‹ Les Récentes Théories Monétaires en France: Idée Quantitative et Conflit des MéthodesChapitre 50 sur 59 · RE · texte numérisé non relu

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Cette idée repose sur une analyse très insuffisante des fonc-

tions de la monnaie.

De tout temps, en effet, le métal monétaire outre sa fonction comme moyen de circulation a élé utilisé comme une réserve de valeur. Cela était (très net aux époques de circulation purement métallique, puisque l’état ou les particuliers se constituaient des trésors de métaux précieux.

Avec l'apparition des banques d'émission et de la circulation-billets, c’est désormais l’encaisse de la banque d’émission qui joue le rôle de réserve. Les stocks de métal détenus par la banque d'émission sont véritablement une masse de valeurs soustraite au flux de la vie économique, qui ne contribue pas à l'équilibre des forces définissant l’état économique à un moment donné. On pourra donc prélever sur cette masse de valeur sans agir sur les facteurs de l’équilibre économique qui sont, du point de vue monétaire, les pièces de monnaie en circulation et les billets, avec la valeur qui est attribuée, en fait, à ces pièces et à ces billets.

Or, il est bien certain que ce sont les banques d'émission qui fournissent, sur leur réserve, les quantités de métal nécessaire à compenser les insuffisances de devises dans le cas de déséquilibre du change. Mais nous ne voyons pas que ce prélèvement sur la réserve des banques ait un effet obligatoire, automatique sur la circulation (4). Il y a bien un lien

(4) C'était déjà cette objection que faisait Marx à la théorie quantitative de RICARDO : « La démonstration consiste en ce qu'on suppose ce qui est à démontrer : que toute quantité de métal précieux qui sert de monnaie, quel qu’en soit le rapport à sa valeur intrinsèque, doit devenir moyen de circulation, monnaie, et ainsi signe de valeur des marchandises en circulation, quelle que soit la somme totale de leur valeur. En d’autres termes, la démonstration consiste à faire abstraction de toutes les fonctions de la monnaie, sauf de celle qu’elle remplit en qualité de moyen de cireulation ». (Critique de l’économie politique, éd. Giard, 1928, p. 276).

entre la réserve mélallique et la circulation, en ce sens que les banques d'émission prennent en considération leur encaisse pour régler l'émission des billets. Maïs ce lien ne nous apparaît pas tel qu'une modification de la réserve doive entraîner mécaniquement une modification de la circulation.

Le système anglais cependant pourrait faire croire qu'il en est ainsi. L'act de 1844, en effet, triomphe du currency principle, c’est-à-dire de la théorie quantitative, établit que les billets en circulation, au-dessus d’une certaine somme (toujours dépassée), doivent être représentés exactement dans la réserve d’or de la banque. Est-ce à dire que la circulation en Angleterre se soil toujours adaptée passivement aux entrées et sorties d’or ? Aucunement, puisque dans les circonslances les plus critiques, en 1847, 1857, 1866, l’act de 1844 fut suspendu, et que d'autre part plusieurs fois la Banque d’Angleterre a emprunté de l'or pour pouvoir émettre des billets (1906, 1907, 1909, 1910). Dans tous ces cas et dans beaucoup d'autres sans doute, l'augmentation de la circulation n’est pas l'effet automatique d'un mouvement de métal précieux, mais résulte de décisions politiques.

Un système plus commun établit un rapport légal entre le montant de l’encaisse et le montant des billets en circulaüon. Mais ce rapport n’est qu'un minimum qui après guerre, dans les pays fidèles à l’élalon or, a toujours été dépassé. Rien ne permet done d'affirmer un effet automatique des mouvements de l’or sur la circulation qui lendrait, par l'intermédiaire des prix, à rétablir l'équilibre du change.

