‹ Les Récentes Théories Monétaires en France: Idée Quantitative et Conflit des MéthodesChapitre 42 sur 59 · RAS · texte numérisé non relu

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Ce premier argument contre l’idée quantitative est renforcé par un second. En fait, si l’on suit l’histoire de la valeur de la monnaie, ou l'histoire du mouvement général des prix, on s'aperçoit qu’il n'eut à aucun moment été possible de déterminer son évolution prochaine d’après le rapport entre les emplois évalués en quantités physiques et les quantités des moyens monétaires. Nous savons. en effet, que tantôt les quantités M des moyens monétaires ayant augmenté fortement, les emplois exprimés par la quantité E des marchandises produites ont peu augmenté : ce sont nos phases A de baisse de la valeur de la monnaie. Par contre, dans d’autres cas, M augmentant peu, E augmente fortement: ce sont nos phases B de hausse de la valeur de la monnaie. Qu'est-ce à dire, demande Simiand, sinon qu'à aucun moment dans l’histoire de la valeur de la monnaie, il n’eut été possible de prévoir l’évolution prochaine de cette valeur en comparant les quantités présentes sur le marché des marchandises et sur celui de la monnaie. Donc, conclut-il, « cette thèse quantitative se montre radicalement erronée en pensant tirer d’un rapport entre des quantités physiques une valeur économique : si cette valeur économique varie alors, elle varie seulement par le fait du retentissement de ces mouvements physiques dans l'esprit et sur les actions et réactions des hommes » (16).

Quel est donc le vrai fondement de la valeur de la monnaie à base de métal précieux ? Elle a été adoptée, répond Simiand, non pour des raisons de commodité, mais parce qu’elle représente un pouvoir, magique d’abord, puis simplement social. Elle est un signe de puissance et sa valeur se fonde sur la confiance persistante dans la puissance qui

(16) Op. cit., p. 43.

lui est attachée, « confiance, qu'à toute une partie du monde et en certains cas le monde entier en sa propre universalité future, quant à un trait persistant et séculaire de son universalilé passée » (17). En conséquence, « toute la monnaie est fiduciaire », « l'or à ce jour n'est que la première des monnaies fiduèiaires » (18).

A vrai dire, l'or a pourlant une certaine primauté sur les autres monnaies employées jusqu'à notre temps. Simiand l'attribue 1°) À ce que la confiance sur laquelle il repose est plus universelle que pour aucune autre monnaie. R°) À ce que des quantités disponibles ne dépendent pas comme pour les autres monnaies des velléités humaines (19). Cela n'empêche que le fondement de sa valeur et de son rôle est le même que pour toute autre monnaie : « une croyance el une foi sociale qui est une réalité sociale » (20).

Ce n’est pas tellement la fonction de la monnaie comme mesure des valeurs qu’il faut mettre au premier plan que sa fonction d'anticipation sur des valeurs futures. Ce sont ces idées que l’économiste devrait avoir toujours présentes « Ce n’est pas la représentation monétaire qui est un voile devant les phénomènes économiques véritable: c’est l'effort pour se dégager et se passer de la représentation monétaire qui élève un voile obseurcissant el de façon irrémédiable sur la vision et l'intelligence de ces phénomènes économiques véritables » (24).

Nous croyons que Simiand a parfailement raison, sur ce terrain, de s'opposer aux partisans de l’idée quantitative el

) Idem, p. 46.

) Idem, p. 46.

) Of. cit., p. 46-47.

) Idem, D. 48.

(21) Idem, p. 56.

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