Î LES RÉCITS
leur mauvaise conduite, abrégèrent leurs jours de moitié. Ils laissèrent, en mourant , une assez belle fortune. Thomas Spincery en recueillit sa part avec une joie qui indigna tout le monde : car Tinfàme avait souhaité ardemment la mort de ses parents pour se jeter avec avidité sur leurs biens. ^[. Spincery père avait recommandé à ses enfants, avant de mourir, de récompenser ses domestiques et d'assurer un sort à leur nourrice, qui ne les avait jamais quittés; le digne homme aurait dû faire cela lui-môme et ne point s'en rapporter à ses héritiers. John, il faut le dire à sa louange, n'oublia pas la dernière volonté de son père , mais il s'y prit fort mal pour l'exécuter. John était un prodigue, un joueur, brûlant de courir à Londres et à Paris pour y perdre son patrimoine. 11 chargea Thomas, son frère , de veiller au bonheur des domestiques et de la nourrice : il lui fit promettre de ne jamais les renvoyer de la maison paternelle, et lui donna une assez forte somme d'argent destinée à assurer quelques rentes à ces braves gens. Thomas prit l'argent, promit monts et merveilles. Mais quand John fut bien loin , il se dit : (i Je serais bien bon d'accorder des rentes à des serviteurs qui ont parfaitement rempli leurs devoirs, c'est vrai, mais qui ont été aussi payés trèslai'gement et très-régulièrement par feu mon père. Je ne vois pas qu'ils aient tant mérité. On vent que je leur assure un sort, mais il me semble que
je dois premièrement songer à moi. Je suis riche , dira-t-on; c'est possible : cependant me répondra-t-on de l'avenir ? Si je garde chez moi des domestiques mangeant bien, une nourrice qui vivra plus longtemps que moi, je cours le danger de me ruiner , de m'enlever le morceau de pain que mes parents m'ont gagné ; si je leur fais des rentes, ils deviendront fiers , hautains , ils ne me les rendront pas lorsque j'en aurai besoin. Soyons donc prévoyant 5 ce que je ne donnerai pas, c'est autant de gagné. On m'objectera que John ne m'a pas confié de l'argent pour que je le serre dans mes coffres , je répondrai : John est un prodigue , il n*a pas réfléchi en me priant de le partager entre les serviteurs de mon père et sa nourrice. Je veux être sage pour lui. Je garde précieusement son argent pour le lui rendre quand il en aura besoin. Et le malheureux sera , dans quelques années, trop heureux de le retrouver entre mes mains. Voilà ce que je dirai aux curieux , aux personnes qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Si par malheur John revenait me demander son dépôt , je le refuserais et lui répéterais d'une voix amicale : Mon cher John, je Tai distribué aux pauvres et à nos bons et vieux sei'viteurs. Comment saura-l-il la vérité? Je vais envoyer serviteurs et nourrice au bout du monde , s'il est possible. )>
En effet, Thomas fit maison nette et réussit à envoyer au loin les domestiques et la nourrice ,
après lui avoir distribué une petite somme d'argent. Quand il se vit seul chez lui, il vécut à la manière de tous les avares. 11 s'entoura de précautions pour dépister les voleurs \ il acheta un coffre-fort vraiment digne de son nom et y serra une à une ses pièces d'or. Chaque jour il augmenta ses richesses par les privations qu'il s'imposa, sans songer qu'il amassait non pour lui, mais pour un prodigue qui ne le perdait pas de vue. John Spincery, au bout de quelques années, parvint à n'avoir pas un penny, ce qui le força de venir rendre visite à son frère. Lorsque celui-ci l'aperçut, il pâlit.
« C'est toi, John? dit-il avec émotion.
— Oui, mon cher Thomas, cest moi-même.
Est-ce que tu ne me revois pas avec plaisir ?
— Comment I mais avec une joie extrême.
— Je m'en aperçois, en effet, tu es tout saisi de bonheur. Allons , commence par me faire servir à dîner, j'ai une faim cruelle ; car de Manchester ici je suis venu à pied.
— Tu n'as donc plus de voiture?
— Non , c'est par trop gênant , et puis je t'avouerai que la marche m'est très-salutaire. Tous les médecins me l'ordonnent.
— Sunt-ce Ic^ médecins qui te conseillent de porter des habits déchirés ?
— Tu nimes les questions, frère; mais je ne
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manque pas de réponses. Écoute , j'ai voulu suivre ton exemple, je suis devenu économe. J'ai porté cet habit deux ans , et , au bout de ce temps , il est encore en meilleur état que le tien qui, sans doute , a plus de deux années de service. Comparons , mon cher frère.
— Tu oserais ! apprends que l'habit que je porte appartint à notre père^ je Tai fait retourner trois fois. Oseras-tu maintenant me parler d'économie ?
