L'INSUFFISANCE DES EXPLICATIONS MÉCANISTES DES PHÉNOMÉNES MONÉTAIRES
Parmi les auteurs récents que nous avons étudiés, il semble que ce soient les théoriciens de « l'économie politique rationnelle » qui utilisent de la manière la plus large et la plus stricte l’idée quantitative. Elle est un élément essentiel dans leur conception de la formation des prix puisque ceux-ci, d’après eux, sont soumis passivement à l'influence d’un certain nombre de facteurs agissant mécaniquement, parmi lesqules la quantité de monnaie. Nous avons vu encore que chez MM. Rueff et Divisia, nombre de phénomènes monétaires s'expliquent exclusivement à partir de la quantité de monnaie : rétablissement de l'équilibre des changes, hausse des prix en période d'inflation, et jusqu'aux crises cycliques.
Nous avons rencontré déjà nombre d’objections opposées à ces explications mécanistes. Il nous semble que la racine la plus profonde de cette critique doit être cherchée dans un aspect des théories de MM. Rueff et Divisia, sur lequel, dans notre exposé objectif, nous n’avons pas insisté davantage que nos auteurs eux-mêmes.
Est-il parfaitement rigoureux d’énoncer, comme le font nos auteurs, que la masse des paiements effectués dans l’année est égale à la somme des prix des marchandises échangées dan la même année ?
Une objection s'impose immédiatement : avant le début de l’année il y a eu des échanges qui n’ont pas été réglés