MOTS
On arrive ainsi à un énoncé plus précis de la théorie du change, énoncé qui peut s’opérer en deux temps :
1) Les disparités de prix entre deux pays provoquent lorsqu’elles dépassent un certain chiffre des mouvements de marchandises qui assurent l'équilibre de la balance des comptes de chacun de ces pays (44).
2) S'il apparaît « dans la balance des comptes de la France supposée équilibrée, une nouvel élément de passif de grandeur limitée et de montant permanent dans le temps, les prix étant supposés stables en France et en Angleterre avant cet événement » (45), le cours du change va se modifier. Mais engendrant par là même des modifications dans les disparités des prix, il en résultera des modifications dans les échanges de marchandises qui rétabliront l'équilibre de la balance des comptes, et en même temps le cours d'équilibre du change (46).
La théorie du change dans les conditions réelles.
Tout le raisonnement à été conduit jusqu'ici dans des conditions abstraites tant du point de vue de l'hypothèse de deux pays seulement en présence que de celui des systèmes monétaires considérés. M. Rueff s'applique dans la suite de son ouvrage à montrer que la théorie reste la même dans les conditions réelles des échanges internationaux.
Nous avons supposé, d’abord, qu’en régime de monnaie métallique, l’or destiné aux paiements internationaux est
(44) O5. cit., p. 181-201.
(45) Idem, p. 211.
(46) Idem, p. 208-216. Ce mécanisme, M. Rueff y insiste, se réalisera toutes les fois que le déficit de la balance des comptes sera limité et qu'il n'existera pas de cause permanente de variation des prix (p. 214). Si l’on ne supposait pas ces conditions réalisées, on passerait de la statique à la dynamique.