CHAPITRE III
Théodoret et les Menées grecques. C'est à cette double source que je puise le récit de la réclusion d'Acepsimas et de Marcicn , récit que Raderus a copié dans son Viridarium, ainsi que la plupart des exemples , composant la première phase de la réclusion en Orient.
« Sous le règne de Théodose le Grand, Acepsimas (1) vécut soixante ans dans "une petite cellule comme s'il eût été aveugle et muet, ne voyant jamais personne, ne parlant à qui que ce soit , mais se repliant sur luimême; et de là s'élançant jusqu'à Dieu, il nourrissait son cœur des célestes contemplations. On ne parvenait à sa cellule, ou plutôt à son antre , que par de nombreux détours et des replis sinueux, de telle sorte qu'on ne le pouvait apercevoir de l'entrée. Pour nourriture, on ne lui apportait qu'un peu de lentilles broyées et attiédies , une fois la semaine ; et pendant la nuit il se levait pour aller puiser à une fontaine voisine autant d'eau qu'il lui en fallait pour sept jours. Sur la fin de sa vie, la renommée de ses nombreux miracles porta l'Eglise de Cyr à lui offrir les honneurs du
(1) Il faut distinguer le saint martyr Acepsimas d'avec le reclus dont nous parlons.
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sacerdoce. Il fallut faire violence à l'humilité du saint vieillard. Malgré les efforts des fidèles, il n'eut point cédé si l'espoir de quitter bientôt la vie n'eût adouci la crainte , que lui inspirait le poids du sacerdoce. »
Quant au reclus Marcien, il était issu du sang royal ; « foulant aux pieds les honneurs de son rang, il se retira au fond du désert, où il se bâtit une cabane si basse et si étroite qu'à peine il pouvait y loger son corps tout entier. Son vêtement consistait dans une simple tunique. Trois onces de pain par jour formaient toute sa nourriture. Au bout de quelques années , il admit sous sa conduite deux disciples , qui élevèrent leurs cellules près de la sienne. Marcien n'usa jamais d'autre lumière que de celle du jour,, jamais de lampe ou de cierge bénit. Il n'avait d'autre livre que le Psautier. D'un signe de croix, il fit périr un énorme serpent, qui effrayait la contrée. Flavien d'Antioche et d'autres prélats recommandables vinrent le visiter et l'invitèrent à quitter sa logette et à se consacrer au salut des fidèles; mais il s'y [refusa. Pourtant la lumière ne resta pas obscure sous le boisseau. Il convertit un grand nombre d'hérétiques, qui venaient à lui pour le