‹ Les Récentes Théories Monétaires en France: Idée Quantitative et Conflit des MéthodesChapitre 7 sur 59 · ER HR · texte numérisé non relu

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prélevé sur la circulation intérieure. « Malheureusement, dit M. Rueff, dans la pratique les choses ne se passent pas aussi simplement : le montant de la circulation monétaire ne varie pas ainsi, mécaniquement, sous l'effet des mouvements d'or internationaux » (47). En effet, les prélèvements effectués dans la circulation pourront être compensés par des prélèvements effectués par les particuliers dans les encaisses des banques. Bien plus même, l'or envoyé à l'étranger proviendra, pour sa plus grande part, des encaisses métalliques des établissements de crédit. Mais dans ce cas les banques chercheront à réduire le montant de leurs ouvertures de crédit, ce qui provoquera l'augmentation des taux d’escompte — ou augmenteront leurs recours au réescompte de la banque d'émission qui devra augmenter son taux de réescompte (48).

« Or, poursuit M. Rueff, conformément aux vues classiques en ce domaine, l’augmentation des taux d’escompte tend à réduire la demande totale — on dit en général l’activité des affaires — dans le pays où elle se réalise et à y provoquer par cet intermédiaire, et toutes conditions égales, la diminution du niveau général des prix » (49).

C'est donc, en définitive, par le mécanisme du taux de l’escompte que M. Rueff explique l'équilibre du change entre pays à monnaies métalliques. Il remarque même que ce

(47)MOr. cit, p215.

(48) M. Rueff vérifie en effet que pendant les années 1914, 1942. 1913, la courbe des entrées et des sorties d'or à la Banque d'Angleterre varie comme celle des différences entre les {aux hors banque pratiqués simultanément à Londres d'une part, à Paris, Amsterdam et Berlin d'autre part. « Tout se passe, conclut-il, comme si le mouvement d'or provoquait les différences de taux entre la place qu'il affecte et les places étrangères » (p. 218).

(49)- Op. cit. p. 218.

mécanisme n’exerce pas seulement son action en modifiant le niveau des prix, mais en provoquant des mouvements internationaux de capitaux. Si ces mouvements se produisent c'est que le prix des titres à court terme a diminué avec l'élévation du taux d’escompte. Ils constituent une source de créances entre les pays tout à fait analogue à celle qui résulie des mouvements de marchandises et ne modifient en rien la théorie du change (50).

Il faut encore considérer, pour être en accord avec la réalité, que dans deux pays de même constitution économique c'est sur un grand nombre de marchandises que pourront porter ces mouvements tendant à assurer la stabilité du change. C'est donc l'effet des modifications de la circulation monétaire sur les disparités d’un grand nombre de marchandises qu'il importe de considérer — c’est-à-dire sur la disparilé moyenne de ces marchandises. On peut encore assimiler celte disparité moyenne à la disparité entre le niveau général des prix du pays et celui du pays étranger. M. Rueff ayant calculé cette disparité moyenne pour la période 1920-25 entre la France et l'Angleterre (51) constate qu'elle ne dépasse jamais 33 %. Il admet que cette proportion représente la marge au delà de laquelle on franchit les points de marchandises.

Pour replacer enfin la théorie dans le cas général d’un nombre quelconque de pays en présence (52), la balance des comples d’un pays exprimant le résultat d'échanges avec un grand nombre d’autres pays, il faut pouvoir apprécier les modifications qu'imposeront les variations du change à la disparité des prix du pays par rapport aux prix de tous les

(50) Idem, p. 219.

(51) Idem, p. 220 à 242.

(52) Idem, chap. VII, p. 242 à 281.

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autres. Pour cela on fait apparaître la notion de disparité moyenne des prix étrangers dans un pays : elle est obtenue par une moyenne arithmétique pondérée des disparités partielles en ce pays des prix de tous les pays étrangers. Toute modification de la circulation monétaire intérieure tendra donc à modifier cette disparité moyenne et au delà d’un cerain point à provoquer des mouvements de marchandises vers tous les pays à la fois (à condition que dans ces pays les prix soient restés stables) en proportion de la part dans laquelle ils interviennent pour l'établissement de la balance des comptes considérée.

Ainsi la valeur d’une monnaie par rapport à une monnaie étrangère, le cours du change, correspond réellement à une position d'équilibre stable et cela parce que l'écart entre les niveaux des prix est toujours limité (53), parce que « tout se passe comme si les variations de la balance des comptes à partir d’une certaine position d'équilibre, provoquaient des variations de disparité moyenne tendant à rétablir l'équilibre antérieur » (54).

Confirmation de la théorie

par les faits.

Toute cette théorie du change, M. Rueïff l’a construite « par voie purement rationnelle », ainsi qu'il nous le dit lui-même. Mais il va se préoccuper maintenant de lui trouver des confirmations dans les faits. Il constate d’abord que les disparités moyennes des prix entre les pays sont toujours strictement limitées (55) et nous donne des chiffres de 21 %

(53) Idem, p. 238.

(54) Idem, p. 240.

(55) Idem, p. 280-286.

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