— Je m'incline... Je te reconnais pour mon maître, aussi c'est pour prendre quelques leçons de toi que je viens passer ici une semaine ou deux. Mais dis donc, frère, le dîner s'apprête-t-il ?
— ïu es bien pressé.
— Je le crois , je n'ai pas encore mangé de la journée. Je vais à la cuisine presser un peu les serviteurs.
— Mes serviteurs, arrête, je n'en ai plus.
— Tu es donc toi-même ton cuisinier ?
— Tu Tas dit.
— En ce cas , prépare-moi à dîner, car enfin je suppose que tu ne pousses pas Téconomie jusqu'à ne plus manger.
— Je n'ai pu encore arriver jusque-là , mais j'espère...
— Mon cher Thomas , si tu peux subsister sans nourriture , tu auras résolu un grand problème , et tu mériteras une statue. En attendant, tu feras
bien de me dûiiner à manger; j'ai faim, je te le répète pour la troisièaîc fois.
— ïu peux bien attendre un peu ; nous mangerons une bouchée dans une heure, pas plus tôt, car j'ai Ihabitude de dîner fort lard.
— Écoute, mon ami, je le laisse la bouchée, tu la mangeras dans une heure, si bon le semble , mais il me faut, à moi. autre chose, et sur-lechamp, ou je brise celte glace en mille morceaux. Comment! un frère qui t'aime tendrement accourt l'embrasser après sept ans dabseuce, et lu oses le recevoir mesquinement ! Tu ne te hâtes pas de monter toule ta cave ici , de descendre tout ton grenier, de vider toutes tes armoires, enfin d'allumer tous les fourneaux pour lui préparer un repas digne de son appétit ? Thomas , je te croyais plus homme de cœur, plus sensible, plus aimable , plus généreux. Il faut être économe, très-économe, mais jamais quand il s'agit d'un frère tel que moi. Eh bien ! lu ne bouges pas I lu ne voles pas à ta cuisine! malheureux! Si dans une seconde la table ne s'affaisse pas sous les mets, je brise tout ici... Tiens, je commence par celte pendule...
— Gi'àce pour elle , criminel! je vais assouvir ta faim dévorante. Yiens-tu donc ici pour troubler mon repos, pour me ruinei*?.. »
Tliomas ferma toutes les ar.iioires, en mit les clefs dans sa poche et sortit en gémissant pour
aller commander un dîner à Tliôtellerie voisine de chez lui.
Quand John vit ce dhicr sur la table, il embrassa son frère avec effusion , et lui dit en se servant abondamment : « Oublions ce qui vient de se passer, mangeons gaiement. J'espère que tu ne le feras plus prier de la sorte pour m'accorder mes quatre repas par jour.
— Quatre repas I Tu es capable d'affamer le paysl comment pourrais-Jc suffire à ton appétit?
— Ah I Thomas , tu es assez riche pour nourrir vingt bons enfants comme moi.
— Moi riche I tu es dans l'erreur.
— Tout le monde me la dit sur ma route.
— Tout le monde s'est déclaré mon ennemi. Crois-moi , John , je ne suis pas heureux , j'ai fait des pertes.
^- Moins grandes que les miennes, sans doute.
— Qu'as-iu donc perdu ?
— Hélas! toute ma fortune.
— Tout?
— Sans exception. Le sort, encore indulgent pour moi , m'a laissé cet habit que je porte sans cesse , et un frère qui se gardei'a bien de me laisser dans le besoin. »
Thomas voulnt répondre, la parole expira sur ses lèvres ; il resta immobile , anéanti pendant près d'un quai't dheiirc. John en profila pour l'avager la table et vider toutes les bouteilles. Quand Tho-
mas revint à la vie. il n'y avait plus autour de lui que plats parfaitement nets. Il faillit s'évanouir de nouveau; mais redoutant de plus grands malheurs, il tint ses yeux bien ouverts . et s'écria :
(( Je suis un homme perdu I et c'est John qui me donne le coup de la mortl
— Console-toi. tu ne mourras pas; ceux, qui font du bien méritent de vivre longtemps. Raisonnons un peu , mon cher Thomas: quand tu me donnerais une centaine de pièces d"or, cela ne te ruinerait certainement pas , car enfin je sais que ton coffre-fort est bien garni.
— Tu me poignardes, cruel, en me parlant ainsi. Je n ai rien , je suis pauvre et le plus infortuné des hommes I
— Qu*as-tu donc fait de l'argent que je t'avais confié ? on m'a dit que tu ne l'avais point remis aux vieux serviteurs de mon père et à notre nourrice. Je le réclame . m'entends-tu ?
— On ne l'a pas dit la vérité ; ton argent a été versé entre les mains de ceux que tu protégeais.