Cette objection est si difficile à surmonter que M. Rueff, nous l’avons vu, adopte finalement pour expliquer le rééquilibre du change, le jeu du taux de l’escomple sur l’activité des affaires et par là sur les prix. Mais peut-on soutenir que l'action des sorties d’or sur le taux de l’escomple el celle de

ce taux sur les prix ont ce caractère automatique, mécanique qui caractérise les théories que nous avons étudiées ? En aucune manière sans doute : l’action proportionnelle et inimédiate du taux de l'escomple sur les prix n’est aucunement démontrée. Et quant aux modifications même du taux de l’escompte elles sont le résultat de décisions « politiques » qui ne sont pas seulement motivées par les mouvements de l'or. Faire appel au jeu du taux de l’escompte c’est donc bien abandonner l'explication mécaniste de l'équilibre du change, dans le cas de circulation de monnaie métallique (5).

Si nous passons au cas d’une circulation de billets à cours forcé, la position de M. Divisia, de nouveau, est la plus nette. Selon cet auteur. il y à équilibre du change autour d’un pair fictif {ant que la quantité de monnaie n’est pas modifiée, parce que le change ne pouvant pas agir directement sur les prix, ceux-ci sont constamment ramenés au niveau qui détermine l'équilibre de la balance commerciale.

Cette conception repose tout entière sur la certitude que le niveau des prix est strictement défini, à chaque instant, par les facteurs de la « loi circulatoire ». Mais nous savons qu'il n’en est pas ainsi, en raison des paiements différés el que l'on doit admettre que les prix soient parfois déterminés spontanément par les prévisions des échangistes.

Or précisément, les variations du change sont un des facteurs qui influent sur la psychologie des échangistes. On est donc bien obligé d'admettre que le change puisse avoir une influence directe sur les prix, qui, bien loin de provoquer le retour à l'équilibre du change, ne fera qu'en accentuer

(5) Ce caractère de moins en moins automatique de l’action du {aux de l'escompte est indiqué par M. POMMERY : « Les Banques démission » in « Les doctrines monétaires à l'épreuve des faits » {Alcan, 1932).

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le déséquilibre. Sans doute, comme le dit M. Divisia, si les quantités de monnaie étaient strictement maintenues à leur niveau antérieur, le déséquilibre ne pourrait se prolonger longtemps. Mais en admettant que cette stabilité de la quantité de la monnaie en circulation puisse, en fait, être obtenue, elle résulterait de décisions politiques, et le retour à l’équilibre du change ne serait aucunement le résultat d'un mécanisme aveugle et nécessaire.

C’est la même critique qu'il convient d’opposer à l’explication de M. Rueff. Dans le cas de cours forcé, dit-il, il y a nécessairement retour du change à l’équilibre, à condition qu'il n'existe pas de « cause permanente de variation des prix ». Mais il nous apparaît justement que la variation méême du change est une de ces causes permanentes de variation des prix. Puisqu’elle est susceptible d'agir à tout instant, nous ne pouvons plus croire à l'existence et à l’efficacité permanente du mécanisme stabilisateur du change fondé sur l’idée quantitative.

Nous avons vu encore chez nos auteurs d’autres applications de l’idée quantitative, rentrant à proprement parler dans la dynamique monétaire. C’est par exemple la théorie de l'inflation de M. Rueff, qui pose comme conditions la constance de la vitesse de circulation de la monnaie et de l’activité des transactions. C’est encore l’explication par M. Divisia de certaines périodes d'inflation par les modifications de l’activité des transactions. C’est enfin l'attribution par le même auteur des baisses cycliques des prix à l’impossibilité de poursuivre l’accroissement des moyens monétaires.

