‹ Les Récentes Théories Monétaires en France: Idée Quantitative et Conflit des MéthodesChapitre 29 sur 59 · ARS · texte numérisé non relu

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et de la monnaie scripturale en circulation varie d'une manière parallèle au taux d’accroissement du stock d'or. Dressant la courbe, d'une part, du montant des billets en cireulation et des comptes courants particuliers de la Banque de France, puis de la valeur des avances el escomptes de la Banque de France, enfin du montant des dépôts et comptes courants créditeurs des grands établissements de crédit, il met en évidence que ces trois facteurs se développent suivant un rythme qui correspond étroitement à celui de l’accroissement du stock d’or (25).

Poussant plus loin sa démonstration (26), notre auteur

naie, élant représentée par le montant de l’encaisse métal-

calcule les variations du rapport la quantité de mon-

lique de la Banque de France; M}, le crédit, étant représenté par le montant des dépôt et comptes courants des grands établissements de crédit, plus les billets el comptes courants particuliers de la Banque de France, moins l’encaisse des

grands établissements de crédit.

Le rapport diminue de 1848 à 1871, augmente jusqu'en 1885. diminue de nouveau jusqu'en 1943. Il est donc prouvé que non seulement les mouvements de crédit ne contrecarrent pas l’action de l'or, mais qu’ils l’accentuent, puisque l'accélération de l’accroissement du crédit est plus rapide que ceile de la quantité de monnaie quand la production de l'or augmente rapidement et inversement.

(25) Or, prix, crédit, tirage à part, p. 4-10. (26) Mouvement de longue durée des prix el extraction des métaux précieux, p. 127-128.

de

Mais M. Marjolin se propose de surmonter encore une seconde objection : il veut prouver que les variations dans la quantité des instruments de paiement ne sont pas corrigées par des variations en sens inverse de la vitesse de circulation de la monnaie. Dans ce dessein, il calcule la vitesse de circulation du crédit, c’est-à-dire des comptes courants particuliers de la Banque de France et des dépôts et comptes courants créditeurs en général (27). Les variations de vitesse de circulation du crédit lui paraissent tout à fait parallèles à celles de son volume et, ajoute-t-il, « rien ne nous permet de douter qu'il en soit de même pour la monnaie métallique et les billets de banque » (28). La dernière objection à l'explication monétaire du mouvement des prix lui semble ainsi réfutée.

Pourtant notre auteur se préoccupe d'ajouter à sa démonstration statistique, ce qu'il appelle une « étude concrète de l’action de la monniae sur les prix » (29) c’est-à-dire une exposition du mécanisme qui réalise cette action : La production de l'or, dit-il, augmente le pouvoir d’achat des pays producteurs d’or et ainsi détermine la hausse des prix, comme l’a indiqué M. Aftalion. Cette hausse, jointe à une augmentation des transactions, nécessite un accroissement du crédit qui est rendu possible, précisément, par l’augmentation des encaisses métalliques des Banques d'Emission.

M. Marjolin apporte donc une nouvelle contribution à la

théorie quantitative, dont il se présente lui-même comme un

(27) Or, prix, crédit, p. 10-11.

(28) Idem, p. 11.

(29) Mouvements de longue durée des prix et extraction des métaux précieux, p. 129-144.

défenseur. Néanmoins, il a soin de marquer très nettement les limites dans lesquelles il entend contenir son explication. S'il utilise la courbe des prix français, c'est qu'il la considère « comme reflétant, dans ses grandes lignes, les mouvements d’une courbe internationale idéale » (30). Il ne défend donc pas la théorie quantitative sur le plan national. D'autre part, il ne prend aucunement parti en faveur d’une théorie monétaire des fluctuations cycliques des prix. Au contraire, le rythme cyclique lui apparaît comme un phénomène perturbateur qui vient gèner l’action de l'or et se trouve donc responsable des imprécisions qui subsistent dans l’explication monétaire des mouvements séculaires (31). Au total, suivant ses propres déclarations, il nous présente une « théorie quantitative internationale des mouvements de prix de longue durée » (32).

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