— Pnis-je te croire quand je vois que tu as chassé d'ici tous les amis de notre maison , tous ceux qui nous ont élevés, malgré ta promesse solennelle de h's garder auprès de toi?
— Si tu n'ajoutes pas foi à mes paroles , va toimême interroger la nouirice et nos anciens sei'vileurs.
— Où sont -ils ^
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— Je rignoro.
— Malheureux, lu leur as enjoint de ne plus reparaître dans ce pays. Mais que nVimporte, il me faut mon argent, puisque tu me refuses cent pièces d'or, c'est-à-dije la dixième partie de ce que lu me dois.
— Prodigue, écoute - moi : je t'accorde cent pièces d'or, mais promets-moi de partir aussitôt que tu les auras reçues.
— Je le le promets de grand cœur.
— Promets-moi aussi de ne plus revenir en ces lieux.
— Je te promets tout ce que tu voudras.
— Attends-moi ici, je vais te chercher ton trésor. »
Thomas s'éloigna. John, ne pouvant le suivre , se contenta d'écouter le bruit de ses pas, afin de découvrir en quel endroit de sa maison il cachait son coffre-fort. Il fut bientôt certain que Thomas l'avait déposé au grenier, contrairement à Tusage des avares, qui confient leur argent aux ténèbres des caves. Celte découvorle le remplit de joie. Quand son frère reparut, il lui fit mille caresses, et en obtint la permission de rester jusqu'au lendemain. Thomas le fit coucher au fond de la maison , dans une chambre isolée ; c'était ce que John désirait, il se trouvait beaucoup plus libre d'agir. Vers une heure du matin . il se leva sans bruit, et. par d'ingénieux moyens . réussit à monter sur
le toit. Arrivé là, non sans peine, il dérangea les tuiles, et se fit une ouverture assez grande pour pénétrer dans le gi'enier. Il eut bientôt découvert le coiïre-fort ; plusieurs fausses clefs qu il avait eu le soin d'apporter de Londres furent essayées, la dernière seule ouvrit. John prit autant d'or qu'il put en emporter, et revint sur ses pas. Vous pensez bien qu'il n'attendit pas le grand jour pour fuir; lorsqu'il eut tout disposé , il s'échappa , en escaladant une muraille qui le séparait de la campagne, et suivit la route de Londres. 11 eut le bonheur de rencontrer une voiture au lever de l'aurore 5 il y prit place et put se rendre, sans fatigue , dans la capitale de l'Angleterre.
Thomas fut bien étonné, à son réveil , de ne plus trouver son frère où il l'avait fait coucher ; mais rétonnement fit bientôt place à la crainte , et, plus mort que vif, il courut au grenier....
Vous devez comprendre combien grande fut sa douleur à la vue de son coffre-fort ouvert et dépouillé de la moitié de ses richesses? 11 n'eut que le temps de le fermer, de le descendre à la cave et de venir ensuite se recoucher, car il était malade: il eut la fièvre pendant plusieurs jours. Son premier soin, après son rétablissement, fut d'exhausser les nuirailles de sa maison et de mettre une nouvelle serrure à son coffre-fort.
Six mois après celte triste aventure, une pauvre vieille fenmie frappait à sa por!e. llouvi'il sa fe-
notre et reconnut sa nourrice , courbée sous le poids des années et de la misère.
« Que voulez-vous? lui dit-il brusquement.
— Un peu de pain, mon fils. Rappelle-toi que je t'ai nourri, que je t*ai élevé , mon cher Thomas.
— Je suis trop pauvre aujourd'hui pour vous
secourir.
— Accorde -moi au moins un lit pour me reposer, je suis si faible I je ne te gênerai pas longtemps, mon cher Thomas, car je me sens mourir; je voudrais expirer dans la maison de ton
père...