Toutes ces explications mécanistes sont sans doute inattaquables lorsqu'il s’agit d'interpréter des modifications du

niveau des prix d’une année à l’autre, c’est-à-dire en prenant pour base une unité de temps assez longue pour que l'équation de l’échange soit vérifiée. Alors, en effet, on doit toujours retrouver quelque modification d’un ou de plusieurs facteurs de l’équation qui rende compte du déplacement du niveau des prix. Mais remarquons bien qu’une telle explication cache tout un aspect de la réalité; elle nous indique qu'un équilibre a succédé à un autre, mais ne nous renseigne aucunement sur le déclanchement du mouvement des prix, sur sa cause proprement dite. Pour la dégager, il faudrait pousser l’analyse plus loin, prendre une unité de temps plus courte, un mois, une semaine, un jour peut-être. Mais alors nous savons que ce n’est plus seulement dans les facteurs de l'équation de l'échange que peuvent être cherchées les causes du mouvement des prix, mais aussi dans des phénomènes psychologiques agissant directement.

Le défaut des explications mécanicistes apparaît encore beaucoup mieux lorsque l’on passe sur le plan de la prévision. Une explication scientifique n’a de valeur que si elle permet de prévoir, et M. Rueff a raison de nous placer sur ce terrain. Mais comment prévoir les modifications des prix à partir des seules modifications des facteurs de l’équation de l’échange, si à tout instant des facteurs psychologiques peuvent directement déclancher un mouvement de prix ? Nous pouvons certainement conjecturer que dans leurs applications futures les théories mécanicistes se heurteront toujours à cet obstacle, et y trouveront une limite infranchissable.

Mais il nous faut approfondir notre critique et chercher jusque dans la méthode employée par MM. Rueff et Divisia la source de l’insuffisance de leurs théories.

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Jette méthode consiste à appliquer aux phénomènes économiques les principes et les postulats de la mécanique classique, et principalement la division en statique et dynamique qui inelut la notion d'équilibre. On étudie la vie économique comme si elle était faite d’une concurrence de forces qui à chaque instant tendent à établir un équilibre stable. La définition de ces forces constitué l'étude statique. L'étude dynamique recherche les causes du passage d’une position d'équilibre à une autre.

Nous avons déjà critiqué cette conception à propos des phénomènes de change. Ni dans le cas de circulation métallique, ni dans le cas de cours forcé, n'existe vraiment un mécanisme nécessaire qui tend à rétablir l'équilibre du change. Dans les deux cas, le niveau du change est déterminé par l’ensemble de la politique économique du pays considéré.

Y a-t-il d'autre part un équilibre stable de la valeur de la monnaie à l’intérieur d'un pays ? Pas davantage, nous semble-t-il. Dans le cas d’un pays dont la monnaie est reliée à Por, il est certain sans doute que la valeur de la monnaie est liée dans une certaine mesure à la valeur mondiale de Por. Cependant il a toujours existé des disparités de prix entre les pays, qui ne tiennent pas seulement, comme le veut M. Rueff, à la marge des frais d'échanges internationaux, mais à la politique économique de chaque pays. Sans doute si un état ne veut pas s’isoler complètement au point de vue monétaire et au point de vue des marchandises, il ne peut laisser la disparité des prix croître indéfiniment, mais il est maître cependant dans une certaine mesure de fixer la valeur de sa monnaie. Le niveau des prix n'apparaît donc pas toujours sous la forme d’un état d'équilibre stable, mais comme la résultante d’un ensemble de décisions politiques.

Il ne paraît pas davantage possible de parler d’une position d'équilibre stable de La valeur de la monnaie dans le cas de cours forcé. En effet, aucune définition de cet équilibre, équalion des échanges ou loi circulatoire, n’esl rigoureuse, en raison de l'existence de ces phénomènes d'appréciation ou de dépréciation directes de la monnaie sous des influences psychologiques. On pourrait dire peut-être que la position d’équilibre se réalise lorsque la monnaie ne prend aucune valeur propre, lorsque la monnaie n’est appréciée qu'en fonction de son pouvoir d'achat immédiat en marchandises. Mais si nous examinons les conditions réelles des marchés, nous sommes bien forcés de reconnaître que cette hypothèse n’est jamais entièrement vérifiée. Il y a toujours des spéculateurs ; toujours, en conséquence, existe sur le marché le germe de cette croyance à la hausse ou à la baisse globale des prix; un événement minime et imprévisible peut, en donnant une valeur propre à la monnaie, annuler les conditions de l’équilibre stable de cette valeur.

