‹ Les recluseriesChapitre 19 sur 112 · CHAPITRE III. 'l I · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 'l I

festa la vertu de sa pénitence, et de nombreux miracles signalèrent son pouvoir dans le ciel. Au xii' siècle, on conservait encore dans la grotte de Pélagie ses reliques, enfermées en un va m» de grand prix.

Quelques vieillards racontèrent au deuxième concile de Nicée , 5e session, le fait suivant :

« Il y avait sur le mont des Oliviers un vieux reclus livré aux plus grandes luttes, il était assailli par le démon de l'impureté. Un jour que la tentation était plus forte, le vieillard se prit à se lamenter et à dire au démon : « Quand donc enfin me laisseras-tu en repos? éloigne-toi de moi, car tu as vieilli à me combattre et à me livrer des assauts. » Le démon lui apparut et lui répondit : « Fais-moi le serment de ne révéler à personne ce que je vais te dire, et alors je ne te tenterai plus. » Le vieillard jura ainsi : Par celui qui habite dans les cieux , je ne dirai à personne ce que tu m'auras confié. — Eh bien, reprit le démon, tu n'adoreras plus cette image, c'est à cette condition que je mets ma retraite. » L'image que le démon montrait au solitaire représentait Notre-Dame, la sainte Vierge Marie, Mère de Dieu , portant dans ses bras Notre Sei-

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gneur Jésus-Christ. « Laissez-moi maintenant, » répondit le reclus. Mais le lendemain il s'ouvrit de tout à l'abbé Théodore Eliot, qui se trouvait alors dans la laure de Pharo. « Mon Père , dit aussitôt l'abbé , vous êtes tombé dans un piège, en faisant au démon un pareil serment; vous avez bien fait de me le révéler : car il vaut mieux supporter la tentation et la combattre à outrance que de refuser à Notre Seigneur et à sa Mère le culte qui leur est dû. » Raffermi par cette parole et beaucoup d'autres qu'ajouta l'abbé , le reclus retourna dans sa cellule. Mais voilà que le démon lui réapparaît : « Qu'as-tu fait , méchant vieillard , lui dit-il? tu m'avais juré de garder mon secret et tu l'as révélé au premier venu. Je te le déclare, tu seras condamné comme parjure au jour du jugement. — Je t'ai juré le secret, en effet, reprit le reclus, mais je sais que ce serment est mauvais; car, en le faisant, -j'ai promis d'apostasier l'auteur de mes jours et mon vrai maître ; voilà pourquoi je ne t'écouterai pas. »

La ville de Cyr a fourni plusieurs reclus d'un grand renom : parmi les écrivains ecclésiastiques qui en ont parlé, je distingue surtout

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