des échanges de marchandises, M. Aftalion met en évidence le fait que les individus qui sont en relation commerciale avec l'étranger réagissent devant les mouvements des prix extérieurs, et même tous événements susceptibles d'agir sur ces prix. Ces réactions se transmettent à l’ensemble des nationaux, principalement par l'intermédiaire des modifications dans les revenus. Nous retrouvons ici tous les éléments de la conception de notre auteur sur la formation des prix. Ceux-ci ne sont, en aucune manière, le simple résultat de conditions matérielles telles que l'importance relative des marchandises et des unités monétaires en présence; ils sont avant tout un produit Spontané de la psychologie des acheteurs et vendeurs individuels, psychologie basée principalement sur des considérations de revenu et sur la prévision.

(36) M. Aftalion borne son étude aux prix de gros. (SDRODACIT, ep 1695:

Les théories psychologiques de la monnaie et du change détruisant la vieille conception de l'équilibre dans les rapports économiques, il resterait cependant dans le mouvements des prix certaines régularités, principalement les mouvements cyeliques et de longue durée. On devrait peut-être s’efforcer d'en découvrir des explications générales avec d'autant plus d’ardeur que l’on s’écarterait des théories de l'équilibre. Dans cette recherche l'influence de la quantité de monnaie ne retrouverait-elle pas un rôle prépondérant ?

A celte interrogation, l’œuvre de M. Aftalion répond par la négative. Nous y trouvons, en effet, la critique de la théorie quantitative transportée sur le plan de l'explication des mouvements cycliques el de longue durée des prix.

Les crises et la monnaïe.

M. Aftalion explique les crises, à partir de l’idée d'intensilé décroissante des besoins, par une surproduction de marchandises, une « saturation relative » survenant périodiquement en raison de la technique moderne de production (88). Mais avant de développer sa propre théorie, il a le scuei de répondre, d'avance, aux objections que l’on pourrait lui faire, en particulier au nom de la théorie quantitative.

Une baisse générale des prix, dirait-on d'abord, ne peut être due qu’au facteur monétaire, à l’insuffisant accroissement du stock métallique. A cette première objection, M. Aftalion répond en montrant les nombreuses discordances

(38) CF. Les crises périodiques de surgroduction et aussi : Les crises économiques et financières. Recueil des cours de l'Académie de Lroit international de La Haye, {. 39.

entre les variations du stock métallique et les prix, soit pour la France, soit pour le monde (39).

Mais l’objection quantitative peut prendre une autre forme: le facteur à envisager serait l’importance relative du stock monétaire par rapport aux quantités de marchandises, c’està-dire le besoin de monnaie. Contre cette allégation, M. Aftalion met en évidence que la période de prospérité est une période de pénurie monétaire se traduisant par la hausse du taux de l’escompte, la réduction de l’encaisse, l'accroissement de la circulation des billets à découvert. Au contraire, la dépression est une période de pléthore monétaire. Si donc cette abondance coïncide avec la baisse des prix, el la pénurie avec la hausse, il y a là des dérogations à la théorie quantitative qui « surviennent régulièrement, périodiquement, font partie de l’ensemble des traits spécifiques des cycles économiques » (40).

Il est vrai que si l’on regarde seulement les jours de la crise proprement dite, et la période de passage de la dépression à la prospérité, la contraction monétaire el la surabondance monétaire correspondent aux mouvements des prix. Mais, dit M. Aflalion, ce qu'il faut expliquer c’est l'ensemble du cyele et non seulement ces deux instants (41). L'objection n’est donc pas valable.

Dira-t-on encore qu'un énorme surplus de métaux précieux jetés dans la circulation en même lemps que la surproduction de marchandises empêcherail la crise ? « Il n'en résulte pas cependant, répond M. Aftalion, qu’une telle invasion de monnaie autorise à voir la cause de la crise dans l'insuffisance monétaire. S'il est, par exemple, des maladies

(39) Les crises périodiques de surproduetion, L. I, p. 298 el s. (40) Idem, &. IT, p. 305.

CH) TdEn et en 615

d'origine microbienne qui pourront être évitées un jour par l'administration de certains remèdes, la cause de la maladie, en attendant, consiste dans l'invasion microbienne et non dans le défaut de remèdes. La crise doit être attribuée à la surproduction de marchandises et non pas à la disette de monnaie » (42).

Enfin si même l’on admet, avec IL. Fisher, l'étroite correspondance entre les prix et le facteur monétaire au sens très large, comprenant la vitesse de circulation, il ne s'ensuit pas que c’est ce facteur monétaire qui entraîne toujours Îles prix (43).

