OBSERVATION XIX
Bouv... Henri, 28 ans. — Lithiase bilatérale dans un rein en fer à cheval; double pyélotomie antérieure, fistule lombaire gauche et phlegmon péri-néphrétique droit. Récidives; double néphrostomie.
Novembre 1930. — En 1925, douleurs lombaires et pyurie (pus, colibacille, entérocoque, staphylocoque); la radiographie aurait montré à ce moment 9 calculs dans le rein gauche et 5 dans le rein droit. En juin 1926, le malade subit (à l'Hôpital de Sainte-Foy) une pyélotomie droite, suivie au bout d'un mois d'une pyélotomie antérieure gauche. Le
À la suite de ces opérations, le malade s'améliore, mais garde une fistule lombaire gauche, intermittente. En avril 1930, colique néphrétique gauche très violente, à la suite de laquelle le malade garde pendant quatre jours une sonde urétérale à demeure.
Actuellement, le malade entre dans le service de M. le Professeur Gayet, souffrant de son rein droit, et présentant à ce niveau une masse dure, très douloureuse à la palpation; grosse pyurie. Urée = 0 gr. 60 par litre. Constante = 0,40. CP
La radiographie montre un rein er fer à cheval, avec, à droite, un gros calcul coralliforme et d’autres plus petits ; à gauche, de nombreux calculs dans tout le rein.
26 novembre 1930. — Violente crise de colique néphrétique droite, suivie le lendemain, de l'émission d’un calcul.
12 décembre 1930. — Intervention : Incision d'un phlegmon périnéphrétique droit.
16 décembre 1930. :— Intervention : Mise en place d’une sonde de De Pezzer dans le bassinet droit.
5 mars 1931. — Intervention: Extraction de plusieurs calculs du rein droit; le plus gros, ramifié, est extrait difficilement avec l'index, la curette et la pince; l’ensemble des calculs enlevés correspond à peu près à tout ce que montre la radiographie; on replace une sonde de De Pezzer.
Les jours suivants, le malade souffre de son rein gauche: température; une fistule lombaire s'ouvre spontanément, dans laquelle on introduit une sonde de Malécot.
16 juillet 1931. — Les douleurs lombaires gauches reparaissent, et l’on voit se développer un abcès de la région; la radiographie montre un grand nombre de calculs. — Intervention: Incision lombaire, qui donne issue à une quantité assez considérable de pus et de graviers; on extrait les calculs à la curette; mise en place d'un tube de Marion.
20 juillet 1931. — Nouvel abcès, dont l’incision donne issue à 300 or. de pus fétide. Quelques jours après, contre l'avis du chef de service, le malade quitte l'Hôpital.
Conclusions
I. — Nous envisageons, dans ce travail, les récidives de la lithiase dans le rein opéré, après pyélotomie, néphrotomie ou pyélonéphrotomie.
II. — Ces récidives sont très fréquentes et varient, suivant les statistiques, de 8,3 à 41 %. Dans la statistique de M. le Professeur GAYET, nous trouvons 5 récidives sur 18 cas complètement étudiés et revus tardivement, soit une proportion de 27,7 %.
Les résultats ne varient pas suivant le type d’intervention pratiquée, mais, par contre, la grande majorité des récidives s’observent dans la lithiase infectée.
III. — Au point de vue anatomique, les récidives se forment le plus souvent à l'endroit même où siégeait le premier calcul opéré; le rein et les voies excrétrices supérieures de l’urine présentent presque toujours des lésions qui conditionnent pour une grande part la reformation calculeuse.
IV. — Cliniquement, les récidives sont fréquemment latentes, et l’on doit les rechercher radiographiquement ; lorsqu'elles se manifestent, c'est soit sous
forme de petits accidents lithiasiques, soit comme une lithiase rénale grave.
Le délai moyen de réapparition des calculs est de
un à trois ans.