‹ Les Récentes Théories Monétaires en France: Idée Quantitative et Conflit des MéthodesChapitre 48 sur 59 · D” — D?’ = PQ · texte numérisé non relu

D” — D?’ = PQ

Mais cette nouvelle forme de l'équation nous montre avec

évidence que les termes P et Q ont changé de sens lorsqu'on à

introduit le terme D” — D’. P, en effet, n'est plus que l'indice des prix des marchandises payées dans l'unité de temps et Q l'indice des paiements.

L'équation des échanges n'est vraie que si l’on peut confondre indice des prix des marchandises payées et indice des prix des marchandises vendues, et d'autre part indice des paiements et indice des transactions. Or, nous savons que cela n’est plus possible si l’on prend une unité de temps suffisamment courte.

La même objection de l'existence des paiements différés vaut à l'égard de la loi circulatoire de M. Divisia. Celui-ci nous prévient lui-même qu'en toute rigueur dans sa formule

V Se :

ee (....) = K, le facteur A représente l’activité des paie-

ments et non celle des transactions. « Mais, dit-il, les conditions ordinaires du crédit commercial produisent en temps normal un décalage constant entre les transactions et les paiements, de telle sorte que l’activité des paiements peut en général être remplacée dans la formule circulatoire par celle des transactions » (2).

Nous avons déjà dit, à propos de l’équation des échanges, qu’il ne nous semblait pas possible de nous contenter de cette approximation. Il nous faut donc prendre le facteur À dans son sens strict, celui d'activité des paiements. Mais ce que M. Divisia ne nous montre pas, c’est que dans ce cas, la signification du facteur V se trouve aussi radicalement modifiée, Il ne représente plus la valeur de la monnaie, c'est-à-dire le niveau des prix tel qu’il résulte des ventes effectuées dans l'unité de temps, mais la moyenne des prix dans les échanges qui ont donné lieu à paiement au moment considéré. La loi circulatoire signifie donc simplement que dans

(2) Revue d'Economie Politique, 1925, p. 1138.

un intervalle donné, il y a eu assez de monnaie pour réaliser les paiements qui, en fait, ont été effectués. Elle se place tout à fait en dehors du véritable problème de la détermination de la valeur de la monnaie, et ne représente rien de plus qu’une tautologie.

Si au contraire on veut que l’activité des transactions, et la valeur de la monnaie, au sens courant, soient représentés par la loi circulatoire, comme d’ailleurs par l'équation des échanges, il faut bien remarquer que ces formules ne sont pas rigoureusement exactes pour toute unité de temps. Cela nous paraît capital, car désormais, nous ne pouvons plus dire, en toute rigueur, que la valeur de la monnaie, qui est exprimée par l'inverse de l'indice des prix des marchandises vendues dans une unité de temps, est définie à chaque instant par la circulation monétaire et l’activité des transactions. Si l'on admet qu’à un moment la valeur de la monnaie n'est plus liée étroitement aux facteurs de l'équation de l'échange, il devient légitime et nécessaire de rechercher à quelles influences directes elle répond alors.

Sans doute, on pourrait essayer d'analyser les causes qui modifient la différence D” — D”, jies chercher en particulier du côté des raisons qui poussent à l’augmentation ou à la diminution des crédits consentis. En somme on aboutirait à intégrer dans l’équation de l'échange un facteur GC qui serait le coefficient de crédit, exprimant la plus ou moins grande propension des vendeurs, pendant l'unité de temps, à consentir des paiements différés. Mais ce facteur est trop directement psychologique, nous semble-t-il, pour que l’on puisse appeler mécaniste, une explicalion qui en tiendrait compte. Nous préférons reconnaître dès maintenant que les explications mécanistes ne pourront jamais parvenir à interpréter intégralement le mouvement des prix.

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