Les mouvements de longue durée des prix.

Lorsqu'il développait sa théorie des crises M. Aftalion ne voyait pas de raison péremptoire de rejeter la théorie quantitative dans son ensemble (44). Il se demandait même si elle ne prendrait pas sa revanche en ce qui concerne les mouvements de longue durée des prix (45). Mais, bien que, depuis la guerre, en effet, de nombreux auteurs aient attribué ces mouvements de longue durée aux fluctuations de la production de l'or, dans ses ouvrages récents, M. Aftalion demeure assez réticent sur ce point. Dans Monnaie et Industrie, 11 fait remarquer que Îles prévisions quant aux mouvements des prix que l’on pourrait fonder sur la production de l’or « se basent sur des théories qui ne sont pas universellement admises et que beaucoup pourront tenir pour problématiques ». « Des facteurs étrangers à la

(42) Idem, t. II, p. 317.

(43) Idem, t. II, p. 323-328.

(44) Idem, t. II, p. 302.

(45) Idem, t. II, p. 318-3821.

Pa! (4 bte

production de l'or, ajoute-t-il, sont susceptibles d'agir dans le sens qu'on prête à cette dernière » (46).

Dans l’Or et sa distribution mondiale, M. Aftalion reconnaît « l'influence possible de la production de l'or sur les mouvements de longue durée des prix mondiaux » (47). Il l'explique de la manière suivante: « les progrès techniques et la tendance à l’accroissement de la production de marchandises, dit-il, constituent des facteurs quasi permanents de baisse des prix. Mais cette tendance à la baisse se trouve mise en échec aux époques où augmente fortement la production de l'or. Lorsque croit grandement l'extraction de l'or, cette progression entraîne augmentation du revenu pour les pays producteurs d’or et par suite amplification de la demande, hausse des prix pour ces pays. Mais la hausse des prix dans les contrées productrices d’or gagne ensuite les pays non producteurs d’or », sous l'influence des

« facteurs qui poussent à une certaine uniformité dans le mouvement mondial des prix » (48) (c'est-à-dire dans les pays non producteurs d’or : hausse des prix des produits importés, accroissement de certains revenus).

Ces vues sont exposées de nouveau dans L'équilibre des relations économiques internationales (49). Maïs elles ne sont pas encore présentées comme « une solution certaine » du problème des mouvements de longue durée des prix.

Ce qu’il nous faut surtout remarquer c’est, qu’en admettant l'explication des mouvements de longue durée par la production de l'or, M. Aftalion ne se rallie pas à la théorie quantitative. Selon sa conception, en effet, l'or n’agit pas sur

(46) Monnaïîe et Industrie, p. 172.

(47) L'or et sa distribution mondiale, p. 178-184. (48) Idem, p. 179.

(49) Idem, p. 399 et 400.

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le niveau des prix par sa masse, mais comme un facteur dynamique qui donne aux revenus une impulsion (50). On ne peut aucunement prétendre mesurer les variations des prix par celles du stock d’or. L'augmentation de la production de l'or n'est qu'une force intermittente qui joue à côté de bien d’autres : les inventions techniques, les mouvements des changes, etc.

Comme d'autre part on ne peut pas davantage prétendre rattacher les prix au montant des revenus par un lien de proportionnalité, on doit considérer que le mouvement des prix échappe à toute explication d'ordre mécanique, comportant un lien plus ou moins complexe avec des facteurs mesurables. Il est essentiellement un mouvement historique, quelque soit le cadre de temps et d'espace considéré. « Pas de loi rigoureuse, écrit M. Aftalion, qui rattache le niveau des prix à la quantité de monnaie en circulation au même moment. Mais plutôt une explication historique. Le niveau des prix dépend des événements écoulés et des résultats variables auxquels ont abouti dans le passé actions et réactions successives. Le montant de Ja circulation demeurant ce qu'il est, imaginez une autre histoire pour la France, un développement plus favorable du problème des réparations, d’autres mouvements du change : le niveau des prix eut été bien différent » (51).

Selon M. Aftalion le facteur quantité de monnaie n’a done pas une influence prépondérante dans l’explication du mouvement des prix. Il n’explique aucunement les variations cycliques. Quant aux mouvements de longue durée, un facteur voisin de la quantité de monnaie, l’augmentation de

(50) M. AFTALION à son cours, 1936-37.

(51) Monnaïe, prix et change, p. 194.

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