Ue circonstance sans doute vient rendre ces phénomènes plus rares et moins amples, c’est l’action des gouvernement pour lier l'unité monétaire du pays à celle des pays étrangers par la direction des changes. Si l'Etat assure praliquement la convertlivilité de l’unité monétaire en une quoüilé fixe de monnaie étrangère, el si cetle monnaie étrangère est elle-même stable, il est évident que les phénomènes d'appréciation ou de dépréciation directe de la valeur de la monnaie sont très limités. Mais alors, l'équilibre n'est aucunement réalisé par les réactions nalurelles des facteurs de l'équation de l'échange : il est entre les mains des gouvernants: les erreurs, les faiblesses, le manque de dis-

crétion de ceux-ci, les doutes que l'opinion peut avoir quant

à la continuité de leur politique, fournissent bien des occasions aux phénomènes spéculatifs d'apparaître.

On voit ainsi que, dans le cas du cours forcé, presque jamais on ne peut écarter l’hypothèse d’un événement imprévu qui vienne donner à la monnaie une valeur spéculative. Or nous savons qu'à partir de ce moment il n’y a plus réellement de tendance à l’équilibre stable de la valeur de la monnaie. Nul ne peut dire quand les actions et réactions spésulatives prendront fin. Un décalage très minime peut entraîner à la suite la circulation monétaire et, tirant des effets qu'il a provoqués une nouvelle force, conduire à une dépréciation indéfinie de la monnaie. C'est le cas le plus évident. Mais nous ne devons pas exclure celui où des tendances spéculalives en sens contraire se succéderaient sur le marché, soumis ainsi aux influences successives de positions prises à la hausse et à la baisse de prix. Là encore, il serait impossible de dire qu’il y a un équilibre stable de la valeur de :a monnaie, chacune des tendances pouvant l'emporter à un moment que nul ne peut prévoir.

Il resterait à distinguer entre les périodes normales ou la monnaie a une position d'équilibre stable, et les périodes anormales ou spéculatives où elle n’en a pas. Mais nous n'avons aucun moyen de prévoir ni même de saisir le moment où se produit le passage d’une période à l’autre. Il vaut mieux sans doute reconnaître délibérément que le système qui lie les prix, la circulation monétaire et les échanges ne répond pas dans son ensemble à la condition de l’équilibre stable.

Dans cette hypothèse, la division en statique et dynamique ne serait pas parfaitement légitime. Et l’on peut se demander si d’autres méthodes, nous mettant du premier coup

‘en face de la vie économique réelle, en pleine dynamique, ne pourraient pas apporter des explications plus complètes.

D'ailleurs, ce n’est peut-être pas seulement la méthode des théoriciens de l'équilibre qui doit être critiquée, mais aussi leur conception de la nature des phénomènes économiques. Les hypothèses moléculaires et atomiques sur la constitution de la matière ont apporté des confirmations très importantes aux principes de la mécanique, dégagés bien auparavant. Par un mouvement inverse, M. Rueff assimile la constitution du milieu économique à celle du milieu physique pour justifier l'application qu'il fait à ce milieu des principes de la mécanique : « Nous avons créé, dit-il, un « être économique » tout à fait comparable aux molécules de la théorie cinétique ». Cet être économique n'est pas seulement l’homo æconomicus des classiques qui se définissait par une certaine direction prépondérante de son activité : l'intérêt personnel. Il devrait se caractériser en outre par la constante de l’énergie qu’il déploie à la poursuite de ses buts. Moyennant quoi nous pourrions raisonner sur les combinaisons des êtres économiques comme sur celles des molécules et appliquer au jeu des forces qui en résultent les principes de la mécanique. |

En effet, de même que l'équilibre d’un fluide est fait des innombrables déplacements des particules soumises au mouvement brownien, ainsi les innombrables actions individuelles des individus, étant réparties au hasard, donneraient naissance à des phénomènes statistiques engendrant l'équilibre de la vie économique.

