‹ Les recits d'un vieux chasseurChapitre 17 sur 21 · Toi pas laissé lui avec collier · texte numérisé non relu

Toi pas laissé lui avec collier

3. Si tu laissé lui avec collier, paque pas pouvoir mordre lui, ses dents se seraient cassées. De quel côté son corps est-il fixé?

— Ou’en veux-tu faire?

— Mo ka fai la soupe ké so zos; mo ka bas aut chien mangé. Demain la savez la chasse comme pôve Sibel! Adieu, banaré * ! »

El l’Indien alla déterrer son chien; il en mit les tristes restes dans un petit panier, disparut.

1. Moi que je fais la soupe avec ses os. Moi que je baille à autre chien à manger. Demain il saura la chasse comme pauvre Sibel.

L’AKQLiæUSE DE COMPIÈGNE^

. L’AEQÜEBUSE DE COMPÏÈGNE.

' R«gi)o et régi fidelîMiona.

Éidèlê au foi, Jîâéle àu pays : telle est la flevise de Compiégné. Elle a été dôhfiêê par Philippè Aiigusle à cette villé , en récothpense de la valeur que' sa milice a montrée dans les champs de Bouvines. A toutéslesèpb'dUeSjld eàpitàle du Valois a rélîgieuserhent conservé les traditions d’hontiéür, de courage et de dévdUeniefit que lui rappellent son blason. Aitisl lorsque, àprès la bàtaille de Poitiers, le dauphin ChaPlë^, proclamé régent dü royaume, parvint à s’échappét' des mains dés Parisiens révoltés, il Alla chercher tin refuge à Compïègne. Il ÿ trouva les habitants prêts à le seconder de tout leur pou- TDir, et e’fôt dans des circonstances difficiles QUe, pour la défense de leur ville et pour le soutien de leur province, ils organisèrent une société d’arba-^ létriers choisis parmi les bourgeois notables. Cette

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compagnie est donc la plus ancienne de ce genre, et celle de Châlons-sur-Marne fut créée seulement quelques jours plus tard*, lorsque le régent alla tenir les états de Champagne, pour revenir immédiatement à Compiègne, où les états généraux devaient se réunir le 1" mai. Quant aux lettres patentes qui instituent les arbalétriers de Paris, elles ne sont quC'de l’année suivante ; du 9 août 1359.

Deux ans après son avènement au trône, et par lettres patentes en date du mois de septembre 1368, Charles V, pour reconnaître les services que la compagnie des arbalétriers de Compiègne lui avait rendus à la guerre depuis dix années , la plaça sous sa sauvegarde, lui accorda quelques ^ privilèges, et restreignit à vingt le nombre des membres qui devaient la composer.

Les arbalétriers de Compiègne avaient été fondés, non-seulement pour concourir à la défense de la ville, mais encore pour veiller à la sûreté du dauphin, que les malheurs de la guerre avaient laissé sans troupes, et que la révolte des Parisiens, aussi bien que les intrigues du roi de Navarre, entourait d’ennemis et de dangers ; c’est de là qu’est venu le

1 . Suivant notre manière actuelle de compter en faisant commencer l’année au 1*' janvier , il faut dater ces événements de 1358; mais dans les vieux titres et dans les anciehs autettrs, qui faisaient partir l’année du jour de Pâques, ils portent la date de 1357; car cette année^, le jour de Pâques tombait le !•' avril. . . .

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privilège dont ils se sont longtemps glorifiés et qui ensuite a été transmis aux arquebusiers, de servir de garde au souverain lorsqu’il séjournait dans leur ville.

Au moment où Cliarles V fondait les premières sociétés d’arbalétriers, tes effets de la poudre étaient déjà connus en France depuis une dizaine d’années. En 1342, les Maures avaient employé des canons pour la défense d’Algésiras’, assiégé par Alphonse le Vengeur ; les comtes de Derby et de Salisbury, qui assistèrent à ce siège*, portèrent dans leurpays .la connaissance de ces armes nouvelles, et c’est -ainsi que les Anglais ont pu s’en servir contre nous, quatre ans plus lard, en 1346, à la bataille de Crécy.

Les canons une fois connus, il n’y avait plus qu’un pas à faire pour arriver aux armes à feu portatives ; aussi fut-il bientôt franchi.

En 1421, au siégé de Bonifazio, la flotte d’Alphonse d’Aragon était garnie d’armes que les Italiens avaient nominées schioppi, schioppeti; on traduisait alors ce mot en latin par celui de sclopetum, en français par celui d’escopette. Petrus Cyrnœus décrit ainsi les armes qui furent employées* : « Des hunes et des tours des vaisseaux, les ennemis lançaient

1. Chronique d' Alphonse XI , par Villazan, auteur contemporain, chap. 280, 285, 292.

2. La même chronique, chap. 295 , 298 , 300 , 308 , 309 , 3)0.

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