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Le drainage du rein

La question du drainage paraît revêtir une grande importance dans la prophylaxie des récidives. On doit drainer le rein, en effet :

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1° Pour assurer, lorsque le calcul a été extrait par néphrotomie, l'évacuation des caillots, voire l’hémostase; car, comme le fait remarquer PASTEAU : « un rein qui contient des caillots a tendance à saigner comme un utérus mal vidé de son placenta, ou une vessie plus ou moins remplie de caillots sanguins » ;

2° Pour éviter des accidents aigus d'infection locale ou générale ;

3° Pour chercher, enfin et surtout, à désinfecter les cavités rénales et permettre à la paroi pyélique de récupérer sa motricité.

Dans la lithiase aseptique, le drainage paraît donc rarement indiqué, sauf en cas de néphrotomie importante. Pour certains auteurs (ROVSING, PASTEAU), il est même formellement contre-indiqué, à cause de la possibilité d'infection des cavités rénales par la plaie opératoire.

Dans la lithiase infectée, son indication relève du degré d'infection du rein, de la variété de microbe en cause, de l’état anatomique des cavités rénales. « Il semble, dit MARION, que lorsque le rein se trouve très infecté, surtout par le staphylocoque, grand producteur de calculs, il est indispensable de drainer ce rein pendant un temps très prolongé, afin de le désinfecter, au moins dans une certaine mesure ».

Lorsque l’on a opéré par néphrotomie, il suffit de suturer sur un drain la brèche rénale.

Lorsque l’on a pratiqué une pyélotomie, on peut parfois se contenter de laisser un drain au contact ou au voisinage de l’incision pyélique. S'il paraît, au contraire, indiqué de drainer le rein lui-même, on peut,

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comme le conseille HEITZ-BOYER, placer des drains intra-pyéliques, et même intra-calicaires ; MARION recommande, afin d'éviter la production d’une fistule lombaire parfois intarissable, de drainer toujours par néphrostomie. Celle-ci est, d’ailleurs, dans ce cas, d’une réalisation facile et rapide, puisqu'il suffit de perforer le rein de dedans en dehors au niveau du calice inférieur, et d’attirer un drain dans la cavité du bassinet.

Cette néphrostomie temporaire, pérmettant des lavages fréquents du bassinet, aboutira, dans bien des cas, à la clarification de l’urine et même à la disparition de l’agent infectieux, mais à la condition expresse d'être maintenue longtemps, plusieurs semaines, et souvent plusieurs mois.

Nous devons signaler enfin l'intérêt que présente, à défaut d'examen radiologique opératoire, la radiographie de contrôle pendant la convalescence.

Sans vouloir, comme certains urologues, préconiser la radiographie systématique (qui représente pourtant le seul moyen scientifique d'éliminer les pseudo-récidives), elle est susceptible de rendre, après interventions pour calculs ramifiés ou multiples, d'importants services au chirurgien et au malade. Outre la sécurité qu'elle apporte lorsqu'elle est négative, sa positivité peut entraîner des indications thérapeutiques :

En présence de petits fragments, susceptibles d’être éliminés par les voies naturelles, l’urologue devra chercher à favoriser cette élimination par des cathétérismes de l’uretère et des lavages du bassinet.

Que faire en présence d’un calcul plus volumineux ? BARNEY conseille, dans ce cas, la réintervention précoce, lorsque la première intervention a montré un rein facilement accessible et a été bien supportée ; il rapporte plusieurs cas personnels réopérés avec succès.

Mais, en réalité, outre que cette réintervention précoce paraît devoir être difficile à faire admettre au malade, son indication même semble discutable: et la meilleure conduite semble être l’expectative, sous condition d'une surveillance attentive et de soins postopératoires rigoureux.

IT — Traitement post-opératoire

« En cas de lithiase rénale, celui qui a pris la charge « du malade ne peut pas considérer qu’il a rempli « complètement son devoir quand il a extrait le ou les « calculs du rein. Certes, dans un bon nombre d’ob- « servations, le calcul peut être considéré comme la « cause des accidents constatés, d’où la nécessité de « son ablation. Mais que le calcul ait provoqué ou non « des accidents par lui-même, on ne doit pas perdre « de vue que ce calcul est la résultante d’une mala- « die, et que cette maladie doit être traitée, sinon « guérie. Le chirurgien qui se contente d’être un opé- « rateur peut faire œuvre de sagacité clinique et d’ha- « bileté manuelle, mais s’il ne double pas son action « opératoire d’une action thérapeutique médicale, il « oublie que sa fonction est de guérir, et qu’un chi- «e rurgien n’est en réalité qu’un médecin qui, en plus

« de la thérapeutique médicale, tient à sa disposition « des moyens chirurgicaux. » (PASTEAU.)

Cette action thérapeutique médicale doit viser deux buts :

1° La diathèse, afin de lutter contre la formation des calculs dits « primitifs » ;

2° L'infection, et, si possible, le facteur « rétention », pour s'opposer à la formation des calculs secon-

daires.

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