L'ENFANT DU BRACONNIER
grâce à la protection de Mlle de Mancini ; maie il fallut qu’il abandonnât la France; il alla expier sa faute en mourant glorieusement en Amérique. Pour Bahet, elle dut aussi à la bonté de sa protectrice un asile dans un hôpital, car elle était folle. Klle pieuraH, elle pleurait son fils, et ne voulut pas être consolée, car il n'était plus!
Digilized by CoogI
• An temps du roi Charies VI, le 6 février 1408, la société des arbalétriers de Senlis, qui existait déjà depuis longtemps, reçut une nouvelle organisation. Cela résulte d'une mention inscrite' au folio 1" du registre de cette corporation, conservé dans les archives de la ville. On lit, page 6 du môme registre, que ses statuts et règlements ont été renouvelés du temps de François I", en septembre 1538. . ‘ '
A cette époque, toutes^ ces sociétés prospéraient, elles étaient honorées; cependant l’arme dentelles^ se servaient devait bientét céder la place à une arme plus terrible, dont l'usage commençait à se répandre. La plus grande partie des compagnies d’archers et d’arbalétriers se convertirent en sociétés d’arquebusiers. Cependant ce ne fut guère que' sous François I»« qu’on vit quelques-unes de ces nouvelles compagnies légalement reconnues^ Sous
le règne d’Henri II, un plus grand nombre de corporations subirent cette transformation. C’est à cette date que remonte l’institution de l’arquebuse de Cliâteau-Thierry et celle de presque toutes les compagnies de la Champagne, de la Picardie et du Valois. Bien qu’il ait été impossible de retrouver la charte d’inètitution de la compagnie de Senlis, on ne saurait hésiter à la faire remonter au milieu du ^xvi* siècle.
A cette époque, chaque société d’arquebuse avait son sobriquet; celui des chevaliers de Senlis fut
d’abord les Chéitifs. Certes jamais épithète ne fut plus mal méritée, car plus d’une fois ils ont fait preuve de beaucoup de courage. Pendant les guerres de la Jacquerie, ils surent se défendre également contre les Jacques et contre les seigneurs. Ils repoussèrent les Jacques, qui pillaient et égorgeaient tout ce qui n’était pas brigand et populace. Ils repoussèrent les seigneurs, qui, à leur tour, pillaient et égorgeaient tout ce qui n’était pas noblesse. En 1358, rapporte Froissai'd, Chapitre 184, après le *sac de Meaux, un très-grand nombre de gentilshommes firent une conspiration contre la ville de Senlis, où ils entrèrent un jour avec furie dans le dessein de la saccager; mais les bourgeois, qui avaient été avertis, s’étant tenus sur leurs gardes et les ayant laissés s’engager dans les rues, donnèrent sur eux avec tant de ré.^olution et si à
propos, qu’ils les taillèrent en pièces, de sorte que très-pen éei>appèrcnl.
A ce sobriquet de Chéitifx un autre fut substitué, celui de Besaciera. Sur leur drapeau on avait représenté un gueux chargé d’une besace, et, pour montrer que leur intention était de le porter où U y aurait de l’honneur et quelque déchirure à gagner, Us y avaient inscrit cette devise, qui pouvait s’appliquer au drapeau aussi bien qu’au besacier : Florexeet .sortit innumerabilibus, « il fleurira par d’innombrables racconunodages. » Quelques personnes' ont pensé qu’il fallait lire : Florescet sæclis moumerabi'-’ libus^ « il fleurira pendant des siècles innombrables, » ce qui ne parait pas présenter de sens. Il faut avouer ‘ cependant que, dans le procès-verbal dressé en 1 588 , lorsque le drapeau des arbalétriers-arquebusiers fut béni par Rose, archevêque de Seulis, la mention de la devise se trouve à peu près effacée par le temps, .en sorte qu’il est impossible de décider s’il fout lire sartis ou sæclû, siècles ou coutures.
Les arquebusiers de Senlis avaient pour uniforme l’habit écarlate avec collet, parements, revers et retpoussis de velours noir; doublures ventre de biches ; boutonnières, brandebourgs et épaulettes à graines d’épinard en or ; boutons de vermeil ; veste