— Allez chez le voisin, il possède plusieurs lits; moi, je n'en ai plus qu*un seul. »
La fenêtre se referma. La pauvre nourrice alla demander pitié ailleurs ; un fermier charitable la reçut , et elle rendit le dernier soupir quelques jours après, sans avoir maudit r infâme Spincery ! Mais il ne devait pas larder à être puni cruellement de son inhumanité. John reparut un sondans le pays avec un homme dévoué , son dessein était de s'emparer du coffre-fort de l'avare. Il ne doutait point qu'on ne Teiit caché dans la cave, et il agit en conséquence. Il profita d'une nuit sombre et de la pluie qui tombait abondamment pour percer le mur du jardin. Il s'introduisit ensuite dans une cour étroite, et de là parvint, par une porte secrète que Thomas négligeait , jusque dans im noir corridor qui menait droit à la cave. Au lieu
de perdre iniuilement son temps à ouvrir une porte que retenaient plusieurs cadenas très-solides, il y mit le feu avec une chandelle, qu'il alluma sans bruit. Lorsque la flamme eut fait un trou assez large pour qu'il put y passer à l'aise avec le coffre-fort , il essaya de Téteindre, mais inutilement. Ce que voyant, son intrépide compagnon lui dit • (( Votre frère sera bientôt debout j si vous vous obstinez à vouloir étouffer cette flamme, nous perdrons le fruit de nos peines. Je vais pénétrer dans la cave et je me charge de vous rapporter le coffre-fort, quand bien même il pèserait dix. mille livres. »
En effet , l'audacieux voleur traversa le feu et reparut avec le cofTre-fort , qui abandonna pour loujours la maison de Thomas Une voiture l'ailendait dans la campagne, il fut placé dessus et dirigé vers Londres. John eut la précaution, avant de s'éloigner, de frapper fortement à l'une des fenêtres de la maison de son frère , car il prévoyait que tout le bâtiment serait la proie des flammes , et il ne voulait pas que Thomas pérît étouffé dans son lit. Il attendit donc que ce dernier se fut éveillé -, dès qu'il l'entendit s'approcher de la fenêtre , il lui dit : (c Thomas , vole à la cave, on a mis le feu à la porte qui en ferme l'entrée î » II disparut aussitôt.
Thomas , effrayé , voulut sortir de sa chambre, mais une fumée épaisse le contraignit de rentrer
DU CHATEVr, 14,3
soudain et d'aller appeler du secours par la fenêtre ; mais les villageois ne se pressèrent pas de venir à son secours , et sa maison fut entièrement dévorée par les flammes, il n'échappa lui-même au feu qu'en sautant par la fenêtre dans la rue. Quelques jours après, il mit en vente les biens qu'il possédait dans le pays et vint demeurer ici. Le vol de son frère et l'incendie lui ont enlevé presque toute sa fortune. 11 est encore assez riche cependant pour pouvoir dépenser plus de trois sous à son repas de chaque matin, mais son avarice s'accroît chaque jour, et il se dit le plus malheureux des hommes. 11 finira mal, soyez-en sûr ; il ne se suicidera pas à l'exemple de l'infortuné John , mais il recevra la mort de la main des voleurs. Plusieurs fois les malfaiteurs de cette contrée ont essayé de pénétrer chez lui; ils ont échoué parce qu'il est plus vigilant que jamais; cependant viendra un jour où il succombera, car il vieillit, et ses forces l'abandonnent peu à peu. Dieu veuille que je me trompe I je suis loin d'être l'ennemie de Thomas: il est à plaindre , et je prie souvent pour lui.
Voilà mon histoire, monsieur le Français, elle est aussi triste que le temps-, je crois que l'orage ne se passera pas de sitôt. Si vous êtes prudent, vous resterez ici cette nuit ; je vous promets bon lit , bon repas ; vous n'aurez jamais été mieux servi à Manchester et à Londres: je fais la cuisine française dans la perfection.
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— Je resterai chez vous , répondis-je à l'aimable hôtesse, mais à une condition.
— Tout ce que vous désirerez , vous l'aurez, je promets tout d'avance. Vous n'avez qu'à parler.
— Vous devez savoir bien des histoires, des légendes, et les contes les plus curieux?
— Sans doute , on m'appelle dans le pays la conteuse et la savante, car je ne suis jamais à court en parlant, et j"ai le don de narrer assez agréablement.
— Je m'en suis déjà aperçu.
— Vous êtes fort honnête , monsieur le Français. Vous n'êtes pas le seul qui me rendiez justice, les antiquaires de Manchester descendent toujours chez moi , dans leurs excursions scientifiques, car ils savent que je n'ignore rien de tout ce qui s'est passé dans ce pays depuis les temps les plus reculés. Je les ai mis sur la voie d'une foule de découvertes, et ils m'en ont toujours témoigné une vive reconnaissance.
— Ce que vous me dites là me cause une véritable satisfaction; aussi je vous le répète, je resterai ici, mais à la condition que vous me rapporterez , avant et après mon repas , quelqu'une des cent histoires, des mille légendes que vous connaissez.
— Je suis à vos ordres. Voyons, que désirezvous? Kst-ce une légende?
— .\ voire choix.
— Alors je vous en cornerai deux ; la plus longue viendra après voire repas; l'autre vous sera narrée dans une minute. Je cours jeter un coup d'œil à la cuisine, et recommander à ma domestique de se surpasser pour vous satisfaire. )>
L'hôtesse s'éloigna, et revint quelques instants après s'asseoir auprès du feu. Me voyant bien disposé, elle me conta une légende que je vous rapporterai à notre dernière soirée. "»
Anna , Georges et Ernest témoignèrent un grand désir de la connaître tout de suite; mais M"^« de Nanteuil fut de l'avis de M. de Yersan, et les enfants n'insistèrent plus.
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