‹ Les Récits du bon curé [microforme]Chapitre 18 sur 38 · LT © OR · texte numérisé non relu

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pensée de Gunts attirait Hélas elle son regard. Elle poussa un grand cri,

La montagne d'argent resplendissait aux rayons du soleil levant, et sur la radieuse blancheur de ce fond une silhouette noire se détachait ; car, 8i Guntz voyait la cabane, la cabane aussi le voyait. |

Effiem se dressa sur son lit dans un suprême effort

et leva'vers Dieu ses mains déjà glacées.

‘ Sauveur! Ô Sauveur! dit-elle, il va mourir sans moi! Il va mourir sans vous! Je vous ai en moi, et il ne vous a pas en lui! Sauveur! divin Sauveur! allez à lui, comme vous êtes venu à moi | ”

Le bon curé s’élança sur ces mots; car il avait enfin regardé en l’air et mesuré le danger où était Guntz.

Il n’aurait certes pas eu le temps, ni la vingtième partie du temps qu'il fallait pour gravir la montagne; c'était à un instinct irréfléchi qu'il cédait en courant vers la porte; mais, dans le mouvement qu’il fit, une hostie s’échappa du saint ciboire. Efflam vit cela.

‘ Gloire au Père! gloire au Fils! gloire au Saint- Esprit! ” dit-elle avec une fervente allégresse.

Au contraire, le bon curé était consterné ; il cher-

chaït l’hostie à terre et n’avait garde de l’y trouver.

L'hostie ne descendait pas; elle montait: Dieu allait où le cœur d’Efflam l’envoyait, où le cœur de Guntz l’appelait.

L'hostie s’envolait, soulevée par un vent mysté-

tieux ; elle plana dans l'air, divin flocon d'amour qui

woltigeait vers le ciel.

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LA CROIX DU MIRACLE 139 Le innennripaieeiinenmmmmmnmnmemee Nous te louons, Ô Dieu! dit le curé en suivant enfin du régard la spirale tracée par la blanche étoile: Te Deum laudamus !”

‘ Seigneur, nous te confessons ! ” murmura la petite Efflam, en retombant sur sa couche, morte de joie.

Et là-haut, tout là-haut, Guntz s’écria, en ouvrant ga bouche au pain des anges:

“ L'univers entier te vénère, 6 Père de l'éternité ! ”

Ses deux mains se détendirent, et, quand le curé put monter, il le trouva couché au pied de la plateforme, comme quelqu'un qui se serait doucement endormi sur l’herbe.

Le curé l’emporta dans ses bras et ne creusa qu’une fosse pour ses deux enfants bien-aimés. Ce fut lui qui, de ses propres mains, érigea la croix de granit noir qu’on appelle encore dans la montagne tyrolienne le Wunder Kreuz, ce qui signifie LA CROIX DU MTRACLE.

Pau FEVAL.

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140 /4 ) LES DEUX CILOCHES

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Nous étions deux cloches, deux amies, deux sœurs.

Nous étions deux cloches du même âge, baptisées le même jour.

Depuis cent ans nous habitions le même clocher, mariant les jeunes filles, souriant aux nouv -u-nés Lt pleurant les morts.

Notre clocher était blanc comme un cygne ex domipait tout le vallon d’Aisace,

La cigogne voyageuse s’y reposait en passant, et les

hirondelles, amies de nos concerts, y suspendaient leur doux nid; elles y suspendaient leur doux nid qu’elles retrouvaient, sans boussole et sans guide, à chaque printemps.

A cept lieues à la ronde, notre voix était connue et vénérée. Le peuple accourait en foule, en habit de fête, et notre Angélus ondulant, flottant dans les airs comme une fumée d'harmonie, endormait tous les soirs le village qu'il réveillait chaque matin.

Nous étions deux cloches, deux sœurs et deux amies caressées par la brise, dorées par le soleil.

C'était un soir d'hiver ; les-ténèbres obécurcissaient

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