Nous n'avons pas à faire la critique de cette conception fondamentale de nos auteurs. M. Daure vient de la donner ex-

cellemment à partir, précisément, des idées exposées par M. Rueff (7).

M. Daure met en évidence que « l'indépendance mutuelle ou l’incohérence est la condition absolument nécessaire de l'existence même des régularités statistiques » (8).

Or. de plus en plus dans le monde économique apparaissent des phénomènes de solidarité collective, des phénomènes de cohérence. Parmi ceux-ci, M. Daure cite la fuite devant la monnaie. En effet, normalement, les prévisions des individus quant à la valeur future de la monnaie sont incohérentes, les tendances à la hausse sont compensées par les tendances à la baisse et c’est pourquoi il est possible de définir les lois de variations des prix. Mais si l'on suppose qu'à un moment les prévisions de tous les individus sont entraînées dans le même sens par la force de certaines considérations politiques et par la contagion, «il n’y a plus équipartition entre Îles tendances haussière el baissière, entre l'oplimisme et le pessimisme » (9), il n’y a plus de régularités statistiques dans notre domaine.

Devons-nous conclure que les explication mécanistes des phénomènes monétaires et des mouvements des prix sont sans aucune valeur ? Non sans doute. Elles apportent des éléments d’éclaircissement très précieux, en donnant de la vie économique une image schématisée, dont tous les « phénomènes de cohérence », c’est-à-dire, dans notre domaine,

les phénomènes de spéculation collective, sont éliminés.

(7) Annales du Droit et des sciences sociales, n° 6, 1936. Réfieæions sur l’évolution monétaire et l'application des lois des grands nombres aux phénomènes sociaux.

(8) Or. cit., p. 209.

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Il est même sans doute des périodes où cette image simplifiée coïncide avec la réalité, où la vie économique satisfait aux postulats de la mécanique. Pourtant il faut bien remarquer qu'à chaque instant elle peut cesser d’y satisfaire el d'une manière imprévisible. C’est pourquoi les lois dégagées par nos théories de l’équilibre conservent peut-être une portée dans l'explication, mais la perdent à peu près toute du point de vue de la prévision.

On devra donc attribuer à ces lois une valeur bien différente de celle lois physiques. Sans doute celles-ci ne se réalisent que « toutes choses égales d’ailleurs ». Mais du moins les facteurs qui doivent rester constants sont de même nature que ceux même qui jouent dans la loi envisagée. Le savant les analyse et peut en prévoir l'apparition. Au contraire, dans la vie économique. le facteur que M. Rueff et Divisia ont négligé, les appréciations spéculatives de la valeur de la monnaie, est essentiellement opposé par sa nature à une force mécanique, et ne peut guère être soumis à la prévision. C’est pourquoi les lois économiques dégagées suivant les principes de la mécanique seront toujours d’une portée beaucoup moindre que les lois dégagées dans les sciences de la nature.

Les théories de M. Rueff et Divisia s'appuyant largement sur l’idée quantitative, nous montrent mieux peut-être qu'aucun argument de fait combien lutilisation de cette idée doit être limitée sous cet aspect mécaniste. On peut sans doute par là rendre compte, à posteriori, des mouvements de prix d’une certaine durée, mais on risque aussi de ne pas trouver la véritable source de ces mouvements, et ne pas aboutir, par conséquent à une véritable compréhension des faits. Surtout, les utilisations mécanistes de l’idée quantitative paraissent {out à fait insuffisantes comme instrument de prévision.

— RTR —

La raison profonde de cette insuffisance, c'est qu'elles attribuent aux rapports économiques une rigidité excessive que MM. Rueff et Divisia ont systématisée au point de confondre l'objet de la science économique et celui des sciences de la

nature.

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