‹ Les récits du châteauChapitre 18 sur 35 · G6 LES RÉCITS · texte numérisé non relu

G6 LES RÉCITS

leurs exigences s'accrurent avec Tage , ei bientôt rhonnête fermier se vit dans l'impossibilité de satisfaire tous leurs goûts.

a Mes chères filles, leur dit-il un jour, savezvous que vous êtes bien fières ; votre mère était autrement modeste que vous. Je me rappelle qu elle vous répétait souvent : « Ne cherchons pas à monter trop haut de peur de tomber; soyons simples dans nos manières et modérées dans nos désirs. » Elle avait raison , la digne femme , et vous n avez pas profité de ses leçons. Vous n'êtes que les filles d'un fermier; n'affectez donc pas les airs de grandes dames. On jase sur votre compte dans le pays : chacun répète : « Anna et Lucile sont coquettes, elles ruineront leur père. »

LUCILE

S'il fallait écouter les mauvaises langues, on serait bientôt condamné à ne plus sortir de sa chambre.

ANNA

Nos voisines les villageoises ne seraient pas si méchantes envers nous , si nous étions assez faibles pour nous vêtir grossièrement.

BARTO\.

Habillez-vous proprement, mais sans faste. Je vous ai fait donner quelque éducation , mais ce n'a pas (Mé dans l'intention de vous rendre imperti-

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nentes envers vos semblables... Souvenez -vous encore une fois que vous êtes les filles d'un simple fermier, des villageoises destinées, non pas à vivre de leurs rentes , mais à aider leur père dans ses travaux, de chaque jour. Eh I mes chères filles, vous ne me rendez pas grands services , vous ne vous occupez même pas du ménage -, vous n'êtes pas nées cependant pour faire parade dans ma maison.

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