CHAPITRE PREMIER
Fréquence des récidives
Etude statistique
IL. — Statistique du service d’urologie de l'Antiquaille (Professeur Gayet)
Nous avons utilisé, dans ce travail, les observations des malades opérés par notre Maître, M. le Professeur GAYET, d’une part, dans son service d’urologie de l’Antiquaille, de 1912 à 1914 et de 1919 à 1926, d’autre part dans sa clientèle privée, de 1912 à 1929.
Nous avons pu retrouver, pour cette période, 36 observations d'interventions conservatrices pour lithiase rénale, parmi lesquelles 18 seulement ont pu être utilisées dans un but statistique; en effet, sur ces 36 cas, nous trouvons :
1° 18 pyélotomies, n'ayant donné aucun décès opératoire, mais dont nous avons dû retrancher :
1 cas de lithiase rénale bilatérale, avec lithiase vésicale, opéré déjà antérieurement à Paris (néphrotomie gauche), qui subit avec succès une pyélotomie d’un côté, mais mourut des suites d’une taille hypogastrique :
5 cas suivis seulement quelques mois après l’opération, et que nous n'avons pu retrouver tardivement.
Restent donc : 12 cas (observations 1 à 12), 5 de lithiase aseptique et 7 de lithiase infectée.
2° 13 néphrotomies, dont nous avons dû retrancher : | décès opératoire ;
3 néphrectomies secondaires (une précoce, pour hémorragie grave, 2 tardives, pour infection persistante et fistule lombaire) ;
| décès ultérieur, 3 ans après l'intervention (néoplasme vésical) ;
4 cas, suivis seulement quelques mois après l’opération, et que nous n'avons pu revoir tardivement. ,
Restent donc seulement 4 cas (observations 13 à 16), 2 Je lithiase aseptique et 2 de lithiase infectée.
3° 4 pyélo-néphrotomies combinées, dont nous avons dû retrancher :
| décès ultérieur, un an après l'intervention (tuberculose du rein opposé) :
| cas, que nous n'avons pu revoir tardivement. :
Restent donc seulement 2 cas (observations 17 et 18).
4° Enfin, une néphrostomie bilatérale (observ. 19), dans un cas de rein en fer à cheval, déjà opéré antérieurement, réopéré pour accidents infectieux sans que l’on ait cherché à pratiquer une ablation totale des calculs, et que nous n’avons pu, de ce fait, faire entrer dans notre statistique.
Afin de pouvoir comparer notre statistique à celles des autres auteurs, nous ne considérons, comme eux,
CES lo ES
que les récidives graves, c’est-à-dire les calculs récidivés décelés par la radiographie, et n’ayant aucune tendance à l'expulsion spontanée, nous réservant d’étudier au chapitre Clinique les petits accidents lithiasiques.
En outre, nous avons séparé, d’une part, les cas aseptiques ou peu infectés (c’est-à-dire dans lesquels l'urine ne montre au microscope que quelques bactéries et du pus en quantité modérée), et d’autre part, les cas nettement infectés (à urines troubles et franche: ment purulentes).
Sur les 18 cas considérés, nous trouvons les résultats éloignés suivants : >
1° Après pyélotomie :
a) Cas aseptiques : 5 cas, sans récidive, soit O % ;
b) Cas infectés : 7 cas, avec 2 récidives, soit 28,5 % ; l’une (observ. 1 1) s’est manifestée par un volumineux calcul de l’uretère, révélé par la radiographie 5 mois après la première intervention, et ayant nécessité une urétérotomie ; -
l’autre (observ. 12) s’est manifestée d’abord par de petits accidents lithiasiques (expulsion de fragments calculeux, après lavages du bassinet), 4 mois après l'intervention, puis a été révélée radiographiquement deux ans après.
c) Pour l’ensemble des pyélotomies : 12 cas, avec 2 récidives, soit 16,6 %.
2° Après néphrotomie :
a) Cas aseptiques : 2 cas, sans récidive.
b) Cas infectés : 2 cas, avec 2 récidives ;
L'une (observ. 15) concerne un cas de volumineux
ER. | ee
calcul coralliforme, où la néphrectomie était contreindiquée par l’état de l’autre rein ; les suites de la néphrotomie furent compliquées d’une fistule lombaire, et, moins de trois ans après la première intervention, une radiographie décela la présence de plusieurs calculs qui durent être extraits par une nouvelle néphrotomie, suivie elle-même un an après d’une récidive urétérale et ultérieurement d’une récidive rénale :
l’autre récidive (observ. 16) s’est manifestée dans un rein unique (après néphrectomie pour hydronéphrose), moins de deux ans après la néphrotomie.
c) Le nombre des cas est insuffisant pour permettre un pourcentage, et c’est à titre d'indication que nous donnons le chiffre de 50 % pour l’ensemble des néphrotomies (deux récidives pour quatre cas).
3° Après pyélo-néphrotomies combinées :
Deux cas, avec.une récidive, révélée radiographiquement un an après l'intervention.
Au total, 18 cas, avec 5 récidives, soit une proportion de 27,7 4...