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CHAPITRE IV

saintes Ecritures devint son occupation; il les transcrivait pour éloigner de son esprit toute tentation. Il vécut ainsi vingt-deux ans, vénéré pour sa douceur et sa piété, et célèbre par ses miracles. Grégoire de Tours l'assista dans sa dernière maladie, l'enterra dans le sépulcre que le reclus lui-même avait taillé dans le roc. Un grand nombre de disciples vivaient autour de lui dans la prière, le travail des mains et la psalmodie, ayant néanmoins tous leurs cellules séparées. On célèbre la fête de saint Léobard le 18 janvier.

Il y eut aussi un prêtre reclus , nommé Patrolle , homme admirable qui ne buvait ni vin, ni bière , mais seulement de l'eau adoucie avec du miel. Sa seule nourriture consistait en un morceau de pain trempé dans l'eau et parsemé de sel; ses yeux ne furent jamais appesantis par le sommeil, il priait continuellement; sa prière obtint du ciel beaucoup de guérisons; Grégoire de Tours fait le récit de ses miracles, il mourut âgé de quatre-vingts ans, en 577.

En ce temps-là, près de la ville de Nice, vivait un reclus nommé Hospitius , personnage d'une grande abstinence, il portait des chaînes de fer sur son corps nu , et se recou-

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vrait par-dessus d'un cilice. Hospitius ne mangeait que du pain avec quelques dattes ; dans le Carême , il bornait môme sa nourriture à des plantes communes en Egypte et dont les ermites font usage ; des négociants les lui apportaient. Le Seigneur daigna opérer par lui de grandes merveilles ; à une certaine époque , le Saint-Esprit lui annonça la prochaine arrivée des Lombards dans les Gaules, il la prédit en ces termes : « Les Longobards viendront dans les Gaules et dévasteront sept villes , parce que la malice de ce pays s'est accrue devant le Seigneur : « Il n'y a plus personne qui soit intelligent, personne qui recherche le ciel, personne qui fasse le bien pour apaiser la colère de Dieu. » Tout le peuple en effet est infidèle, livré au parjure, adonné au vol et prompt pour l'homicide ; il ne porte absolument aucun fruit de justice. On ne paie pas la dîme, on ne nourrit pas les pauvres, on ne couvre pas celui qui est nu, on ne donne pas au pèlerin l'hospitalité, ou du moins une suffisante nourriture quand il passe; de là , le fléau qui nous menace. Maintenant je vous le dis , réunissez tout votre avoir dans Fenceinte des villes, afin qu'il ne soit

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