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ralentir ou limiter la création de la monnaie sous ses différentes formes » (29). Le calcul de la quantité de monnaie est
ainsi rendu plus facile, semble indiquer notre auteur.
Il reste maintenant à indiquer les moyens de calculer la vitesse de circulation de la monnaie. On peut concevoir d’abord, dit-il, une mesure directe : elle consisterait à « diviser le total des règlements effectués à l’aide (d’un) stock monétaire pendant l'unité de temps par son montant moyen pendant la même période ». Cela est impossible pour la circulation billet, mais au contraire n’est pas irréalisable pour la circulation crédit. M. Rueff croit, en effet, que le montant des effets présentés à la Chambre de Gompensation représente une fraction sensiblement constante du montant des unités monétaires transférées par chèque ou ordre de virement. Cela tient à la stabilité des habitudes individuelles en matière de paiement (le nombre relatif d’endossements doit rester à peu près constant) et aussi à la permanence de la répartition des déposants entre les différentes banques du pays (elle garantit la stabilité de la proportion des virements effectués sans l’intermédiaire de la Chambre de Compensation). M. Rueff donne une vérification expérimentale de cette stabilité en montrant que le montant quotidien des effets présentés à la Chambre de Compensation des banquiers de Paris, varie comme celui des virements intérieurs de la Banque de France. La vitesse de circulation de M’ pourra donc être obtenu en calculant le « quotient du montant des effets quotidiennement présentés à la Chambre de Compensation des banquiers de Paris, par le total des
(29) Idem, p. 130.
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soldes créditeurs des comptes courants et de dépôt des quatre grandes banques à bilan mensuel » (30).
Mais il est encore, et cette fois pour toutes les formes de monnaies, une méthode de mesure indirecte de la vitesse de circulation : « Comme l'observation d’un nombre suffisant de molécules isolées, écrit M. Rueff, pourrait renseigner si l’on en prenait la moyenne, sur la température du gaz qu’elle constitue », on peut calculer la vitesse de circulation de la monnaie à partir de la vitesse d'écoulement d’un certain nombre de stocks monétaires. Fisher l’a fait pour des encaisses particulières. On pourrait opérer de même, selon notre auteur, sur les caisses publiques ou les crédits de banque.
C'est pourtant à la méthode directe, que se confie notre auteur pour un essai d'application : il calcule en particulier les variations de la vitesse de la circulation crédit pour les périodes 1920 - 1925 et 1900 - 19143 et s'aperçoit qu'elles sont très considérables. Elles concordent avec le mouvement des prix dans son évolution cyclique, montrant en outre un mouvement d’accroissement continu qui accompagne la généralisation de l'emploi des crédits de banque. M. Rueff en conclut « que c’est beaucoup plus par variation des vitesses de circulation que par variation du montant des stocks monétaires que se trouve à chaque instant satisfaite l'équation des échanges » (31).
Premier aperçu statistique.
Notre auteur, croit donc désormais nous avoir mis en possession des instruments suffisants pour mesurer l’équa-
(30) Idem, p. 146.
(81)M Idem. p. 157:
sors
tion des échanges. Mais avant de poursuivre son traité il s'arrête encore à nous donner des « présomptions stalistiques » (32) en sa faveur. Elles sont utiles non comme vérification expérimentale de l'équation (elle n’en a pas besoin) mais parce que « sa forme approchée, la théorie quantitative de la monnaie, a été discutée sur le plan statistique ». Nous voyons done que cette théorie rentre encore dans les préoccupations de M. Rueff : en réalité son souci est maintenant de se situer plus exactement par rapport à elle.
Il calcule successivement chaque terme de l’équation de l'échange : d'abord le produit M'V’ (qui est censé représenté à lui seul les variations de M V + M’V'’), puis le produit P Q, pour la période 1920-1925. Les variations des deux termes superposées sur un même graphique se montrent très suffisamment semblables, étant données les imperfections du calcul, pour que l’on en puisse tirer « une présomption expérimentale extrêmement forte en faveur de l'équation des échanges » (33). On ne pourrait au contraire en retirer, poursuit M. Rueff, aucune confirmation de la théorie quantitative sous sa forme « classique », ou « simpliste », c’està-dire lorsqu'elle affirme « l'existence d’une relation de proportionnalité entre le niveau des prix et le nombre des unités monétaires en circulation » (34), en négligeant les variations des vitesses de circulation et de l’activité des échanges. Confrontant, en effet, sur un même graphique les variations de l'indice des prix de gros et le montant des billets de banque en circulation pour la période 1920-1925, M. Rueff n’a pas constaté de parallélisme entre les deux courbes. Aussi sa conclusion est-elle la suivante : « Nous
(32) Idem, p. 158 et suiv.
(33) Idem, p. 163.
(34) Idem, p. 165.