‹ Les recluseriesChapitre 22 sur 112 · CHAPITRE III. 'Û · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 'Û

cernent et sans douleur dans les bras de Jésus- Christ. La fille qui la servait, ne l'entendant plus prier, ni lui répondre, courut avertir les fidèles. On accourut au sépulcre; mais ce sépulcre dont la pénitence avait fait depuis longtemps sa demeure, la mort venait d'en faire son char de triomphe.

Pallade parle aussi d'une recluse qui habitait Jérusalem, d'un reclus, établi en Egypte et nommé Nathanaël, contre qui le démon employa les pièges les plus subtils et les plus délicats, dans le but de lui faire quitter sa cellule. Dans la vie de Constantin Copronyme , Cédrénus dit de saint Justin-le-Jeune, martyr, qu'il avait vécu soixante ans reclus sur une colline portant le nom de Saint-Auxence. Jacques le Syrien vécut aussi reclus; Procope (1) raconte que des personnes dévouées fermèrent sur lui la porte de sa cellule. Un certain Théodose fut arraché à sa recluserie pour être mis à la tête de la perception des deniers publics de la Thrace.

Mais « je veux de préférence vous parler de cet homme silencieux qui habitait le sommet

(1) De bello persic, lib. I.

du Thoreb. Longues années de sa vie monastique s'étaient écoulées dans une coupable tiédeur; surpris par un mal terrible qui le conduisit brusquement et sans connaissance aux portes du tombeau, il reprit tout à coup ses sens et, sans répondre à nos empressements, il nous prie de le laisser seul et de nous retirer. Puis le voilà qui, de ses propres mains, commence à murer sa cellule et à s'y renfermer pour toujours. Il y vécut douze ans plus silencieux qu'un muet, ne recevant pour aliment que du pain et de l'eau , méditant à chaque heure sur le spectacle qui s'était présenté à ses regards à ce moment suprême ; il se tenait droit, immobile, les traits fixes, l'air stupéfait et les yeux constamment humides de pleurs. Enfin, après douze ans d'une si rigoureuse pénitence , quand nous le vîmes , dit saint Jean Climaque , à qui j'emprunte ce récit, quand nous le vîmes sur le point de rendre le dernier soupir, nous abattîmes, le mur qui fermait l'entrée de sa cellule, et le conjurâmes de nous laisser comme un dernier adieu quelque sage maxime ; nous ne pûmes en tirer que cette austère parole : « Celui » qui entrera sérieusement dans la méditation » de la mort, ne pourra jamais pécher. » Nous

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