‹ Les récits du châteauChapitre 11 sur 35 · CÉCILE · texte numérisé non relu

CÉCILE

Pourquoi plaisanter ainsi, mon père, dans une pareille situation?

M. ROBERT

Rassure-toi. Nous avons entrepris un excellent

voyage. Si je ne suis pas trop mauvais prophète, je vous annonce que nous ne reverrons plus nos parfums. Allez, mes enfants, je vous l'ai répété bien des fois, Dieu est juste, sa providence veille sur nous. »

La voiture roula» tout le jour avec la même rapidité, et s'arrêta le soir dans une campagne charmante au pied de la maison de M. Robert. Il y avait grande réunion dans le salon , et les voyageurs furent reçus par M. Lucas, qui, iierrantavec émotion dans ses bras son ancien caissier, le supplia de tout oublier. « Le coupable est connu , lui ditil, et votre réhabihtation est complète. C'est un pardon que je demande maintenant.

— Tout est pardonné, oublié, M. Lucas, » et l'ex-parfumeur serrait affectueusement la main du commerçant. Une foule respectueuse entourait M. Robert et ses enfants, et chacun leur adressait des félicitations. Un festin avait été préparé, Tallégresse y régna, et plus d'un toast y fut porté à M. Robert. Quand la foule se fut retirée bien avant dans la nuit , M. Lucas dit au père de Jules : (( J'espère , mon ami , que vous reviendrez chez moi. J'ai besoin d'un associé , je compte sur vous. Jules devait vous succéder un jour, ce jour est arrivé, à moins qu'il ne préfère devenir officier. Quant à M^'^ Cécile , ce n'est pas moi qui pourrai faire oublier les peines qu'elle a éprouvées : un autre s'est chargé de ce soin. »

9â LES RÉCITS

M. Robert devint donc Tassocié de son ancien patron. Jules quitta le sabre pour la clef d une caisse bien garnie. Trois mois après son retour, M''^ Cécile épousait le fils de M. Lucas.

M. Robert disait le lendemain des fêtes célébrées à l'occasion de ce mariage :

(( Mes chers enfants, vous voyez que toutes choses se sont passées mieux que vous ne l'espériez. Souvenez-vous toujours que la Providence est une bonne mère qui n abandonne jamais ceux, qui mettent en elle leur confiance et leur amour.

ANNA

Voilà, maman, une histoire bien touchante. Je te remercie de tout mon cœur. Je sens que j'aime bien cette Providence qui veille avec tant de sollicitude sur les innocents persécutés. Mais , puisque tu racontes de si belles choses , bonne mère , ne pourrais-tu continuer ?

MADAME DE NANTEUIL

Il est tard , ma fille. Mais console-toi : dimanche tu écouteras des récits bien plus longs que le mien , car nous aurons tous le plaisir de posséder ces jours-ci M. et M™^ de Versan. Tu sais que ton oncle a beaucoup voyagé et qu'il narre on ne peut mieux, les histoires les plus intéressantes. Ainsi donc , ma fille , patience et bonne nuit, en attendant dimanche. »

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